Petit manuel de bouddhisme à l'usage de simples gens

" Un jour ou l'autre, les gens réalisent brusquement qu'ils ne sont pas obligés de vivre comme on leur avait dit." Alan Keightley


" Je suis venu dans ce monde, non pas d'abord pour en faire un lieu de vie agréable, mais pour y vivre, qu'il soit bon ou mauvais." H.D. Thoreau


" Faire de sa vie une aventure qui mène à ce qui compte le plus pour soi" Denis Doucet


" Exister est un fait, vivre est un art " Frederic Lenoir


" Le soleil brille tous les jours. Si on ne le voit pas, c'est qu'il est dissimulé par de gros nuages" Moussa Nabati


" Chacun d'entre nous a le pouvoir d'être simplement ce que nous sommes, sans avoir besoin d'en rajouter." Steve Hagen


Happiness is not a destination, it is a way of life.

A la recherche d'un bouddhisme moderne, laïque, engagé

Prémabule : d'où je parle et de quoi je parle ?


Il ne s'agit pas d'une n-ième version du bouddhisme pour les Nuls et encore moins d'un avis "d'expert".

Je souhaite simplement partager une expérience du bouddhisme, tel que je l'ai perçue, tel que je la vis et la pratique au quotidien.


bouddhisme : Dans ce contexte le "bouddhisme" est entendu comme une démarche visant à mettre en pratique un enseignement transmis par un homme qui s'appelait Bouddha, qui se situe entre philosophie de vie et réalisation de soi.

De la même manière qu'un psychologue humaniste met en pratique des valeurs et des techniques du courant humaniste, qu'un socialise met en pratique des valeurs du socialisme, ou qu'un randonneur prend du plaisir à pratiquer la marche.


C'est donc le nom de la démarche, le pratiquant n'étant bouddhiste que parce qu'il se réfère à des techniques et des valeurs liées à cet enseignement. Cela ne fait pas de moi un "bouddhiste", ni un aspirant Bouddha dans le sens religieux où on peut l'entendre généralement.


moderne : Pour étayer ma pratique, j'ai fait le choix de m'en remettre aux textes d'origines (Tipitaka) traduits en Français ou en Anglais, et à quelques auteurs qui me paraissent fiables en matière de bouddhisme: Dennis Gira pour la rigueur de ses explications (comprendre), Steve Hagen, dont les livres ne sont malheureusement pas traduits en Français, pour la clarté de son enseignement (pratiquer), Thich Nhat Hanh pour la profondeur de son enseignement (pratiquer), Thubten Chödron (Cheryl Greene) pour la chaleur et la simplicité de ses propos (aimer)   


Tout au long de mon chemin, j'ai enrichi ma pratique et mes réflexions à la lumière de lectures et de rencontres de penseurs humanistes contemporains, bien que n'étant pas bouddhistes, qui font appel à la pleine conscience, à la méditation, au lâcher prise, à la compréhension de soi et du monde, de Lanza Del Vasto à Karl Rogers, en passant par Gandhi, A.Watts, Th.Gordon, Eric Bern et Claude Steiner, Tulku Thondup, Krishnamurti et parmi les plus récents: Mihály Csíkszentmihály, Jon Kabat Zinn, Sylvia Boorstein, Denis Doucet, Patrick Viveret, Moussa Nabati, Frederic Lenoir, Pierre Rabhi, Vandana Shiva, Satish Kumar et d'autres moins connus.


S'ils ne sont pas tous bouddhistes, leurs valeurs et leur pratique s'en rapprochent parfois beaucoup, témoignant d'une quête et d'une sagesse universelle.

Nombre d'entre eux apportent des réponses actualisées à des questions que le bouddhisme d'origine a laissé sans solution, soit parce que la pratique n'était pas suffisamment étayée en terme d'aide à la personne en souffrance, soit parce que les questions n'étaient pas d'actualité et parce qu'à l'époque, les notions d'inconscient, de projection, de désir, de névrose, de dépression, de perversion n'étaient pas autant développées.


Certains concepts demandent à être contextualisés comme la kundalini, énergie vitale, qui s'apparente beaucoup à la libido que beaucoup limitent à tort au champ sexuel (que ce soit dans le tantrisme ou en psychologie), l'éveil qui est une ouverture à soi et au monde que beaucoup identifient à tort à un état mystique ou supérieur réservé à une élite ou à un maître confirmé.


laïque : parce que indépendant de toute confession. Dès son origine, le bouddhisme ne prétendait pas être une religion, encore moins une philosophie exotique. C'était et cela reste un moyen pragmatique de réduire la souffrance et de développer la capacité à être heureux, en interaction avec le monde.

La pratique de l'enseignement bouddhiste peut très bien être vécue par un Chrétien, un Musulman, un Hindou, un Athée en tant que pratique et non en tant que croyance. Elle ne vise pas une conversion.


engagé: parce que je ne pense pas que c'est en priant dans une grotte ou un ashram ou en méditant isolé dans un monastère, ou dans sa chambre que l'on fera avancer le monde, même à sa propre échelle.

Je peux comprendre que l'on ait ponctuellement besoin de se retirer pour faire le point sur soi, mais une fois pacifié, c'est autour de soi, à l'extérieur de soi qu'il faut être et agir.

Le Noble Sentier Octuple implique des choses à faire concrètement, à mettre en pratique dans la vie quotidienne, en interaction avec le monde. Ce n'est pas une invitation à se retirer.

S'il est vrai qu'il y a des choses qu'on ne peut changer, et qu'il nous appartient d'accepter, pratiquer c'est aussi réfléchir et agir pour faire évoluer ce qui peut être changé, en nous et autour de nous.

Avoir des convictions, c'est bien, les mettre en action c'est encore mieux.


Dans ce contexte, s'engager, c'est oeuvrer volontairement et consciemment pour son propre bien être, et celui des autres. C'est découvrir et affirmer ses propres valeurs - ce qui est le plus important pour nous- et les incarner (les vivre réellement).

En ce qui me concerne, l'engagement vise l'accès à l'éveil et la liberté des consciences en opposition à une pensée unique, à des préjugés et à des a priori, c'est aussi une démarche active pour le respect des droits essentiels de chacun: droit à la vie et à la sécurité, droit à l'alimentation et à la santé, à l'éducation, à la réalisation de soi.

J'ai fais le choix de ma profession et de ma carrière dans ce sens.


La pleine conscience et la non-violence, qui ne sont pas l'apanage du bouddhisme, ne sont pas des techniques de langue de bois, ni de résignation, comme l'ont démontré David H. Thoreau, Gandhi, Martin Luther King, Marshall B. Rosenberg, Pierre Rabhi, Stephane Hessel et de nombreux anonymes qui oeuvrent dans le monde pour qu'il soit meilleur.


J'ai rencontré le bouddhisme en Inde, au Yiga Choeling Monastery de Ghoom, alors que j'étais dans les contreforts de l'Himalaya pour me reposer d'une amibiase qui m'avait "abattu" lors d'un chantier humanitaire.

Je ne cherchais pas une nouvelle religion, bien qu'ayant abandonné celle de ma famille depuis longtemps.


Pour meubler mes journées de convalescence, j'ai fréquenté des moines que j'ai observé vivre et auxquels j'ai posé beaucoup de questions. Leur mode de vie et de pensée m'apportait des réponses et d'autres interrogations, en tentant de combler un vide qui me hantait dès mon adolescence. Ils pratiquaient un bouddhisme tantrique à dominante mahayana.

Progressivement j'ai développé des affinités pour le theravada qui correspond mieux à ma démarche. J'ai rapidement cherché à me détacher des luttes d'écoles, tout en empruntant à chacune ce qu'elle avait de constructif pour mon développement.


Je cherche dans mes lectures, dans mes rencontres, dans mes voyages en Inde, au Sri Lanka, en Thaïlande, au Vietnam, des compléments d'informations...un peu comme une quête sans fin.


J'ai découvert que plus je cherchais à connaître, à comprendre, plus cela devenait compliqué, parce que comme dans toute philosophie organisée, systémisée, des "experts" transforment en théorie, en dogme, en doctrine alambiquée une pratique qui au départ est simple, commutant une manière de vivre en arcane intellectuelle et philosophique.


Je suis convaincu depuis le début, que l'enseignement de Bouddha s'adresse à tout un chacun, qu'il n'est pas nécessaire de lire le pali, le sanskrit, de psalmodier en tibétain, de faire des jeûnes ou des contorsions physiques ou intellectuelles pour pratiquer son enseignement de base (sous réserve qu'il soit traduit fidèlement). J'ai fait le choix de m'en tenir à ce qui est enseigné depuis l'origine, le plus concrètement possible, le reste étant de la spéculation intellectuelle.


C'est le fruit de cette recherche et de cette pratique que je partage, en simple pratiquant laïc et engagé. Je n'ai pas la prétention d'être un modèle. J'ai encore des parts d'ombre, et il m'arrive d'avoir des difficultés à mettre en oeuvre la pratique dont il est question ici.


L'essentiel de l'enseignement bouddhiste invite à être pragmatique et à s'en tenir aux faits, sans se laisser distraire par des questionnements inutiles. C'est ce que je tente de faire.  ©A.P - 2011


Quelques liens :

http://www.canonpali.org/tipitaka/tipitaka html.

http://www.tipitaka.fr

http://www.accesstoinsight.org/tipitaka/

http://www.undp.org/content/undp/fr/home/

http://hdr.undp.org/en/media/hdr_1998_fr_ensemble.pdf



 

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