Ma citation préférée : 


" Tu dis que tu aimes les fleurs, tu les coupes

  Tu dis que tu aimes les animaux, tu les manges

  Tu dis que tu aimes les oiseaux, tu les mets en cage

  Quand tu dis que tu m'aimes, j'ai peur "

  jacques Prevert


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Mieux vaut routard que jamais...

les plus beaux matins du monde...

Voyager...       "Rester c'est exister. Voyager c'est vivre". Gustave Nadaud


Tout voyage commence dans l'imaginaire: qu'il s'agisse d'une lente préparation, ou d'une interpellation furtive, il s'inscrit comme un germe qui féconde la matrice de nos rêves.

Une revue, un livre, un reportage, un film, une découverte formelle ou informelle déclenchent une gestation plus ou moins longue.

De l'enfant qui se transforme en explorateur dans sa cabane de jardin à la personne âgée qui découvre le monde avec Thalassa, tout le monde passe par le voyage virtuel.


S'en suit une lente maturation, pendant laquelle nous imaginons, construisons ce que nous allons découvrir. Que ce soit une randonnée sur le chemin des douaniers en Bretagne, un séjour à la ferme et la traite des chèvres dans la Drôme, la rencontre des Bishnois dans le désert du Rajasthan, une chevauchée dans les steppes Mongoles, le voyage commence dans la tête.


Une fois fermée la porte du domicile sécurisant, commence la confrontation à une nouvelle réalité, qui va bousculer nos habitudes, nos préjugés, nos a priori, notre cadre de références, et les hypothèses que nous avons mis tant de temps à élaborer.

Alain

Nous sommes alors invités à :


  1. modifier notre rapport au temps, abandonner les rythmes du travail, de la ville, des contraintes.

  2. Nous ne savons plus quel jour on est, il n'y a plus de différence entre les jours de la semaine et le dimanche, souvent parce qu'il y a des pays où les gens ne s'arrêtent jamais de travailler... Le temps ne s'écoule plus de la même façon. Impression d'être parti depuis peu ou depuis longtemps.

  3. modifier nos habitudes alimentaires, faire attention à l'eau que nous buvons, à ce que nous touchons et absorbons. Remplacer les croissants, le café-pain-confiture du matin par du thé, de la soupe, des oeufs, du riz sauté, une assiette de fruits frais. Même notre sommeil est différent.

  4. nous détendre, nous laisser aller, tout en étant plus attentif que d'habitude à tout ce que se passe autour de nous.

  5. Ce sont les vacances, mais on se lève souvent plus tôt que lorsqu'on travaille, parce qu'il y a tant de choses à voir, tant de choses à faire....L'ascension du volcan se fait à 03h00 du matin si on veut y être pour le lever de soleil, la puja de pleine lune n'a lieu qu'à la pleine lune, tard le soir, et l'accès au petit temple demande une marche éreintante de plusieurs heures, le safari débute à 06h00  etc...

  6. faire des expériences inhabituelles tant dans la relation aux autres que dans notre rapport à nous mêmes: nous ne sommes plus chef ni soumis. Nous ne sommes plus les mêmes en voyages, nous faisons des choses, pensons des choses que nous ne faisons pas chez nous. Certains malaises, certaines douleurs disparaissent.

  7. Nous nous lions plus facilement, nous nous ouvrons plus facilement, comme si certaines barrières tombaient, ce qui nous rend plus vulnérables, mais aussi plus réceptifs.

  8. Nous avons l'impression momentanément d'être différents alors que nous ne faisons que découvrir une face cachée de notre personnalité.

  9. revoir certaines de nos valeurs ou certains préjugés qui parasitent notre perception du monde: tous les Bouddhistes ne sont pas de doux végétariens non violents, tous les Indiens ne sont pas adeptes de Gandhi, tous les Américains ne sont pas des cowboys envahissants ni des mercenaires à la solde du capitalisme, tous les musulmans ne sont pas des intégristes bornés, les gens pauvres ne sont pas tous des gens tristes et malheureux etc...

  10. Le risque étant de rester sur ses postions, de conserver le filtre de notre culture, de se contenter de vérifier si ce que nous voyons correspond bien à l'idée que nous en avions, en positif ou en négatif.

C'est ce qui différencie le voyageur et le touriste : le premier parvient à oublier ou mettre de côté tout ce qui peut l'empêcher d'appréhender (saisir) pour se rendre disponible à ce qui est à-prendre (imprévisible), le second se contente de comparer ce qu'il sait et ce qui est attendu (prévisible).

Le voyageur se nourrit d'authenticité et d'imprévu, mettant en suspend momentanément les filtres de ses origines. Il privilégie les activités et l'artisanat traditionnels, profite de tout ce qui se donne à voir dans l'instant, acceptant la frustration lorsqu'il ne se passe rien. Alors que le touriste a besoin d'être épaté, il prend pour authentique une danse ethnique organisée pour lui, ne supporte pas de ne pas voir tout ce qui est prévu, ignorant que ce n'est pas parce qu'il est écrit qu'il y a des léopards dans la réserve qu'il va forcément en rencontrer un.

C'est aussi ce qui différencie le voyageur des nouveaux touristes "sac à dos" qui se baladent partout avec leur tablette numérique pour rester en contact permanent avec leur milieu d'origine, qui imposent la wi-fi, les burgers, la bière, les pâtes et les pizzas partout où ils passent allant jusqu'à polluer les coins le plus reculés du monde de leur mode de vie.


" Le voyageur voit ce qu'il voit, le touriste voit ce qu'il est venu voir". Gilbert Keith Chesterton


D'où cette tendance des offices de tourisme et autres tours opérateurs à ne proposer que des choses attendues : des danses folkloriques qui n'ont plus rien à voir avec une fête de village, des rituels, des massages bien loin des traditions, des minorités qui n'ont plus rien d'ethniques, un artisanat qui n'a plus rien à voir avec une réalité ou une utilité indigène, des safaris organisés dans des réserves privées clôturées afin de garantir la présence du big five, des rencontres avec des habitants qui sont salariés d'une entreprise de tourisme ou en quête de rémunération secondaire, des vestiges d'un passé révolu, qui, s'ils sont intéressants sur le plan historique, architectural, et culturel, ne sont pas forcément tous d'un grand intérêt.

  1. Le voyageur, dans sa quête est confronté à sa construction identitaire en dehors de ses repères habituels.

  2. Dans le voyage on est d'abord confronté à soi, dans une situation de fragilité existentielle, loin de "chez soi", de ce qui fait notre force, face à  l'inconnu. Vulnérabilité parfois exploitée par des tours opérateurs, des guides, des amitiés fortuites, sans scrupules.

  3. D'où l'intérêt de ne pas être seul.

  4. Voyager seul limite à un face à soi, privant le voyageur d'un partage hédoniste, l'enfermant dans une forme de rumination de l'âme.

  5. Voyager en groupe voile le face à soi et dilue le face aux autres. Il est difficile d'être pleinement présent à ce qui se passe lorsqu'on est en groupe. Le groupe jouant toujours un rôle de tiers ou d'écran.

  6. L'idéal est de voyager à deux, couple formel ou pas. C'est se donner la chance de partager, de confronter, tout en ayant la possibilité de s'individualiser.

  7. Le voyage à deux construit ou détruit, renforce ou exacerbe, parce qu'il confronte à ce que nous sommes et faisons réellement. Il invite à l'intimité, à la complémentarité, au partage, à la négociation. Il est producteur d'amitié. Lorsqu'il s'agit d'un couple marital, il peut aider à transcender ce qui est purement affectif et émotionnel en complicité profonde, il peut aussi dévoiler des liens basés sur des apparences et balayer "dés-illusions"....

  8. Voyager suppose de retrouver une innocence juvénile, où l'on oublie momentanément ce que l'on sait, ce qu'on a appris ou ce dont on est persuadé pour saisir ce qui se présente, sans pour cela oublier ce que l'on est.

  9. Combien s'imaginent découvrir le quotidien d'un peuple ou "être en phase" avec une culture ou un pays en se déguisant en autochtone, en passant 8 heures dans un bus ou dans un train, en mangeant sur le bord d'un trottoir, en passant des mois à arpenter une ville ou une région ?

  10. L'immersion ne tient pas au fait de se mélanger avec les gens, mais à la capacité à se laisser pénétrer par ce que l'on découvre, parfois de façon fulgurante.

  11. Cela fait appel à la capacité de voir, d'entendre, de sentir, de goûter, de toucher et d'être touché (physiquement et psychologiquement), le plus authentiquement possible.

  12. C'est le temps d'érotisation du voyage, la période où tous nos sens sont en alerte pour capter ce qui nous est donné de percevoir.

  13. C'est à partir de cet état qu'il devient possible, voire nécessaire, de prendre du recul afin d'immortaliser ce qui se produit.

  14. Avec un cahier à dessin ou d'aquarelles, un appareil photographique, un carnet d'écriture, ou simplement la pleine conscience, il devient important de saisir ce qui se donne à voir, à entendre, à ressentir. Capture d'un moment partagé.

  15. Cela diffère de ceux qui filment tout, tout le temps, sans jamais prendre le temps d'être présent à ce qui est. Ils sont juste en train de filmer en restant extérieurs.

  16. Cela diffère aussi de ceux qui entrent en complète fusion, s'enfermant dans une illusion d'intégration dans laquelle ils peuvent éventuellement s'oublier, ou se perdre.

  17. Photographier quelqu'un ne revient pas à appuyer sur un bouton mais à créer une relation dont l'aboutissement sera une image unique pleine de sens, même si la rencontre n'est qu'éphémère.

  18. Cela diffère également de ceux qui entrent en complète fusion, s'enfermant dans une illusion d'intégration dans laquelle ils finissent parfois par

  19. C'est l'étape de la maturation : savoir se détacher de ce qui se passe pour en saisir l'essence tout en restant sous l'emprise de ce qui se passe. Devenir l'observateur du spectateur et du spectacle, l'observateur actif de la scène et de l'action. Capacité de distanciation qui fait souvent défaut chez ceux qui mélangent beauté d'un paysage et sympathie (toujours désintéressée !) d'un guide, d'un inconnu, sourires d'enfants, gentillesse des habitants, pour se fourvoyer dans une fusion/illusion aveugle.

  20. Voyager c'est aussi revenir : rentrer "chez soi", avec moins d'a priori et plus de sensations, plus de ressentis qu'avant le départ. Les attentes d'avant le voyage faisant place aux souvenirs.

  21. Les premiers temps du retour, nous sommes dans un autre monde, le monde de l'entre deux, qui nous donne cette impression de planer. Encore un peu là bas, et pas tout à fait ici.

  22. On recherche des instants, des saveurs, des expressions qui rappellent là bas. On s'irrite que les choses, les gens d'ici ne soient pas comme là bas, on écoute la musique que l'on a rapportée de là bas. L'ailleurs résonne encore dans la tête, dans le corps.

  23. Nous sommes encore dans l'émerveillement quand tout s'est bien passé ou la frustration quand les attentes n'ont pas été comblées.

  24. Il faut un certain temps pour "atterrir", pour passer de l'ouverture et la tendance à s'oublier au retour vers soi avec les rôles, les obligations, les habitudes provisoirement mis de côté.

  25. Les goûts, les saveurs, les odeurs, les couleurs, qui avaient remplacés ceux et celles de la maison, s'estompent progressivement.

  26. Vient alors le temps des réclamations pour ceux qui ont été déçus ou dupés, du partage pour ceux qui ont été satisfaits.

  27. Trier les photos, monter les films, raconter aux proches ou aux collègues, rédiger le carnet de voyage valident la mémoire, tout en apportant l'apaisement de quelque chose qui se termine.

  28. Rédiger, trier, partager permettent de dépouiller les mémoires jusqu'à ne conserver que l'essentiel que l'on intègre comme partie de soi même, ce qui fait qu'après chaque voyage, on n'est plus jamais le même.

Jusqu'au jour où l'on éprouve à nouveau le besoin de partir, imprégné du virus nomade, intoxiqué par ce besoin d'être confronté à un ailleurs passionnant et captivant.  A.P.

"Voyager sans rencontrer l'autre, ce n'est pas voyager, c'est se déplacer". Alexandra David Neel.

©A.P - 2014


  1. Puce Une pensée particulière pour Aurélia Lacroix (Cambodge 2007), Hanna Charlotta Backlund (Thaïlande 2008) Jérémie Bellanger et Fannie Blancho ( Bolivie 2010) Cassandre Bouvier et Houria Moumni (Argentine 2011) Stéphanie Foray (Malaisie 2011) Khuram Shaikh et Victoria Alexandrovna (Sri Lanka 2011), Stefan Ramin et Heike Dorsch (Marquises 2011), Laurent Vallier et ses enfants (Cambodge 2011) Laurence Canut (Inde 2012) Ophélie Begnis (Cambodge 2013), Sarah Groves (Indes 2013), David Green (Indes 2014) Harry Devert (Mexique 2014), David Miller et Hannah Witheridge (ThaÏlande 2014), Hervé Gourdel (Algérie 2014), une touriste Russe et une touriste Allemande (Kenya 2014), Helene Derouault (Equateur 2015), Fred Nietenf R.F Wolbeek (Brésil 2015), Dean Lucas et Adam Coleman (Mexique 2015), Laura Pâmela Viana (Brésil 2016) Akim Boukstbbouma (Thaïlande 2016) Hannah Bladon (Israel 2017), Sophie Lionnet (Londres 2017), Louise Lavergne (Belgique 2017) voyageuses et voyageurs qui ont eu la malchance d'être au mauvais endroit et de rencontrer des mauvaises personnes. Qu'ils et elles reposent en paix.