Sur ce qu'il arrive aujourd'hui, en 1988 Jacques Ellul prédisait :

" Les relations entre le tiers-monde et les pays avancés sont de plus en plus étroites, du fait en même temps des techniques de communication de tous ordres, et des besoins du monde avancé pour sa technique de tout ce que peut produire ce tiers-monde. Ces relations engendrent inévitablement des sentiments violents de frustration. En face de cela, on peut dire que toutes les politiques engagées par les pays avancés pour résoudre cette situation ont échoué. Nulle part il n'y a eu véritable coopération raisonnable entre les uns et les autres et jamais on n'a conçu que l'on ne pouvait pas mener la même politique partout: les problèmes de l'Afrique noire ne sont pas ceux du Maghreb, qui ne sont pas ceux de l'Inde, ni de l'Amérique latine. Mais partout on constate une dégradation de l'environnement, et partout, ce qui est la marque de l'échec de la politique d'assistance; l'endettement exorbitant de tous.

Bien entendu, tout le monde se préoccupe d'une situation aussi inextricable (et l'on fait valoir à juste titre que si tel de ces pays se déclarait en état de cessation de paiement, cela se répercuterait sur toute l'économie des pays développés). Mais personne n'ose aller jusqu'au bout des politiques extrêmes que cette situation impliquerait. C'est qu'ici, les réponses, les décisions raisonnables (qui ne sont pas des "solutions" rationnelles satisfaisantes) reposent sur une générosité, un sens spirituel (et non pas économique !) de la solidarité, un sens de l'économie (au sens de économiser ), dont nous ne semblons plus capables.

Il y a un refus implicite de l'Occident de mettre fin à ses gaspillages et à son expansion des high-tech. On cherche au contraire à se donner bonne conscience en expliquant (comme J.-J. Servan-Schreiber) que ce sont précisément ces derniers qui permettront au tiers-monde de sortir de l'impasse. Ce qui est un bluff technologique ! Alors, comme suite de ce refus, de cette totale absence du raisonnable, que faut-il attendre ?

On pouvait être tranquille tant que le tiers-monde n'avait pas d'idéologie mobilisatrice. Une révolte anti-coloniale de tel ou tel pays, ce n'était pas très grave. Mais maintenant, le tiers-monde est muni d'une idéologie puissante mobilisatrice: l'islam. Celui-ci a toutes les  chances de réussir contrairement au communisme qui était encore importé d'Occident.

Et c'est pourquoi le communisme échoue peu à peu dans les pays d'Amérique latine qui l'avaient adopté (sauf à Cuba et en ce moment au Nicaragua), et en Chine où l'on a compris que si l'on voulait devenir le troisième grand, il fallait abandonner le communisme.

Au contraire, l'islam est du tiers-monde. Il gagne à une vitesse extraordinaire toute l'Afrique noire, il mord de plus en plus largement en Asie. Or, c'est une idéologie à la fois unificatrice, mobilisatrice, et combattante. A partir de ce moment, nous allons être engagés dans une véritable guerre menée par le tiers-monde contre les pays développés. Une guerre qui s'exprimera de plus en plus par le terrorisme, et aussi par "l'invasion pacifique".

Il est clair que le tiers-monde, même en réunissant toutes ses forces, ne pourrait pas engager une guerre déclarée, frontale, sur un champ de bataille. Ni guerre des tranchées comme en 1914, ni guerre de mouvement comme en 1940, ni même guerre "froide" comme en 1947, ni non plus guerre économique. Il n'aura jamais une puissance militaire suffisante ni une domination économique (on l'a bien vu avec le pétrole). Mais il a deux armes fantastiques: le dévouement illimité de ses kamikazes, et la mauvaise conscience de l'opinion publique Occidentale envers ce tiers-monde.

Car il est remarquable que cette Europe, qui ne peut pas se décider à prendre les mesures drastiques raisonnables pour rendre enfin le monde vivable, subit une mauvaise conscience permanente. Dès lors d'une part il y aura un Terrorisme tiers-mondiste qui ne peut que s' accentuer et qui est imparable dans la mesure où ces "combattants" font d'avance sacrifice de leur vie. Quand tout, dans notre monde, sera devenu dangereux, nous finirons par être à genoux sans avoir pu combattre. Et en même temps se produira inévitablement l'infiltration croissante des immigrés, travailleurs et autres, qui par leur misère même attirent la sympathie et créent chez les Occidentaux des noyaux forts de militants tiers-mondistes. Les intellectuels, les Eglises, le P.C., pour des raisons diverses, seront les alliés des immigrés et chercheront à leur ouvrir les portes plus largement.

Toute mesure prise par le pouvoir, soit pour les empêcher d'entrer, soit pour les contrôler, rencontrera une opinion publique et des médias hostiles.

Mais cette présence des immigrés, avec la diffusion de l'islam en Europe, conduira sans aucun doute à l'effritement de la société occidentale entière. Par suite de la déraison manifestée depuis vingt ans par nous, l'Occident va se trouver, sur le plan mondial, d'ici vingt-cing ans, dans l'exacte situation actuelle de la minorité blanche d'Afrique du Sud, face à la majorité noire." 1

Sur les banlieues en 2020 Alexandre Devecchio constate :

En plein confinement, il aura suffi d'une étincelle pour que le spectre des émeutes de 2005 resurgisse.

Tout a commencé le 18 avril au soir à Villeneuve-la-Garenne, avec la collision entre une moto et une voiture de police banalisée. Le motard est un multirécidiviste sous contrôle judiciaire circulant sans casque sur un véhicule non homologué. Ľ'homme, d'une trentaine d'années, a heurté la portière au moment où un agent sortait du véhicule et s'est fracturé la jambe lors de la chute. Les fonctionnaires se sont aussitôt portés à son secours. Mais pour une partie de la jeunesse des banlieues, peu importe les faits: le chauffard est une victime des violences policières et le prétexte tout trouvé pour mettre le feu.

Le soir même, dans la cité HLM La Caravelle, la violence éclate.

Des voitures sont brûlées, des pompiers pris en guet-apens, des policiers visés par des tirs de mortier et jets de projectile, un commissariat attaqué.

Sur Twitter, le militant indigéniste Taha Bouhafs souffle sur les braises: "La banlieue s'embrase, I'histoire se répète, l'explosion n'est vraiment pas loin cette fois. "

Durant une semaine, l'incendie se propage dans les villes voisines, Rueil-Malmaison, Suresnes, Aulnay-sous-Bois, Grigny, Gennevilliers, la Courneuve et Nanterre.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, autrefois impitoyable avec les Gilets jaunes, tente de relativiser et d'excuser en évoquant " la dureté du confinement pour ces jeunes gens ".

En réalité, ce genre d'événements est devenu tristement banal depuis de longues années. « "Des scène de violences ou d'émeutes urbaines à La Caravelle, j'en connais depuis que jai quatre ou cinq ans", assure Sami Sellami, un historique du quartier. "C'est un phénomène qui revient malheureusement tous les deux ou trois ans. "

Le confinement est moins la cause du désordre que l'ultime révélateur d'une réalité que plus personne ne peut sérieusement ignorer.

De Villeneuve-la-Garenne aux quartiers nord de Marseille, de Trappes à la cité des Izard à Toulouse, de Saint-Denis à Vaulx-en-Velin, l'existence de centaines de quartiers en sécession ou s'enracine sous-culture de la haine et s'impose un autre ordre : celui des cailleras et des trafiquants, mais aussi bien souvent des barbus.

Le 22 avril, soit quelques jours après le déclenchement des émeutes urbaines, un courriel à large diffusion émanant du directeur départemental de la sécurité publique du Calvados invitait ainsi la police à ne pas intervenir dans les quartiers sensibles pendant le ramadan. "II s'agit pour le gouvernement d'empêcher de fournir un prétexte à tous ceux qui rêvent de refaire en 2020 les émeutes de 2005 en exploitant le double calendrier confinement/ramadan ", analyse l'islamologue Bernard Rougier dans Le Figaro.

Depuis les émeutes de 2005, les fameux territoires perdus de la République n'ont cessé de s'étendre et les fractures de se creuser. " Il y a un toboggan dans lequel on est installé depuis plusieurs années qui nous amène à l'irréparable, puisque maintenant ces quartiers produisent des terroristes ", constatait Malek Boutih en 2015, lors du dixième anniversaire des émeutes.

" Comment peut-on éviter la partition ? ", s'interrogeait François Hollande dans un incroyable aveu rapporté par Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans leur livre "Un Président ne devrait pas dire ça".

Eviter la partition sera sans doute l'un des plus importants défis du fameux " jour d'après " évoqué par Emmanuel Macron.

Pour quel bilan ? Depuis les premières visites en banlieue de François Mitterrand dans les années 1980, la fracture n'a fait que s'aggraver malgré les investissements dans la rénovation urbaine. Les "loubards" ont laissé la place aux "racailles", les mobs aux grosses cylindrées, l'antiracisme à l'antisionisme puis à l'antisémitisme, et enfin l'école publique et le Parti communiste aux Communautarismes et à l'islamisme.

A l'intégration des premiers immigrés a succédé la désintégration de leurs enfants, voire de leurs petits-entants, ainsi que celle des nouveaux arrivants, pour une bonne part venus d'Afrique subsaharienne.

Né en 1986, et ayant grandi en Seine-Saint-Denis à Epinay-sur Seine et à Saint-Denis où j'ai fait toute ma scolarité, j'ai moi-même vu le paysage se transformer. Enfant j'avais dix ans lors de la coupe du monde de 1998 ces villes étaient encore black, blanc, beur. Les différences et les tensions étaient déjà grandes, mais la cohabitation semblait encore possible grâce à une relative mixité. Puis, adolescent et jeune adulte, j'ai vu ces villes se ghettoiser presque intégralement, devenir de véritables contre-sociétés, en particulier Saint-Denis.

En 2017, en pleine campagne présidentielle, le lycée Suger, où j'ai passé le bac a été attaqué au mortier et pris d'assaut. Après cette attaque, une centaine d'assaillants a marché en direction de la ville, caillassé des policiers, brûlé des poubelles et commis nombre de dégradations sur le mobilier urbain. A l'université Paris-VIII, ancienne faculté de Vincennes créée en 1968, dans les départements de sciences humaines, les militants de gauche et les marxistes ont été remplacés par les indigénistes et leurs lubies décolonialistes .

Plus largement, il faut noter que les enfants juifs ont déserté les écoles de toute la Seine-Saint Denis et que la population juive a été divisée par deux dans ce département. Nombre de petits Blancs, pour certains anciens électeurs du Parti communiste, ne se sentant plus en sécurité et refusant d'être en minorité se sont également exilés plus loin, dans la fameuse France périphérique.

Comment expliquer un tel décalage entre l'ampleur des moyens déployés et la minceur

des résultats obtenus?

Gilles Kepel, dans Banlieue de la République, donne une réponse. Le sociologue a enquêté sur l'agglomération de Clichy-sous-Bois et Montfermeil d'où sont nées les émeutes de 2005. Après ces dernières a succédé notre plus important programme de rénovation urbaine pour un montant de 600 millions d'euros.

Il fait parler les habitants: Murat, chef d'entreprise prospère d'origine turque, issu des quartiers pauvres de Clichy-sous-Bois et désormais propriétaire d'un beau pavillon: " Je ne pense pas que c'est parce qu'on a changé l'aspect des bâtiments qu'on a rénové la tête des gens. Je crains, et c'est ce que tout le monde craint, que, dans trois ou cinq ans, on se retrouve encore avec un quartier tout dégradé. Qu'on rénove les immeubles, qu'on investisse 600 millions, ce n'est pas cela qui va changer la façon de vivre des gens!"

Un point de vue partagé par Murielle, ancienne militante communiste: " Ils remettent les mêmes populations qu'ils enlèvent d'un endroit pour les regrouper dans un autre. Le résultat va être le même ! On les met dans des jolies maisons, mais ils ont encore tendance à jeter les poubelles par la fenêtre."

En réalité, la politique de la ville est fondée sur une profonde erreur de diagnostic. Depuis des années, les politiques publiques se sont concentrées sur l'urbanisme (les fameux grands ensembles) et les questions sociales (sport, accessibilité), tandis que l'intégration et la problématique des flux migratoires ont constamment été sous-estimées. La progression de l'islam radical dans certains quartiers, que décrit Gilles Kepel, a également longtemps été ignorée, voire niée, de même que les pratiques mafieuses.

En 2005, sociologues, médias et politiques - omettant qu'aucun sans-culotte de 1789 n'avait jamais crié "nique la France!" - analysèrent les émeutes dans les termes purement économiques d'un traditionnel conflit de classe, allant jusqu'à les qualifier de "révolte sociale ".

Mais le manque de moyens, le chômage et les facteurs sociaux n'expliquent pas tout. La Lozère ou la Creuse ne roulent pas sur l'or et pourtant, l'insécurité y est inexistante.

La crise des banlieues n'est pas économique, elle est culturelle. Si la politique de la ville a légitimement permis d'améliorer le cadre de vie d'une partie des habitants, elle ignorait cette dimension essentielle. Pis, véritable machine à subventions, elle a encouragé la voyoucratie et le clientélisme ethno-religieux.

Certains élus, comme Xavier Le-moine à Montfermeil, résistent à ces pratiques mais beaucoup trop y cèdent, favorisant l'enfermement des populations et la mise en place dune contre-société. La politique des grands-frères et le cheval de Troie associatif ont ainsi souvent été une manière de sous-traiter le maintien de la paix sociale aux entrepreneurs politico-religieux, quand ce n'était pas aux petits caïds locaux. Ou encore de s'en servir comme agents électoraux.

Dans son dernier livre "Municipales- Banlieue naufragée", Didier Daeninckx, auteur de polars et "coco libertaire", explique pourquoi il a quitté la Seine-Saint-Denis. Il décrit un système corrompu où de nombreux citoyens sont " transformés en clients ", " réduits à leur seule identité de croyants ". Des leaders communautaires vont vendre "les voix des musulmans "en échange de la satisfaction de revendications particulières: prise de contrôle d'une mosquée, création d'écoles confessionnelles, horaires de piscine réservés aux femmes.

D'anciens dealers sont bombardés à des postes stratégiques dans les mairies en remerciement de " bons services électoraux ",poursuit l'écrivain. Au point que nombre d'élus, ayant trop fricoté avec des voyous, sont contraints de s'adjoindre les services de gardes du corps souvent recrutés dans les cités.

Dans son essai, "Les Territoires conquis de l'islamisme," le professeur Bernard Rougier montre que ce système clientéliste a abouti à la constitution de véritables enclaves au sein de la République et met en garde contre " l'orientalisation des pratiques politiques " dans certaines villes.

"Dans les lieux que nous avons étudiés, l'individu n'est pas vu comme individu mais comme membre du collectif. Cela ressemble à l'Empire ottoman, ou au Liban communautaire ", analyse-t-il. La mise en place de listes Communautaires est l'aboutissement de cette logique". 2

Sur l'immigration en 2020, Michèle Tribalat observe que :

"Sans immigration étrangère depuis 1960, il aurait manqué 9,7 millions de personnes en France métropolitaine.

La population aurait à peine dépassé 53 millions en 2011, soit à peu près le nombre d'habitants observé en 1978, trente-trois ans auparavant.

Cet apport démographique se décompose en un apport direct (immigrés arrivés à partir de 1960 encore présents en 2011) de 5,1 millions et un apport indirect (nés en France de 1960 à 2010) de 4,6 millions de personnes. L'immigration étrangère explique 55% de l'accroissement démographique depuis 1960.

En 2019 la France aurait procédé à la régularisation de 277.000 entrées: II s'agit d'une estimation du ministère de l'Intérieur. Nous aurons le chiffre provisoire en juin et le chiffre définitif en janvier 2021. En l'état, nous sommes sur une tendance haussière depuis la fin des années 1990. Au cours des douze dernières années, le nombre de nouveaux premiers titres de séjour délivrés à des étrangers en provenance de pays tiers aurait ainsi augmenté de 61%. Les autres estimations, soit à partir du même fichier de titres de séjour sur d'autres bases, soit à partir d'enquêtes annuelles de recensement, montrent aussi cette tendance à la hausse.

L'accroissement des concentrations ethniques dans les communes d'au moins 10 000 habitants est un fait. A la fin des années 1960, 15% des jeunes de moins de 18 ans y étaient d'origine étrangère (sur deux générations) en moyenne, quelle que soit la taille de la commune d'au moins 10 000 habitants. En 2015, cette proportion a beaucoup augmenté et dépasse 37% dans les communes de 30 000 habitants ou plus.

S'agissant de la question purement quantitative, il paraît raisonnable de prendre en compte deux facteurs: ce qu'il est possible de mesurer et l'assimilation des personnes d'origine étrangère. Techniquement, il est difficile de remonter au-delà de deux à trois générations. La plupart des données dont nous disposons portent sur deux générations: immigrés et nés en France d'au moins un parent immigré. En 2018, 21% des habitants étaient d'origine étrangère."3

Quant aux moyens de gérer l'immigration, de nombreux pays plus "prudents" que la France ont adopté des mesures : si Le Canada, La Suisse, Les Etats Unis, L'Australie, mais aussi L'Inde, le Sri Lanka, L'Indonésie ont depuis longtemps des procédures d'immigration efficaces et sélectives, d'autres pays en viennent à vouloir mieux gérer l'immigration:

La Grande Bretagne : "Depuis son arrivée aux affaires, Boris Johnson a surpris son monde en repensant la question de l'immigration. Protéger les citoyens défavorisés de la concurrence et des tensions sur les salaires, attirer de meilleurs talents sont les nouveaux axiomes de sa politique. Cette nouvelle donne représente une volte-face dans l'histoire récente de nos voisins.

Il s'agit donc tout à la fois de restaurer la confiance du public en I'Etat, de dynamiser l'économie et de venir au secours des classes populaires. Pour ce faire, Johnson se focalise sur l'immigration économique, plutôt que sur les questions plus épineuses que sont le regroupement familial ou le droit d'asile. Sa solution se présente comme un système à points, De telles méthodes sont pratiquées par d'autres pays, notamment l'Australie, que Johnson a beaucoup cité en exemple.

Il s'agit d'attribuer un certain nombre de points a chaque candidat à l'immigration selon des critères prédéfinis: maitrise de la langue, niveau d'éducation, secteur d'activité visé. Si le candidat atteint le total requis, il peut s'installer. En fait, le Royaume-Uni avait déjà un tel système.

Le hic, c'est que celui-ci était entre les mains des entreprises qui pouvaient elles-mêmes définir les métiers à privilégier et qui cherchaient majoritairement à pourvoir des emplois peu ou non qualifiés.

Le point positif retenu par Johnson, c'est que le système est géré par l'Etat. Dans la version retenue par Boris Johnson, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2021, c'est le gouvernement qui décidera des métiers prioritaires. Ceux-ci seront tous qualifiés, à part ceux faisant partie de secteurs spécifiques (comme la santé) jugés stratégiques et où il peut y avoir une pénurie de main-d'oeuvre. ll n'y aura pas de parcours d'entrée pour les travailleurs peu ou pas qualifiés. La détention d'un doctorat vaudra moult points. Chaque candidat devra pouvoir se prévaloir d'une offre d'emploi.  Tous les aspects du système sont conçus pour attirer les meilleurs talents, ceux dont l'activité crée des emplois pour les travailleurs moins qualifiés. Brexit oblige, les immigrés communautaires seront traités exactement de la mēme manière que les non-communautaires. Un programme ambitieux !

La France sous Nicolas Sarkozy avait misé sur l'immigration choisie mais elle n'a pas su attirer un nombre suffisant de talents". 4

Le Danemark :  "L'exemple danois pourrait être une source d'inspiration. Dans ce pays scandinave,souvent loué pour son sens de l'accueil et de sa très grande tolérance, un consensus inédit entre la droite et la gauche a conduit à un durcissement des politiques d'immigration et d'intégration.

Après la vague migratoire de 2005, le gouvernement social-démocrate avait d'abord ouvert grand ses portes et mis en place un statut très favorable aux migrants. Mais marqué par deux attentats islamistes à Copenhague la même année dans lesquels deux personnes ont trouvé la mort, les Danois ont rapidement changé de cap et adopté des mesures de fermeté:  fermeture des frontières, restriction de l'application du droit d'asile et des possibilités de regroupement familial, baisse des allocations pour les réfugiés, placement en détention et expulsion systématique des illégaux non éligibles au statut de réfugié.

Une politique défendue à l'origine parle Parti Populaire danois taxé de "populisme nationaliste" et finalement mise en place par les libéraux et soutenue par les sociaux-démocrates.

En deux ans, le nombre de demandeurs d'asile a chuté de 21000 à 3 500.

En mai 2018, le Danemark a également adopté, encore avec l'aval des sociaux-démocrates, un plan ambitieux pour assimiler les minorités et combattre la délinquance et l'islamisation dans les zones de non-droit. Intitulé, "Un Danemark sans sociétés parallèles: plus de ghettos en 2030", ce plan définit le terme ghetto, et c'est le seul pays en Europe à le faire.

Celui-ci se caractériserait par un taux de 50% d'habitants d'origine non occidentale, par un pourcentage élevé de criminalité, un fort taux de chômage et de faibles revenus.

Il y en aurait vingt-cinq au Danemark dont seize particulièrement difficiles, agrégeant au total une population de 60 000 habitants.

Le plan prévoit une série de mesures ciblées en direction des étrangers: la limitation à 30% de la proportion d'enfants d'immigrés dans les écoles, limitation des habitations à loyers modérés à 40%, interdiction aux personnes détentrices d'un casier judiciaire d'avoir accès à un logement social, des peines deux fois plus lourdes pour les caids de banlieue, l'obligation pour les étrangers d'inscrire leurs enfants à la crèche dès l'âge de un an afin qu'ils apprennent " la langue et les valeurs danoises ", les absences à l'école ou aux examens pourront être sanctionnées par des baisses d'allocation parentale, les parents ne seront pas autorises à envoyer leur enfant dans leur pays d'origine pour les détourner de l'éducation danoise ou les marier, sous peine de quatre ans de prison.

L'union nationale autour de cette politique volontariste a permis de faire reculer le Parti populaire danois sous la barre des 10%.

Un tel consensus autour d'un plan aussi radical parait aujourd'hui impossible en France et serait probablement qualifié d'extrêmiste par la plupart des partis de gouvernement.

Pourtant la partition est en marche. "Selon moi, on a raté une génération avec la politique de la ville, les grands frères, etc," affirme Nadia Remadna (fondatrice de la brigade des mères), "l'urgence, ce sont les petits de dix ans".5





1 - Jacques Ellul - Le Bluff technologique -  Fayard Pluriel1988/ 2017

2 - Alexandre Devecchio - Le jour d'après, comment éviter la partition - Front Populaire- juillet Aout 2020

3 - Michèle Tribalat - Démographie contre Démagogie - Front Populaire- juillet Aout 2020

4 - Jeremy Stubbs -Immigration - Le new deal Britanique - Front Populaire- juillet Aout 2020

5 - Alexandre Devecchio - Le jour d'après, comment éviter la partition - Front Populaire- juillet Aout 2020