La pensée juste


" A chaque fois que vous vous retrouvez à penser comme la majorité des gens, faites une pause et réfléchissez". Marc Twain


Nous avons besoin de la vue juste pour penser juste, et penser juste renforce la vue juste.

La pensée juste conduit à l'action juste.


Penser juste revient à être en contact avec ce qui est et avec qui je suis maintenant.


La différence entre l'émotion et la pensée tient au fait que l'émotion se vit davantage dans le corps. On peut souvent en situer la manifestation physiquement.

Tout comme on apprend à ne plus s'identifier à ses émotions en adoptant une position d'observateur bienveillant, ( je suis conscient que je suis en colère, que je suis triste, que j'ai peur, que je suis angoissé, que je suis impatient etc...) nous apprenons à ne plus nous identifier à nos pensées, en adoptant une position d'observateur bienveillant.

Je m'observe pensant, et non plus je suis ce que je pense et encore moins "je pense donc je suis".

"Notre esprit n'est pas vierge. Nous ne pensons pas à partir de rien. Nous pensons à partir de l'idée que nous avons de quelque chose. Quand nous commençons à penser, nous ne pouvons le faire que parce que notre esprit est déjà plein de toutes sortes d'idées, au moyen desquelles nous pouvons penser".7


Nos expériences, notre milieu, notre éducation, notre entourage contribuent à alimenter ce stock d'idées.

Très tôt dans l'enfance, l'apprentissage du langage en dehors de l'aspect phonétique, crée des liens entre des mots et ce qu'ils représentent, ce qui contribue à nous faire une idée de la signification du mot.

Un préjugé est une idée que l'on a intégrée sans utiliser le filtre du jugement, de l'évaluation, du regard conscient.

"Nous pensons au moyen ou grâce à des idées et ce que nous appelons penser est en général l'application d'idées pré-existantes à une situation ou un ensemble de faits donnés.

Certaines de nos idées sont liées à des valeurs, ce qui revient à dire que nous évaluons la situation à la lumière des nos idées valeurs".7


Penser juste, c'est apprendre à ne pas se noyer dans le passé (rumination, regrets, remords, nostalgie) et à ne pas se perdre dans le futur (soucis, inquiétudes, projections, rêveries, illusions).

Ruminer, ressasser, rêver "d' impossibles rêves" c'est ajouter de la souffrance à la souffrance.


Ce qui a été n'est plus, et ce qui sera n'est pas encore, ce qui induit que beaucoup de nos pensées sont inutiles, voire nuisibles lorsqu'elles sont trop envahissantes au point de nous empêcher de vivre le moment présent ou de nous faire perdre le contact avec la réalité présente.

"Il y a un moment dans la vie où il faut arrêter de regarder l'avenir dans le rétroviseur" Jacques Salomé.


Nous mésestimons souvent le pouvoir que nous donnons à nos pensées, par exemples :


  1. une personne qui aurait eu un père ou une mère autoritaire et qui, en ayant souffert, vit toute relation avec l'autorité sur le même mode: avec un enseignant, un employeur, un(e) conjoint(e) etc...

  2. cet homme qui s'est trouvé enfermé dans un local de congélation et que l'on a retrouvé mort de froid quelques temps plus tard alors que la réfrigération ne fonctionnait pas.

  3. être persuadé connaitre (pensée magique) suffisamment la route ou son véhicule pour se permettre de rouler au dessus de la vitesse autorisée, faire du rodéo sur le périphérique, traverser un carrefour les yeux fermés, prendre de l'alcool ou des stupéfiants avant de conduire, prendre un certains nombre de risques et donner pour preuve que l'on est toujours vivant.

  4. ces personnes qui consultent voyantes, astrologues, et autres médiums, qui s'en remettent à la pensée magique pour tenter de dynamiser, maîtriser, colorer, modifier, rassurer un quotidien qui fait peur, qui angoisse.

  5. les adeptes de n'importe quel guru ou chaman, qui pensent qu'il(elle) a un charisme exceptionnel, des pouvoirs surnaturels. Ils se sentent immédiatement biens ou transformés, transportés en sa présence. Plus il y a d'adeptes qui partagent ces perceptions et plus la puissance du guru semble importante.

  6. les adeptes de sectes apocalytiques qui annoncent régulièrement la fin du monde et qui lorsqu'il s'avère que la fin du monde n'a pas lieu, ne voulant pas accepter la réalité, se mettent à croire que si la fin du monde n'a pas eu lieu c'est grâce à leurs prières. (voir l'étude de Festinger sur la dissonance cognitive 1957)

  7. les médias, sectes, et autres mouvements "new âge" qui annoncent depuis des lustres que le monde va enfin changer parce que la jeunesse est différente ou parce que nous nous changeons d'ère : l'ère du verseau, la nouvelle année du calendrier Maya etc...qui finissent par dire que si le changement n'a pas eu lieu c'est parce que nous n'étions pas prêts, ou parce que la jeunesse n'a pas été entendue ou comprise...


Penser juste invite à accepter le moment présent, à être conscient de la réalité de l'instant et à la comprendre.


  1. L'employeur ou le conjoint n'est pas le père, ou la mère, le congélateur ne peut pas congeler s'il ne fonctionne pas, le guru n'a aucun pouvoir et son charisme n'est souvent que celui qu'on lui prête (celui qu'on pense qu'il a), la fin du monde n'a pas eu lieu et elle semble réellement difficile à prévoir.

L'exemple de l'homme mort de froid, et l'ambiance lénifiante(bienfaisante) qui entoure les gurus démontrent la puissance de la pensée lorsqu'elle est dominante, tout comme l'effet placebo de certains médicaments, de la même façon qu'une émotion comme la peur peut soit inhiber, paralyser, soit décupler les forces de la personne qui l'éprouve.

  1. Si on est sorti indemne du carrefour ou du périphérique c'est parce qu'aucun véhicule ou obstacle ne s'est présenté à ce moment là. Cela n'a rien à voir avec la pensée ni la chance. La réalité est qu'il n'y avait pas d'obstacle à ce moment là.

  2. S'il est compréhensible que certains personnes aient besoin d'interroger les cartes pour se rassurer, il serait intéressant de démontrer que ce sont elles qui induisent ce qu'elles recherchent. Le médium ne servant que de miroir.

C'est encore plus imposant quand il s'agit de pensée collective. Il est difficile de penser différemment lorsqu'on est au milieu de nombreuses personnes persuadées que leur pensée est la réalité. Or la pensée n'est qu'une pensée.

"La quête de la vérité rend libre, mais elle rend aussi solitaire" 6

En France un magicien professionnel (Gérard Majax), des chercheurs universitaires (Georges Charpak - Henri Broch) ont dénoncé, preuves à l'appui, les supercheries employées par certains gurus, chamans, parapsychologues ou médiums pour faire croire qu'ils ont des pouvoirs surnaturels. D'autres chercheurs font la même chose en Asie, notamment en Inde à propos de soit disant pouvoirs de gurus (Sathya Sai Baba par exemple).

http://www.youtube.com/watch?v=Yblhsr1O4IQ  + http://www.youtube.com/watch?v=C9QqaPbFE78&feature=related


Même devant une réalité concrète et les preuves scientifiques de l'absence de pouvoirs les adeptes continuent de croire (de penser) que leur vénéré maître a des pouvoirs. Parce qu'ils ont besoins de le penser. Parce que la puissance qu'ils concèdent à la pensée les empêchent de discerner, parce que changer de croyance est trop angoissant (dissonance cognitive).


Donner moins de puissance à la pensée risque de les mettre en contact avec une réalité qui est souvent la raison pour laquelle ils(elles) ont besoin de ce guru et de ses "pouvoirs". C'est se confronter à un risque d'effondrement, à la sensation de ne pas exister, de n'être attaché à rien, d'être seul ou impuissant face à la destinée, face à la vie etc....


Léon Festinger (1957) a fait une recherche intéressante sur ce qu'il a appelé la dissonance cognitive : Il y a dissonance cognitive lorsque les faits, la réalité sont en contradiction avec les croyances d’un individu. Cela crée alors un inconfort psychologique qu’il cherche à réduire.

Lorsque les croyances sont profondément ancrées, la plupart d’entre nous visent à les conserver intactes face à une réalité dérangeante. Nous mettons en place des processus psychologiques inconscients. Nous minimisons, oublions ce qui nous dérange, ou détournons notre attention, nous transformons et ré-interprétons le réel de sorte que nos croyances restent en adéquation. Ce sont les histoires que nous nous racontons ou que nous racontons aux autres afin de confirmer nos croyances lorsqu'elles sont en décalage avec la réalité.


"La différenciation met le psychisme à l'abri des risques de dilution et de confusion dans ceux des autres, ainsi que des influences, intrusions et manipulations diverses. " 1


Identification aux pensées


Nous ne sommes pas ce que nous pensons. La pensée est une activité de l'esprit. Bien qu'elle se construise en même temps que nous, elle ne représente pas ce que nous sommes réellement.


Je peux penser que je suis un être merveilleux et être en réalité tout le contraire. Tout dépend de la façon dont j'imagine (pense) les êtres merveilleux. Cela peut parfois donner des résultats graves ou amusants, en tout cas jamais réel.

Nous avons vu ce que cela donnait avec des personnes qui pensaient être "aryennes", nous découvrons ce que cela donne avec des personnes qui s'identifient à une tradition coranique qui reste à vérifier.

S'identifier à une élaboration de l'esprit n'est pas la réalité. Même si elle peut s'en approcher parfois.

  1. Observez à quoi s'identifient les grands tyrans/gurus : Hitler se prenait pour un Führer (un conducteur), Mussolini se prenait pour le Duce (le guide), Franco se faisait appeler Caudillo (le leader), Staline se faisait appeler "le petit père du peuple",

Mao Zedong se prenait pour "le grand timonier", Ceauşescu se baptise geniul din Carpaţi (le génie des Carpates), Kadhafi se prenait pour un "frère guide", Fidèle Castro se fait appeler El Commandante, Liber Maximo, ou el Caballo (l'étalon) Saloth Sâr se prenait pour le Political Potential, Kim Jong-II se fait appeler "le dirigeant bien aimé", Abu Bakra al Baghdadi s'auto-proclame "calife" (successeur du prophète ) Sathya Sai Baba se déclare "incarnation de Shiva"  etc...

En s'identifiant à ce qu'ils pensent être, pour eux et pour les autres, à ce que les autres pensent ou sont obligés de penser qu'ils sont, ils sont conduits à jouer ce rôle le plus sérieusement du monde.


  1. Observez comme un homme paraît plus séduisant lorsqu'il est au volant d'une voiture de "marque" de type sportif, ou  comme une femme paraît plus attirante lorsqu'elle met son corps en valeur avec certains accessoires, pour un certain nombres d'entre nous.

Avant même de connaître la réalité, nous nous fions aux apparences (en lien direct avec notre imagination) et donnons le pouvoir à ce que nous pensons, au risque d'être parfois surpris(e), déçu(e), frustré(e).

C'est ce qui se passe lorsque nous ne sommes pas authentiques et que nous cherchons à paraître autrement que nous sommes, pour séduire un(e) partenaire, un employeur, un client, un peuple etc... Il arrive un jour où le masque tombe et où la réalité se révèle. Tout le monde a en mémoire la pensée magique d'un candidat à la présidentielle: "moi président, je..etc..."

Force est de constater que ce que "moi président promettait" est bien loin de la réalité.

Être pleinement conscient que l'on est un simple humain, avec ses imperfections et ses talents, avoir une réelle envie d'évoluer me parait une forme d'humilité proche de la sagesse.


L'humilité étant cette capacité à se voir de façon réaliste, à ne plus dépendre de son image ou des pressions extérieures pour exister. C'est une prise de conscience et une acceptation de sa place au milieu des autres et de l'univers.


Pensées et pilotage automatique


Penser juste suppose que l'on revisite les évidences que nous avons intégrées, celles que notre environnement et notre culture nous ont transmises voire imposées, celles que nous nous sommes construites au gré de nos expériences, sans jamais en vérifier la pertinence. Evidences qui faussent notre capacité d'analyse, nous donnent l'impression que nous sommes ce que nous sommes librement et que nous avons raison.


Nous avons tous des kits à penser hérités ou construits du genre : "les hommes sont tous des... ", "les femmes sont toutes des...", "les immigrés sont tous des...", les "blancs" sont tous des....", "les goyes" sont...", "les hommes ont la force...  les femmes ont l'intuition ..." "il y a des sports de garçons...." "il y a des sports de filles...", "tous les capricornes sont..."..."avec les enfants il faut toujours".... "si tu ne manges pas ta soupe ou si tu n'es pas sage tu vas coucher" mais aussi "je ne suis bon à rien" ou "je suis le meilleur "..."c'est tout ce que je sais faire" et encore "je ne peux pas changer"... "on ne peut rien y faire"...etc...

Toutes ces croyances font partie de notre construction identitaire.

C'est aujourd'hui le terrain de chasse privilégié de la télévision, de la publicité, des fondamentalismes, des professionnels de la politique.


Bernard Stigler avance que "Si les Français ont le sentiment d’avoir perdu leur identité, ce n’est pas à cause des Maghrébins, des Africains ou des Asiatiques qui s’installent en France, c’est parce que le marketing les a privés de leur culture, c’est parce que les parents n’ont plus de rapport à leurs enfants, c’est parce que les profs ne peuvent plus concurrencer la télé, qui capte l’attention beaucoup plus efficacement qu’eux".2


Nous fonctionnons souvent en pilotage automatique, en tenant pour acquis des "vérités" transmises, construites, imaginées, qui peuvent parfois s'avérer pertinentes, mais qui font rarement l'objet d'une mise à jour, d'une réévaluation.


C'est comme si nous étions formatés, pré-programmés. 

  1. Puce Quelques exemples de formatages collectifs "anodins" :


  1. - le poids des traditions :


  1. Etrennes et calendriers:  qui n'est pas sollicité au moment des fêtes de fin d'année pour le traditionnel calendrier du facteur, des pompiers, des éboueurs.

Prétexte aux étrennes traditionnelles qui remontent à l'époque romaine, où l'on s'échangeait des plantes porte-bonheur début janvier.

Vous êtes vous déjà posé la question : pourquoi des étrennes au facteur, au pompier, à l'éboueur ? Pourquoi pas au gendarme, au guichetier, au fossoyeur, à la secrétaire de mairie, qui rendent parfois de nombreux services ou aux militaires qui protègent les mosquées, les synagogue, les églises, les centres commerciaux contre les attentats ?

Quand ils se présentent à votre porte, vous sentez vous réellement libres de donner ou de refuser sans avoir besoin de vous justifier ? Combien d'entre vous n'ouvrent pas la porte pour ne pas avoir à assumer la responsabilité de dire Non ?

Si vous ne donnez pas, ne craignez vous pas inconsciemment des représailles sous forme de services "réduits" ?

C'est d'autant plus évident que dans certaines villes, lorsque les pompiers passent pour les étrennes ils notent sur un cahier  qui donne, qui ne donne pas, qui est absent, ils repassent une seconde fois en insistant. Comme si c'était un dû ! A quel titre ?

Pour beaucoup d'entre nous, ces étrennes représentent un "acompte" inconscient sur une intervention ou un service dont nous pourrions être bénéficiaires. Mais dans ce cas, il y a un tas d'autres personnes qui nous rendent également service !

Lorsque les médias évoquent une baisse de la délinquance notamment au niveau de l'attaque des commerces et des agressions en ville, ne serait ce pas du à la présence des patrouilles de Vigie Pirate ? Qui pense à remercier les militaires d'être là ?

S'il s'avère que ces étrennes ne se justifient pas, en plus de la peur, la majorité d'entre nous ont le réflexe de donner, sans chercher à comprendre. Pourquoi ?

Parce que nous avons été formatés par nos parents, qui ont été formatés par leur parents, au point d'avoir parfois l'impression de trahir notre propre famille (nos traditions) si nous ne donnons pas. Formatage largement entretenu par l'environnement social qui a tendance à fustiger ceux qui osent ne pas donner.


Il ne m'appartient pas de dire ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Il s'agit d'un exemple de la façon dont nous sommes imprégnés de croyances et de la façon dont nous maintenons et agissons ces croyances sans les actualiser, sans nous poser de questions.

Cette observation "anodine" peut s'appliquer à de nombreux domaines plus graves ou plus sérieux de la vie courante.


  1. Halloween : est une fête anglo-saxone, qui a peut être des origines celtiques (les historiens ne sont pas unanimes sur l'origine). Complètement inconnue en France jusque la fin des années 90 (1998).

Suite à une vaste campagne publicitaire et de marketing qui a débuté aux Etats Unis, cette coutume, qui n'a aucun lien avec nos racines et notre culture, a envahi l'hexagone au point de devenir en l'espace de quelques années une tradition qui consiste essentiellement à dépenser beaucoup d'argent pour se déguiser, acheter des friandises et des gadgets décoratifs en rapport avec un événement qui n'en est même pas un. Rappelons qu'il ne s'agit que d'une vaste campagne de marketing.

Observez avec quelle frénésie tout le monde se précipite dans les magasins pour se procurer tous les accessoires Halloween, sans jamais se poser la question : à quoi ça tient ou à quoi ça sert ?

C'est un peu comme si à une certaine date il suffisait d'appuyer sur un bouton pour que tous les petits robots se mettent en marche et dépensent de l'argent. C'est de la consommation programmée.

Nous avons intégré cette "fausse tradition" sans même nous en rendre compte, beaucoup plus vite que d'autres croyances. Nous avons laissé formater notre mental sans prendre le soin de nous protéger afin de rester libre de penser.

Combien de familles osent refuser de faire ces dépenses pour les enfants ? Combien d'enfants prendrait cette prise de position comme un acte de désamour ?

Dénonce-t-on cette énorme manipulation commerciale qui tend à se faire passer pour une tradition culturelle afin de développer un marché économique récurrent et lucratif ? A qui profite Halloween ?

Halloween devenant une valeur établie pour ceux à qui cela rapporte, il faut trouver une nouvelle occasion de vous soutirer de l'argent : ce sont à nouveau les Etats Unis qui nous y invitent avec le Black Friday, des soldes en dehors des soldes.

Saviez vous que nous avons déjà été conditionnés depuis longtemps à propos du père Noël.  Il a été créé dans le cadre d'une stratégie marketing de la firme Coca Cola qui cherchait une manière de promouvoir une boisson rafraichissante en hiver.

Au début des années 30 ils se sont basés sur une tradition européenne des anciens colons: Saint Nicolas ou Santa Klaus, pour créer un concept qui allait booster les ventes, progressivement transformé et dessiné par Haddon Sundblom, à qui on doit ce personnage jovial, bedonnant et sympathique, qui a gardé la barbe et la tendance à distribuer des cadeaux aux enfants du Saint Nicolas de nos origines.

Ce sont les Américains qui ont importé ce personnage de père Noël entouré d'enfants, faisant une pause Coca Cola, durant la seconde guerre mondiale. L'entreprise faisant le reste pour conquérir le marché européen.


Cette observation "anodine" peut s'appliquer à de nombreux autres domaines, plus graves ou sérieux de la vie courante.

Êtes vous conscients que ce type de manipulation s'appliquent à de nombreux domaines, dont la politique, où vous pensez être libres de choisir ou bénéficier de l'auto-détermination, d'un libre-arbitre. En êtes vous certains ?


  1. - lorsque nous nous formatons nous mêmes ou lorsque le milieu nous formate


  1. Puce Observez au niveau du langage courant comment nombre d'entre nous adoptent des expressions à la mode issues de la télévision, d'un gag, du voisinage, des collègues... tout le monde se met à parler d'une certaine façon sans même s'en rendre compte.

Dernièrement c'était :  "t'es relou"..." attends, j'hallucine"....ou..."attends j'y crois pas"....ou "même pas j'le fais" ou "c'est trop trop bon", "c'est trop trop cool"ou encore "même pas en rêve" ou encore  "à tomber...".  Il y a aussi ceux qui terminent toutes leurs phrases par "voilà quoi"....etc...

Il y a quelques années on utilisait d'autres expression à la mode ("le mec" de Coluche, "okeeeeeeeee" des Visiteurs etc..)

Nous adoptons des modes locutoires sans réfléchir, sans choisir. Nous adoptons des façon de nous exprimer par conformisme.

Et tout le monde d'y aller de son "okeeee", de son "voilà quoi", de son "trop trop génial" etc.... 

Il en va de même des façons de penser, de se comporter, de consommer, de vivre... librement, vous croyez ?

En prendre conscience c'est découvrir notre marge de manoeuvre, notre espace de liberté, et choisir d'être un peu plus nous mêmes. Ce qui ne nous empêche pas de continuer, mais de le faire librement, et non plus inconsciemment ou parce que c'est à la mode(= conformisme ce qui revient au même)

Comment expliquez-vous qu'en l'espace de 2 à 3 ans, 60% des ménages se soient équipés du même type de voitures (Crossover, SUV etc...) ? Libre choix, vous croyez ?

Un autre exemple de la façon dont les croyances peuvent cliver le monde :

  1. J'ai vu l'interview d'une personnalité fortunée d'un pays "émergent" (Vijay Mallya). Le journaliste Français termine en évoquant les moyens de subsistances des populations pauvres de son pays (l'Inde). Vijay Mallya disait qu'il ne voyait pas où était le problème parce que les pauvres avaient l'habitude de se contenter de peu de choses pour vivre.

Pour ce dirigeant et beaucoup d'autres de sa nationalité, apparemment instruits, la pauvreté n'est qu'une perception extérieure, puisque le peuple sait s'accommoder de ce qu'il a. Ce qui leur permet de continuer à donner des salaires dérisoires à leurs employés, à s'enrichir à bon compte. Pendant que les ONG s'occupent des pauvres de leur pays.

Cassandra Vieten et de Bruce Lipton confirment cette remarque quant aux croyances et leur impact sur la vision du monde.

"Le problème n'est pas d'ordre économique. Il s'enracine dans une région bien plus profonde de la nature humaine. Lorsque les individus voient leur bien-être personnel s'améliorer, et lorsque les pays deviennent plus riches, ils développent une même tendance à ignorer les pauvres. Ou bien à inventer des causes rationnelles à la bonne fortune des nantis. La responsabilité est rejetée sur les pauvres eux·mêmes : étant donné leurs dispositions personnelles et leur tenue morale, ils sont voués à être pauvres. La pauvreté est à la fois inévitable et, dans une certaine mesure, méritée. Les individus et les pays chanceux jouissent de leur bien être sans le fardeau de la conscience, sans avoir à s'embarrasser du sens de la responsabilité." 3


  1. J'ai fait le même constat de méconnaissance (formatage) au contact de personnes vivant sous des régimes totalitaires, qui interdisant l'accès à la culture et aux médias, privent les citoyens des moyens de comparer, d'avoir un libre arbitre, pour les soumettre à une pensée unique (régime politique ou religieux unique). Ces personnes ont tendance à nier ou dévaloriser les informations extérieures au système à pensée unique, afin de rester en cohérence avec ce qu'on leur impose. (dissonance cognitive). Faire passer des vérités pour la réalité, empêcher les gens d'avoir accès à la réalité , en dehors de toute idéologie.


  1. Puce La première question à se poser est : Suis je certain de ce que j'avance, de ce que je crois, de ce que je perçois ? De où je parle et de quoi je parle ? Ai-je les bonnes informations ? Cela peut aider à prendre du recul et à considérer ce qui est.


Cela suppose d'emblée d'avoir accès à une liberté d'information, mais aussi à la volonté de chercher cette information.

On peut être libre de s'informer et se contenter de pensées ou de concepts en kit, sans cherche à savoir, sans chercher à comprendre, sans construire sa propre réalité.

  1. Ce n'est pas confortable d'abandonner ses croyances, de quitter des positions acquises qui nous dispensent de nous poser des questions.

  2. Ce n'est pas confortable de quitter le conformisme, qui nous permet de croire que nous appartenons à une groupe donné. Se désolidariser pouvant parfois être cause de rejet, voire de persécution. Encore plis dans les régime à pensée unique.

  3. C'est d'ailleurs ce qui favorise un certain nombre de pratiques religieuses, sectaires, voire politiques et médiatiques. Il n'y a qu'à suivre les commandements du dieu, les recommandations du prêtre, du moine, de l'imam ou du rabbin, du chef du parti.

Ils pensent pour nous et savent mieux que nous ce qu'il faut faire !

Bruce Lipton, chercheur-biologiste, spécialisé dans l'impact des croyances sur les cellules avance que "lorsqu'un peuple accepte les réponses aux questions existentielles fournies par une institution donnée (religieuse, politique, éducative, médiatique etc...) cette institution devient le fournisseur de vérités pour tous les aspects de la vie. C'est comme ça et grâce à des gens comme Darwin, par exemple, que nous sommes persuadés que la vie est un combat, une lutte avec des gagnants et des perdants et qu'il faut se battre tous les jours pour survivre". Interview - film Enquête de sens.

Ce qu'exploite à merveille les systèmes en place, les médias, les agences de notations et autres OCDE, PISA etc..., en transformant tout en compétition: le meilleur élève, l'employé modèle, la meilleure entreprise (iso machin chose),le meilleurs pays, et les pléiades d'émissions télévisées destinées à ancrer le processus : le meilleur cuisinier, Top Chefs, le meilleur pâtissier, Koh Lanta, Pékin Express, The Voice, Star Academy et toutes les autres qui tendent à faire croire qu'il faut être le premier, le meilleur, le plus fort, pour réussir dans la vie.

Plus grave, nous apprenons à aduler les meilleurs, ce qui tend à faire croire que pour être aimé il faut être dans les premiers.

Le système va jusqu'à élaborer et imposer une vision du bonheur et de la réussite, allant jusqu'à modifier la perception que les gens ont d'eux mêmes afin d'en faire des citoyens, des employés et des consommateurs "heureux", "responsables", "authentiques" dépendants et malléables à souhait.8

Alors que l'on peut réussir sa vie sans avoir besoin d'être le meilleur et que l'on peut être aimé simplement pour ce que nous sommes sans avoir besoin d'être performant.

  1. C'est aussi ce qui sous-tend une certaine "résignation" face à des sophismes qui nous inondent de "vérités officielles" pour mieux nous soumettre à un système.

  2. C'est ce qui amène beaucoup d'entre nous à se laisser vivre sans se poser de questions, sans chercher à valider ce qu'ils sont ou font, en se disant que "c'est comme ça..." tout en étant persuadés être libres, être eux mêmes, pensant être bien intégrés socialement.

Pour Mr Vijay Mallya, ce n'est pas grave s'il y a autant de pauvres, l'Aide Internationale (PMA), la Croix Rouge et autres ONG sont là pour s'en occuper. Ce n'est pas "son" problème !


Penser juste suppose que l'on fasse l'inventaire de nos habitudes, de nos pollutions mentales et que l'on s'en détache, pour retrouver la liberté d'être présent en conscience à ce qui vient. Pour retrouver la liberté d'être soi même.


Penser juste consiste à être impliqué mentalement (cohérent) dans ce que l'on fait à l'endroit où l'on est:


  1. Combien d'entre nous vivent dans la nostalgie d'une enfance ou d'une expérience positive ou négative .... dans le souvenir d'un ancien amour, dans le souvenir de vacances passées, dans le souvenir d'un être cher...dans le souvenir d'un ancien métier...un peu comme un vieux disque que l'on fait jouer et rejouer... encore et encore.

  2. Combien d'entre nous font des choses en pensant aux effets que cela va produire (avancement, séduction, richesse, pouvoir etc...) Nous ne sommes pas dans ce qui est, nous sommes dans ce que nous attendons qu'il arrive en forçant éventuellement un peu les choses (manipulation).

  3. Combien d'entre nous ne sont pas investi(e)s, présent(e)s physiquement et mentalement dans ce qu'ils font ici et maintenant ? Par exemple: combien d'employé(e)s ou d'élèves passent une bonne partie du temps (de travail ou de scolarité) à communiquer grâce à l'avènement du téléphone portable ?

" Il est important d'oeuvrer pour que les choses évoluent vers la cohérence, et que l'incohérence ne soit plus considérée comme la norme, et encore moins comme une fatalité. Toutes les occasions de nous mettre en cohérence sont à saisir. Il ne faut surtout pas minimiser l'importance et la puissance des petites résolutions, qui loin d'être anodines, contribuent à construire le monde auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer." 4


La question à se poser est : que suis je en train de faire ? Cela peut aider à recentrer sur l'instant présent.


Méditer, pratiquer la pleine conscience n'excluent pas que l'on pense. Nous avons besoin de penser dans le présent, pour organiser, pour créer, pour récupérer un souvenir utile ou anticiper une action.


Contrairement à ceux qui imaginent que méditer c'est s'empêcher de penser, ce qu'ils appellent faire le vide, la pratique de la pleine conscience nous met en position de spectateur, d'observateur, sans porter de jugements sur les pensées.


Nous laissons venir nos pensées sans nous y attacher, sans nous identifier. Le vide étant l'espace qui s'installe entre nous "observant" et les pensées qui défilent.

Elles sont des pensées qui passent, elles ne sont pas moi, même si elles font partie de moi. Et à ce titre nous les accueillons avec bienveillance, sans juger.

Porter un jugement sur nos pensées, c'est penser sur ce qu'on pense...c'est toujours penser.


Les pensées ont aussi un caractère impermanent. Si nous ne retenons pas nos pensées cela les prive de la force qu'elles prennent lorsque nous leur laissons le contrôle, ou la priorité. (comme dans la rumination par exemple)

Dès que nous nous mettons à observer nos pensées, nous élevons notre qualité de conscience.

Prendre conscience que nous observons nos pensées augmente notre conscience de nous même. Psychologiquement c'est mettre fin aux pensées compulsives.


Une jolie métaphore pour agrémenter ces propos :


Deux moines rentrent au monastère après avoir "mendié" leur repas dans les villages voisins.

Arrivant près d'une rivière, ils sont accostés par une jeune femme qui semble effrayée à l'idée de traverser la rivière à gué.

Le moine le plus âgé s'avance pour la prendre sur ses épaules. Le plus jeune s'interpose et lui fait remarquer qu'un moine ne doit pas se laisser toucher par une femme, celle-ci étant considérée comme impure.

Ne l'écoutant pas le vieux moine transporte la jeune femme et la dépose sur l'autre rive.

Les deux moines reprennent leur chemin vers le monastère.

Arrivés à la porte du monastère, le jeune moine invoque encore le fait que le vieux moine à enfreint la règle en portant une  femme, le vieux moine lui dit : " ô moine, oui c'est vrai j'ai porté cette jeune femme, et je l'ai déposée sur le bord de la rivière il y a longtemps, mais toi tu la portes encore."


Penser juste suppose que l'on fasse le tri entre les pensées négatives et les pensées positives en favorisant l'émergence de ces dernières.

C'est le principes des vases communicants : plus il y a de pensées positives et moins il y a de place pour les pensées négatives. Parce que nous avons tendance à amplifier ou ne voir que le côté négatif des choses.


Ce qui ne veut pas dire chercher à éliminer les pensées négatives, il s'agit de les accepter et de les respecter comme partie intégrante de notre fonctionnement, tout en étant vigilant à ce qu'elles ne deviennent pas dominantes.

La colère, la haine, la frustration, l'envie, la jalousie, la confusion, la distraction, la réaction parasitent notre pensée.

On peut aussi se ré-jouir, s'émerveiller, se délecter, profiter.


Penser juste, c'est aussi ne plus penser à la place ou pour les autres, et inversement ne plus accepter que l'on pense pour nous.


La méditation et la pratique de la concentration juste aident à faire le calme et à prendre du recul, à se détacher des moteurs de pensée en général et négatifs en particulier.


Un des critères pour évaluer la portée d'une méditation est la sensation, le degré, de paix que l'on ressent.

Si on ne parvient pas à ressentir cette paix intérieure, il ne faut surtout pas se juger, ni désespérer, et encore moins abandonner. Il n'y a pas d'échec en méditation. Accepter ce qui se passe est déjà une entrée en matière. Cela viendra progressivement.

  1. PuceLorsqu'on parvient à se maintenir observateur des pensées plus fréquemment, penser devient de plus en plus un acte volontaire. Détaché des pensées compulsives, on a parfois l'impression de ne plus penser. Il n'y a plus tout ce bruit dans la tête.

Pendant cet instant nous avons une disponibilité, une présence exceptionnelles à la véritable nature de la réalité. Que cela dure 20 secondes, 5 minutes ou une heure.


Thich Nhat Hanh écrit " la pensée juste est une carte pour aider à trouver le chemin, mais arrivé à destination, il faut savoir poser la carte et pénétrer la réalité". 5




Concrètement : (par exemple...)



  1. Puce Pour aider la conscience à se détacher de l'activité mentale, il est assez simple de la centrer sur d'autres centres d'intérêt, de préférence dans le présent :

si on est en train de monter des escaliers, on compte les marches ou on se met en contact avec l'effort que fournit chaque jambe, si on est en train de marcher on compte les pas ou on prend conscience du contact des pieds avec le sol ou du vent sur notre visage, si on se lave les mains, on se centre sur l'eau qui coule, le contact avec le savon, le parfum du savon. Si on cuisine on se focalise sur les odeurs, les textures, les saveurs, les mariages d'ingrédients, la couleur des produits....etc...


  1. Puce Lorsqu'on quitte son travail et que l'on monte dans la voiture pour rentrer chez soi : avant de mettre le contact, on peut se centrer sur quelques respirations, en focalisant l'attention sur les mouvements respiratoires. Pour marquer la différence et établir un no man's land entre le travail et chez soi. Entre l'avant et l'après.

On peut aussi prendre une douche et changer de vêtements pour se "laver" des "pas bons " de la journée.


  1. Puce Les croyances et plus encore les croyances collectivement partagées sont prises pour des vérités indiscutables par tous, donc difficilement remises en cause. Même lorsque les faits démentent ces croyances, il faut beaucoup de courage, de tolérance et de détermination pour se faire entendre et se faire comprendre, d'autant plus lorsque ces croyances sont "universellement" partagées dans une société. Plus l'environnement est à pensée unique plus cela devient impossible.


Affronter de face ces croyances est risqué voire contreproductif. Cela peut provoquer le phénomène de "dissonance cognitive" chez l'interlocuteur. Il(s) risque(nt) de vivre une situation inconfortable (perdre la face, perdre ses repères) qui vont amener à développer des stratégies plus ou moins inconscientes pour rétablir un équilibre entre ce qu'il(s) croit(ent) et leur perception de la réalité. (rejet, rationalisation, minimisation, oubli, déni, interprétation, recours à la violence ou à des experts qui sont dans la même mouvance etc...) 

D'autre part, se libérer de ces croyances, et des peurs qu'elles entraînent rend une certaine liberté qui paraît suspecte voire dangereuse dans certaines sociétés. Nous l'observons par exemple dans la religion musulmane lorsque les modérés deviennent la cible des fondamentalistes.

Instaurer un dialogue pour déclencher un questionnement puis une prise de conscience semble être une bonne solution, à condition de faire preuve de patience et d'avoir affaire à des personnes "civilisées". C’est une relation de longue haleine.


  1. Puce Apprendre à se libérer du temps: c'est savoir s'apprécier ici et maintenant, sans avoir besoin de retourner dans le passé pour y puiser des éléments de construction identitaire. Le passé a été. Nous en sommes issu, et nous en sommes pétris.

Mais c'est aujourd'hui que nous vivons, avec ce passé comme base. Notre avenir ne peut nous garantir la plénitude. Ce qui n'empêche pas de faire des projets, mais ce ne sont que des projets. Arrêter d'être en permanence dans le demain "je serai", "je ferai.... si je gagne au loto je ferai...quand les enfants seront grands je ferai  etc...

Apprendre à faire du présent notre résidence principale.


Ce qui n'empêche pas de retourner dans le passé ponctuellement pour en rapporter un élément que l'on souhaite actualiser (qui sera utile dans le présent), ou de faire un saut dans l'avenir pour y déposer la première pierre d'un projet qui deviendra présent.


  1. Puce Arrêter de voir tout en noir ou tout en rose. Se rappeler que tout est impermanent. Rien ne dure, ni le négatif ni le positif. Ne pas chercher à enlaidir ni à enjoliver.



1 - Moussa Nabati - Le bonheur d'être soi- Fayard - 2006

2 - Le temps de cerveau disponible documentaire de Christophe Nick et Jean Robert Viallet - 18/03/2010

3  - John Kenneth Galraith  cité dans le Rapport Mondial du Développement Humain du PNUD de 1998

4 - Pierre Rabhi - Vers une sobriété Heureuse - Actes Sud - 2010

5 - Thich Nhat Hanh - Le coeur de l'enseignement du Bouddha- la Table Ronde- Paris- 1998

6 -Frederic Lenoir - Petit Traité de vie intérieure - Plon - 2010

7 Small is Beautiful - E F Schumacher - Seuil - 1973

8 Happycratie -Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies - Edgar Cabanas et Eva Illouz- Edi Premier Parallèle - 2018

 

Introduction
Histoire
Enseignement
4 nobles vérités
Noble sentier octuple
Vue Juste
Pensée juste
Pleine conscience
Parole juste
Action juste
Effort juste
Concentration juste
Moyens d'existence justes
Idées reçues et paradoxesBouddhisme_laic_introduction.htmlBouddhisme_Histoire.htmlBouddhisme_Enseignement.htmlBouddhisme_Quatre_Nobles_verites.htmlBouddhisme_Noble_Sentier_Octuple.htmlBouddhisme_vue_juste.htmlBouddhisme_pleine_conscience.htmlBouddhisme_parole_juste.htmlBouddhisme_action_juste.htmlBouddhisme_effort_juste.htmlBouddhisme_concentration_juste.htmlBouddhisme_moyens_existence_justes.htmlBouddhisme_moyens_existence_justes.htmlBouddhisme_et_paradoxes.htmlBouddhisme_et_paradoxes.htmlshapeimage_3_link_0shapeimage_3_link_1shapeimage_3_link_2shapeimage_3_link_3shapeimage_3_link_4shapeimage_3_link_5shapeimage_3_link_6shapeimage_3_link_7shapeimage_3_link_8shapeimage_3_link_9shapeimage_3_link_10shapeimage_3_link_11shapeimage_3_link_12shapeimage_3_link_13shapeimage_3_link_14