Day 01 Vol de jour France - Cuba arrivée à La Havane en fin de journée.

A l'arrivée première impression surréaliste : tous les agents des douanes et d'immigration sont des jeunes femmes en mini jupes et collants résilles. Caliente.

Ensuite petite confusion : un chauffeur de taxi tient une feuille de papier avec le même prénom que le mien. Mais il ne sait pas qui nous sommes, ni où nous allons. Aucun signe ne permet de savoir qu'il représente l'agence locale qui nous prend en charge. Il nous confie à un autre chauffeur. Panne de voiture sur la route pour l'hostal.

Nuit à La Havane:

Hostal Matos Galán   Calle Chacon # 103 1st floor apt.1 e/ Habanay Aguiar, Habana Vieja Accueil Eddy, petit dej  Yaima  Propriétaire Yussimi y Alexis  +53 7 8672337


Day 02 La Havane

Dans la nuit qui précède notre arrivée, une violente tornade avec des vents de près de 300 km/h a traversé le quartier Luyano (municipalité du 10 Octobre) de la Havane, détruisant tout sur son passage, ainsi que les quartiers Santos Suarez, Via Blanca et Chibas.

https://www.lemonde.fr/planete/portfolio/2019/01/29/cuba-des-quartiers-de-la-havane-detruits-par-une-tornade_5415926_3244.html

09h00, notre guide Adrian nous attend avec Carlo Ernesto le chauffeur d'une belle Chevrolet Bel Air des années 50 mauve et blanche.

Première chose: changer de l'argent pour remettre le solde au guide, et pour nos dépenses personnelles.

Première rencontre avec la réalité cubaine: à la banque on n'est autorisé à aller au guichet que un par un. Dès l'entrée un numéro de guichet est attribué. J'ai le guichet 8.

Le taux de change est forcément défavorable, le taux est inférieur au taux du dollar officiel (1,13), le CUC étant indexé sur le dollar.

1 Euros = 1,11 CUC  1 CUC = 0,90€  1 CUC = 24 pesos

Au moment de changer la caissière est désolée, elle n'a que des petites coupures de 10 et 20 CUC. Si je veux des billets de 50 CUC, je dois attendre que des clients en apportent. Une heure et demi d'attente. Le guichet 1 a des billets de 50, mais je ne peux pas lui demander même s'il est disponible. Je dois attendre que le guichet 8 aie des billets de 50. Cela donne une petite idée de ce que vivent les cubains dans leurs rapports avec l'administration et au temps.

Une fois sortis de cette banque d'état nous allons de l'autre côté de la baie de la Havane pour visiter El Cristo de la Habana, gigantesque statue du Christ qui semble tenir un cigare de la main droite  et un verre de mojito de la main gauche. De là à le réaliser avec Photoshop, il n'y a pas que lui qui fait des miracles.

A côté se trouvent La Cabaña de Che Guevara, et el monumento de la Defensa civil représentant la solidarité avec des bras entrelacés, boaf !

Toute cette zone est constituée de remparts, de forts et de canons: majestueuses fortifications destinées à protéger la baie des pirates et des nations qui voulaient annexer la ville et l'île : la  Fortaleza,  le Castillo de San Carlos de la Cabaña (1763), le Faro et le Castillo del Moro(1589/1630) qui fait face au Castillo San Salvador de la Punta (1590/1629) de l'autre côté de la baie. Ils étaient reliés par une chaine pour empêcher les navires ennemis d'entrer dans la baie.

La vue sur la ville et le port est très photogéniques. Des bateaux de croisières immenses traversent la baie pour se mettre à quai et déverser un millier de touristes.

Chemin faisant nous découvrons Adrian, un jeune guide, francophone, véritable banque de données. On pourrait le surnommer Wikipeman. Au premier abord, il semble avoir des connaissances impressionnantes à tous les niveaux (sciences, littérature, arts plastiques, cinema, musique, histoire, géopolitique etc...). Mais comme le disait Jacques Ellul: "il faut éviter de confondre culture et documentation: ce n'est pas parce qu'on a accès à des banques de données que l'on est cultivé". La culture n'étant pas une accumulation de connaissances, mais la façon dont on expérimente, gère et vit des connaissances, qu'elles soient étendues ou limitées.

Ayant rarement l'occasion de rencontrer quelqu'un d'aussi documenté, nous prenons plaisir à échanger avec lui, parfois au détriment du timing et des visites prévues.

  1. Puce Déjeuner au Maradentro à Vedado. Un restaurant moderne, à prix moyens.

De retour en ville, nous nous rendons sur l'immense Plaza de la Revolución, dominée par le mémorial en étoile de José Marti, avec en toile de fond le portrait de Che Guevara sur le mur du ministère de l'intérieur, le portrait de Camillo Cienfuegos sur le mur du ministère de l'information et de la communication, sur la gauche un immeuble au "cubisme très soviétique" la bibliothèque Nationale. Derrière le mémorial les locaux du gouvernement et du comité central del partodo communista, sous bonne garde. Rien d'extraordinaire.

Difficile d'imaginer des milliers de cubains écoutant paisiblement les discours de 08h00 d'affilée de Fidel Castro chaque 1er Mai.

Et pourtant ce fut une réalité.

Adrian souhaite voir le quartier dévasté par la tornade et propose d'y aller. C'est une autre réalité du peuple cubain, régulièrement touché par des ouragans, des cyclones, des tempêtes depuis des siècles.

Cela nous gêne un peu de débarquer dans ce quartier de Luyano (municipalité du 10 Octobre) comme des voyeurs avec une voiture américaine, alors qu'ambulances, camions, et autres engins de déblaiement opèrent. Ce genre de visite ne fait généralement pas partie de nos préoccupations.

C'est la première fois que nous découvrons en live les effets d'une tornade. Impression d'arriver dans un pays en guerre. Des gens s'activent pour déblayer, pour nettoyer, d'autres regardent abasourdis, d'autres sont assis par terre, désemparés. Quelques stands mis en place par le gouvernement délivrent de la nourriture et de l'eau en bouteille à prix réduits.

Immeubles éventrés, défigurés, balcons et toitures arrachés, étages et pans de murs effondrés, arbres déracinés, poteaux électriques tordus avec les fils qui pendent, tas de gravas obstruant les rues...des scènes apocalyptiques.

Malgré cela, la population est calme, sous le choc. Le gouvernement annonce 3 morts et 170 blessés. Difficile à croire lorsqu'on voit les dégâts. Que reste-t-il d'habitable ? Qui va aider à la reconstruction ? Quand se produira le nouveau sinistre ?

La priorité semble être de rétablir l'électricité et l'eau courante et après ?

Nous parlons avec des gens, nous prenons quelques photos et finissons par sentir qu'il ne faut pas trop insister. Si les gens semblent avoir envie de parler, peut être pour évacuer le stress, il semble qu'il est mal vu de se mêler de ce qui se passe. Autre réalité, tout le monde semble avoir peur de parler et se méfie de ceux qui écoutent.

Nous revenons vers la ville touristique qui semble loin de ces préoccupations, bien que...boulevard Maximo Gomez nous découvrons une première file d'attente d'une cinquantaine de mètres devant un supermarché: il y a une pénurie d'oeufs, lorsque des oeufs arrivent, la foule se précipite pour venir en acheter. Cela prend parfois des heures. Bien que le nombre d'oeufs soit rationné, des opportunistes tentent d'en acheter plusieurs plateaux afin de les revendre plus chers illégalement. Nouvelle réalité de Cuba. 

Nous visitons le parc de la Fraternité (Parque de la Fraternidad) avec l'arbre Ceiba, variété de fromager "fétiche" de la santeria, entouré de majestueux palmiers royaux.

A quelques mètres le Capitol (1929), ex palais gouvernemental et présidentiel. En face le long du paseo (prado) de Marti, les hauts immeubles colorés qui séduisent tant les touristes. Le prado est la limite qui sépare Habana Vieja et l'authentique Centro Habana, que les touristes visitent moins.

Sur le côté le Gran Teatro de la Havane (1837) où sont donnés depuis longtemps des spectacles nationaux et internationaux de qualité.

En face du théâtre, la parque central et l'éternelle statue de José Marti, avec ses calèches et l'hôtel Inglatara.

Nous passons devant l'hôtel de luxe Manzana (Kempinski), à côté duquel quelques maisons délabrées de la rue O'Reilly ne choquent pas. Paradoxe de la Havane, immeubles rénovés, parfois luxueux siègent au milieu d'immeubles décatis, formant un couple presque harmonieux qu'on ne voit qu'à la Havane.

Accentuant ce paradoxe, devant le petit parque Francisco Albear y Lara, le Floridita, bar restaurant parmi les plus chers, où se pavanaient dans les années 50 la jet set hollywoodienne : Errol Flynn, Frank Sinatra, Ava Gardner, Gary Cooper, Marlène Dietrich, sirotant un daiquiri dont le "spécial" attribué à Ernest Hemingway. La salle est comble, il n'y a plus de place disponible, même debout. Un orchestre distille une salsa langoureuse, mais assourdissante.

Nous prenons l'avenida Belgica passons devant le museo de la Revolución où l'on peut voir le bateau Granma que les frères Castro, Guevara, et 86 autres guellieros empruntèrent pour venir du Mexique et débarquer sur l'île (1951) pour faire la révolution.

On y trouve un avion de chasse russe qui a servi pour déjouer l'attaque de la Baie des Cohons, un tracteur transformé en char d'assaut, une Pontiac au faux plancher qui servait à transporter des armes, un camion criblé de balles lors de l'attaque du palais de Batista.

Un peu plus loin, un petit fragment de la muraille de la Havane, puis la place du 13 Mars avec l'ambassade d'Espagne, complètement illuminée lorsque la nuit tombe.

  1. Puce Dîner au Chacon 162, e/ Chacon y Callejon de Espada. Un patron racoleur, des plats sans grande originalité à prix "touristes". Sans intérêt.

  2. Puce Nuit à La Havane


Day 03 La Havane

Départ à 09h00 pour une longue balade à pieds improvisée à travers les rues de Habana Vieja.

Nous débutons par la Calle San Ignacio, en longeant le centro Wilfredo Lam, musée d'art contemporain, pour arriver Plaza de la Catedral, avec des constructions d'art baroque:  imposante Cathédrale de la Vierge Marie de la Conception (1777). Immense place pavée grossièrement où l'on imagine autant le foule de fidèles venant assister à la messe, que les stands de vente d'esclaves tenus par les mêmes fidèles et leur bonne conscience.

Des fausses marchandes de fleurs habillées façon créole cherchent à se faire photographier pour obtenir de l'argent.

Sur le côté gauche de la place, lorsqu'on sort de la cathédrale, la casa du comte Lombillo(1741) fortuné marchand d'esclaves, le palacio del  Marquès des Arcos (1741), en face le palacio de los Condes Casa Bayona( 1720) sur la droite le restaurant El Patio installé dans l'ancienne casa de los Marqueses d'Aguas Claras.


Nous prenons ensuite la rue Empredado avec le bar la Bodeguita del Medio, qui était une épicerie en 1942 où des artistes et des écrivains avaient pris l'habitude de venir prendre un verre. De rendez-vous d'intellectuels elle est devenue un bar "branché" où se retrouvait à nouveau la jet set américaine et Hemingway déjà habitués du Floridita. Le samedi soir c'est devenu un rendez vous très prisé des noctambules Havanais.

Nous poursuivons par la Calle O'Reilly une des rues les plus visitées de La Havane et son Colegio Universitario San Geronimo de la Habana, pour arriver sur la Plaza des Armas, avec la statue de Carlos Manuel de Cespedes, héros de la guerre d'indépendance(1868/1878).

Place ombragée très animée, avec le Palacio de los Capitanes Generales qui est devenue la Maison du Gouverneur et plus tard le Palais Municipal.

Sur la gauche le musée de la Guerre : el castillo de la real fuerza avec la Giraldilla  La statue, symbole de la Havane, raconte l’histoire de la belle Doña Isabel de Bobadilla, mariée à Hernando de Soto, gouverneur de Cuba parti explorer la Floride, d'où il n'est jamais revenu. Doña Isabel devint la seule femme gouverneur du pays. Elle a attendu de longues heures son mari dans la tour de guet de Castillo de la Real Fuerza, qui à cette époque était la maison du gouverneur de l'île.

A côté du Castillo, El Templete. Un temple dorique qui abrite les oeuvres de l'artiste français J.B. Vermay. Il a peint divers épisodes de la vie cubaine à l'ère de la colonisation. Dans la chapelle il y a son buste et une urne de granit, dans laquelle reposent les cendres de Vermay et de sa femme qui moururent pendant l'épidémie de choléra en 1833.

C'est le premier endroit où fut célébré une messe à la Havane le 16 novembre 1519. Un ceiba "sacré"(fromager), dont l'original a été détruit par l'ouragan de 1868, donne lieu à des rituels annuels: le 16 novembre, des milliers de Cubains viennent en faire 3 fois le tour et jeter des pièces sur les racines  pour attirer la chance pour l'année à venir.

A gauche du palais la Calle Obispo avec des maisons coloniales à balcons, une autre rue très fréquentée par les touristes.

Nous prenons la Calle Oficios, où se trouve la casa del Arabe, musée dédié aux migrants arabes qui sont venus sur l'île et l'unique mosquée de la Havane.

Nous arrivons Plaza de San Francisco avec à gauche l'immense chambre de Commerce Longia del Comercio, et au centre la Basilique monastère San Francisco de Asis (1608/1737). Devant la basilique, une étrange statue de St François d'Assise, tenant par l'épaule de façon assez équivoque un jeune indigène.

A gauche de la basilique, Calle San Pedro, dans un joli jardin, la petite église orthodoxe Nuestra señora de Kazan.

A l'extérieur, l'immense gare centrale: Estacion Central de Ferrocarril (1912). Construite par un américain, à l'emplacement de l'arsenal donnant sur la baie, dans un mélange de style victorien et renaissance espagnole.

Nous entamons la calle Brasil (Teniente Rey)en longeant le wagon "mambi". Wagon de luxe, spécialement construit pour transporter les présidents successifs à travers le pays de 1912 à 1959.

Mambi est le surnom donné aux guérilleros qui prirent part à la guerre l'indépendance.

Un peu plus loin, la rue s'ouvre sur les restes d'un aqueduc souterrain: le Zanja Real. Il aurait assuré l'approvisionnement en eau de La Havane de 1592 à 1835. L'eau venait de la rivière Chorrea(Almendares). Selon certains elle était à peine potable.

La Calle Brasil est très éclectique : on y trouve des maisons restaurées, mais aussi des maisons pratiquement en ruine. Le musée de la Pharmacie, magnifique endroit plein de bocaux, de plantes et de vitraux qui délivre toujours ses potions médicinales : la farmacia del Reunion qui appartenait comme d'autres bâtiments du quartier à la riche famille Sarrá. Des boutiques de souvenirs, mais aussi des entrées étroites d'immeubles transformées en petit magasins, un atelier de fabrication de chaussures, un restaurant populaire pour les plus démunis, et des restaurants pour touristes.

Dans cette rue un endroit que les guides oublient souvent de mentionner : la casa de chocolate: musée mais aussi dégustation de crémeux chocolats chauds et froids. On parle beaucoup des cigares et du rhum et on oublie souvent le chocolat qui est aussi une des particularités de Cuba.

  1. Puce Déjeuner au restaurant Art Pop, Calle Brasil. dans un patio très aéré. Cuisine fraiche, copieuse et bon marché.

Au bout de la calle Brasil, entre Beranza et Agramonte se trouvent de nombreux magasins qui vendent des articles religieux, catholiques mais surtout Santeria et Yoruba : statues, amulettes, accessoires et produits pour les cérémonies et les envoutements.

C'est le quartier très populaire de la place et de l'église du Cristo del Buon Vaije : un charmant quartier qui n'est pas concerné pour l'instant par la restauration: on y découvre la vie authentique des habitants. La Havane à l'état brut.

Toutes les rues du quartier méritent une petite balade, Calle Bernaza, calle Villegas, calle Cristo etc.... On y croise le marchand de fruits et de légumes, le marchand de pain et leurs charrettes, qui mettent leurs produits dans des paniers que les habitants descendent des étages avec une corde, le marchand de chiens, la fleuriste dont l'échoppe se limite à deux étagères barrant l'entrée de son immeuble, le marchand de yaourt dont l'étalage se limite à la fenêtre de son habitation, le garagiste qui répare les voitures dans la rue, les femmes qui récupèrent des vieux parapluies endommagés et les réparent pour les revendre quelques pesos, les gosses qui jouent au ballon, les voisins qui s'engueulent. La Havane sans les grappes de touristes.

Une autre rue très fréquentée, la calle Mercaderes avec ses bars, ses pizzeria, et ses boutiques conduit à la Plaza Viaja (1559).

C'était la place des exécutions, des processions, des fêtes et des corridas auxquelles assistaient les familles riches de leurs balcons.

A l'angle de la calle Brasil et Mercaderes le bâtiment jaune Gomez Vila avec sur son toit la Camera Obscura (invention de Leonard de Vinci) qui permet grâce à un procédé de réfraction de voir le vieil Havane à 360 °.

Sur la place une  fontaine en marbre, une fleur stylisée, et la statue de bronze d'un coq chevauché par une femme nue armée d'une fourchette. Selon l'artiste cubain Roberto Fabelo qui l'a réalisée le coq représenterait la virilité, el "macho" en langage populaire, montée par une femme nue qui le domine, symbole du pouvoir féminin et de qui tient réellement les rênes.

La place est entourée de galeries d'art, dont une dédiée aux bandes dessinées, de bars et de restaurants dont la majorité ont des musiciens qui jouent en live, installés dans les palais ayant appartenus à des familles de la noblesse ou de l'aristocratie:  le palais de Cueto, le palais des comtes de Jaruco. On y trouve un restaurant bar qui a sa propre brasserie : La Fábrica de Maltas et Cervezas

La Taberna de la Muralla semble avoir mauvaise réputation au niveau de l'honnêteté. sur de nombreux forums.

Pour terminer la journée, Adrian propose la visite improvisée de la basilique Jesus de Miramar(1948/1953).

Miramar est la quartier huppé de la Havane où se situent la plupart des ambassades et les sièges de grosses sociétés internationales. C'est aussi le quartier des Cubains aisés, dont certains ont bénéficié de la réquisition et de la redistribution des biens.

La basilique est immense, relativement bien décorée. On aperçoit à différents endroits les symboles de la franc-maçonnerie, comme dans l'église de Remedios, ce qui laisse supposer que culte et sociétés secrètes étaient liés. Elle possède un buffet d'orgues, le plus imposant de l'île, malheureusement en mauvais état.

Bien qu'élégante cette basilique et son quartier ne présentent pas un grand intérêt. On visite tellement d'églises à Cuba !

Retour à la Havane, en passant la Calle Cuchillo et le Castillo de la Estación de Policía de La Habana Vieja installé dans l'ancien bastion San Telmo (1708) reconstruit en 1939. Devenu depuis la révolution le siège de la Policia Nacional Revolucionaria. On imagine aisément ce qui a pu se passer entre ses murs !

  1. Puce Dîner au Van Van calle San José de Dios  prix abordables (4 à 8 cuc) bon orchestre de filles , un peu bruyant. Meilleures tables, près des fenêtres.

  2. Puce Nuit à La Havane


Day 04 La Havane - Soroa - Viñales

Départ à 09h00

Nous faisons la connaissance de Papito, le chauffeur qui nous accompagnera pendant tout notre circuit. Un homme posé, gentil, souriant,respectueux, toujours de bonne humeur.

Nous prenons l'Autoroute (autopista) sur laquelle les voitures roulent entre 90 et 100 km/h. Les véhicules sont rares: des camions transformés en bus, des bus locaux et des bus de tourisme, quelques grosses cylindrées appartenant à des familles aisées et à la middle class cubaines. Nombreux contrôles policiers.

Nous prenons ensuite une petite route de campagne pour aller à Soroa. La route est jalonnée de casa particular, et de villas à louer pour vacanciers. Les paysans de la région ont trouvé comment tirer profit du tourisme.

Nous croisons de nombreux adeptes du tourisme sportif: randonneurs, cyclistes qui sillonnent la région.

Visite improvisée aux chutes de Soroa. Ce n'était pas prévu dans notre programme, nous souhaitions faire des petites randonnées sur des chemins d'observation d'oiseaux. Nous l'avions indiqué à l'agence. Adrian ne connait pas ces sentiers d'observation ou il faut commencer la journée plus tôt, ce qui n'est pas prévu dans les horaires légaux.

Pour ceux qui ont déjà visité des chutes d'eau à travers le monde, celle de Soroa est sans intérêt: ni abondante, ni spectaculaire.

Une succession de cascades de petites amplitudes, dans un cadre forestier. Nous en avons des dizaines de ce type dans notre région. Cela ne vaut ni le détour ni le prix d'entrée qui est de 6 CUC par personne.

Par malchance, Nadia glisse sur un rocher recouvert de mousse. Fracture du radius et du cubitus à la hauteur du poignet. Grâce à l'aide de Michel un habitant du coin, nous allons à l'hôpital de San Cristobal. Radios, réduction de fracture, plâtre. Nous avons apprécié la qualité du service médical cubain, efficace et rapide, vraiment à la hauteur.

  1. Puce Déjeuner dans un restaurant local, à prix doux. Nous offrons le repas pour remercier du soutien lors de l'accident.

Après un déjeuner tardif, Adrian propose une visite improvisée du jardin des orchidées de Soroa (orchideario). Même remarque que pour la cascade:  pour ceux qui ont vu des jardins d'orchidées en Asie (Thailande, Vietnam, Sri Lanka) c'est sans intérêt et cher (3 CUC par personne + 1 CUC pour l'appareil photo). Une mini serre abrite 5 ou 6 orchidées qui n'ont rien d'original. La variété de la flore du jardin est pauvre.

Nous allons ensuite vers un point de vue appelé le Château des nuages (Castillo de las Nubes), un restaurant dont la terrasse offre un point de vue, sans intérêt comparé aux points de vue que nous découvrirons le jour suivant. Journée assez décevante.

  1. Puce Dîner au Cocinita del Medio, calle Salavador Cisneros n° 122 e/celso Maragoto y Aadela Azouy. Un restaurant beau, moderne, propre, avec une carte variée et des prix très agréables( 3 à 7 CUC). Un plat complet avec viande, purée de manioc, congri, et légumes frais 6,50 à 8,00 CUC. Adelaine est accueillante et très attentionnée.

A l'angle de la calle Cisneros et calle Adela Azcuy, une pâtisserie qui vend des glaces et de délicieux milk shake aux fruits ou au yaourt (batido)1 CUC

  1. Puce Nuit à Viñalès

Villa Tito y Yanet  Calle Adela Azcuy 18, e/ Escobar y Gerasio- Vinales 22400, Cuba  +53 48793199  yainet.duarte79@gmail.com


Day 05 Viñales - Las Terrazas - la Havane

Viñales et la région de Pinar del Rio ont été très éprouvés par l'ouragan Michael en octobre 2018.

Visite d'une plantation de tabac. Celle de Manolo - un paysan opportuniste à l'égo sur-développé qui parle français, avec un étalage de bijoux en or... Il surf sur le tourisme en proposant de nombreuses activités lucratives: ventes de cigares, d'objets artisanaux, visites, randonnées équestres etc...

Si le côté excentrique de Manolo nous a quelques peu dérangé, c'est la plus belle plantation de tabac qu'il nous a été donné de voir comparée à celles que nous avons vues en Afrique et en Asie. Les plants de tabacs sont ici magnifiques.

Le semis se fait en septembre. Le repiquage des jeunes plants en décembre. La pousse dure trois mois jusqu'en février. 15 jours avant la récolte on coupe les fleurs, pour récupérer les graines pour la saison suivante.

L'état exige 90% des récoltes. 10% sont laissés aux paysans qui en font ce qu'ils veulent. Sachant que les premières feuilles (les plus hautes et les plus exposées au soleil) sont obligatoirement destinées à l'état pour fabriquer entre autres les Cohiba, les meilleurs cigares, les plus corsés et les plus chers.

Les feuilles de la partie moyenne sont destinées à faire les cigares moyens, plus doux: Montecristo, Partagas. Les feuilles du bas, les moins exposées sont destinées à la fabrication des cigares doux et peu chers : les Romeo y Juliet, les cigares du peuple, non bagués.

Une fois coupées les feuilles sont mises dans des séchoirs, avant d'être conditionnées pour faire les cigares. Celles destinées à l'état vont dans des usines de l'état.

Lorsque les paysans fabriquent les cigares avec le 10% que l'état leur laisse, ils travaillent le feuilles en les faisant macérer dans de l'eau à laquelle ils ajoutent du miel, de la vanille, du citron et du rhum. Chaque famille a ses proportions et son mélange secret.

Pour la petite histoire : le Cohiba était au départ un cigare fabriqué par les torcedores pour leur propre consommation. Le chef de la sécurité de Castro (Bienvenido Perez) lui en a offert un fabriqué par un de ses amis (Eduardo Riviera).  Castro l'a trouvé exceptionnel et lui a demandé d'en fabriquer pour lui et ses amis. C'est Celia Sanchez, assistante de Castro, qui lui a donné le nom de Cohiba en référence au tabac que fumaient les indiens Taïnos. La particularité de ce cigare tient aux différentes feuilles qui le compose et à une troisième fermentation en tonneaux, qui affine l’arôme et a pour but d’éliminer les produits nitrés ainsi que les excès de goudron.

Ce qui fait la différence des plantations de Vinales: la terre rouge, qui participe à la singularité des paysages de la vallée de Viñales, est très fertile. Le climat est aussi particulièrement propice à la culture du tabac, avec pendant la saison sèche (période à laquelle le tabac est cultivé) de très faibles précipitations (<50mm par mois) et un climat doux (23°C en moyenne).

A Viñales, les techniques agricoles traditionnelles sont toujours d'actualité et tout ou presque est fait à la main, de l’ensemencement à la récolte, sans produits chimiques. Les paysans utilisent des outils agricoles tractés par des boeufs.

Les "guarijos " (paysans) de la région entretiennent le savoir-faire ancestral. Il en va de même pour la fabrication des cigares, toujours à la main, même dans les usines.

Le chercheur en biodiversité Humberto Rios Labrada a reçu en 2010 le Goldman Environmental Prize  pour ses études sur les semences. Ses travaux réalisés avec 25 fermiers de La Palma ont convaincu 50,000 Cubains d'élaborer des méthodes de rendement totalement écolos. Les engrais sont faits à partir de composts et de résidus de plantes et les insecticides à partir de macération de tabacs.

Une liqueurs typique du coin que nous n'avons pas eu la chance de tester:  Guayabitas del Pinar. Mélange de rhum et de goyave.

Nous partons ensuite à la recherche d'un site que nous avons prévu de visiter : los Aquaticos.

Une communauté particulière qui vit à flanc de montagne. Le guide ne connait pas cette visite et les gens de la région semblent mal la connaitre. Nous avons entendu de nombreuses versions sur la façon d'y accéder. Toutes sont  fausses.

Cette visite permet d'accéder à une partie de la région très photogénique en terme de paysages, au milieu des mogotes (collines calcaires).

Nous apercevons le Mural de la Prehistoria, sans intérêt. Une fresque peinte sur un mogote par Leovigildo Gonzales Morillo à la demande de Castro censée représenter l'évolution de l'homme à Cuba. On peut le voir nettement de la route, inutile de payer les 3 CUC d'entrée pour s'en approcher.

Dans le virage qui précède le Mural de la Prehistoria, une route se dirige vers la valle de la Penitencia, et le mirador Bella Vista. Charmant petit café qui surplombe la vallée et permet d'avoir une belle vue sur la région.

Pour aller à los Aquaticos, les gens évoquent un sentier difficile d'accès qui demande d'avoir ses deux bras pour se tenir à la végétation. L'ascension se révèlerait périlleuse avec un bras cassé, disent ils...

Je pars donc seul à pieds avec Adrian. Nous abandonnons le véhicule, Nadia et le chauffeur près d'un petit pont que le chauffeur n'a pas osé traverser, alors que d'autres véhicules plus imposants le traversent.

Nous passons devant un petit restaurant: cafetaria el Ceiba. Au fur et à mesure que nous progressons je me rends compte que le chemin est très praticable, que certains y passent même avec des chevaux.

La randonnée est facile et agréable, les points de vues spectaculaires. Je vois mon premier oiseau cubain: le todier de Cuba. Trop vite.

Nous atteignons la fameuse maison bleue désignée comme ce qui reste de la communauté Los Aquaticos. Elle est tenue par Milagros Rodriguez.

La famille vit de la culture du café, de la canne, et de vente de produits - café et jus de canne à sucre (guarapo) aux touristes.

La fondatrice du mouvement s'appelait Antoñica Izquierdo. Elle a créé la communauté en 1943, suite à un certains nombre de guérisons inexpliquées dont elle serait à l'origine après avoir utilisé l'eau de la montagne. Les paysans de la régions vivant dans des conditions rudes et extrêmement pauvres, auraient vu en elle une chaman qui a fini par prendre une certaine ascendance sur eux.
Elle a fondé la communauté sur la base de certaines règles de vie comme refuser toute aide médicale et entretenir la santé grâce à l'eau de la montagne, qui aurait à cet endroit des vertus curatives. Refuser d'avoir une pièce d'identité, refuser de participer aux élections et de voter pour n'importe quel candidat, ce qui lui a valu d'être enfermée en hôpital psychiatrique où elle est morte.

Selon certains la communauté serait réduite à 2 familles, selon Milagros, il y aurait encore une centaine de membres de la communauté répartis dans la vallée. Ils ne pratiquent plus les règles politiques (incivisme), et se contentent d'avoir recours à l'eau de la montagne. La communauté ne pratique plus de soins avec l'eau sur des personnes extérieures à la communauté.

Mythe ou réalité, difficile de faire la part des choses. Cette communauté a existé, mais qu'en reste pour justifier une visite, en dehors de l'attraction touristique ?

En descendant, nous croisons plusieurs groupes de touristes qui viennent voir Milagros, ce qui confirme que c'est un lieu connu et accessible, puisque des agences y organisent des excursions. Serait ce devenu une activité " bidon" ?

Des hôtels, des paysans et une agence de Viñales organisent des visites de los aquaticos pour 10 CUC par personne. Alors qu'il est simple et gratuit d'y aller si on a un chauffeur. A Cuba tout se vend, même une marche dans les bois !

En quittant cette charmante région, vers 13h30, alors que nous roulions tranquillement sur la route, nous sommes mitraillés par des projectiles. Le chauffeur s'arrête brusquement.

A l'extérieur des gens hurlent disant que la police vient d'arriver et cherche qui tire sur les passant avec une carabine, en montrant la montagne. Nous repartons rapidement.

Nous apprendrons sur internet quelques heures plus tard qu'une pluie de météorites s'est abattue sur la région à ce moment là. L'impact des particules d'étoiles sur la route faisait éclater les gravillons qui percutaient la carrosserie et s'introduisaient dans l'habitacle par les fenêtres ouvertes.

  1. Puce Arrêt déjeuner dans une station service sandwich jambon - fromage (bochadillo ou bocadito)

Adrian nous invite à réduire nos arrêts car il souhaite arriver à la Havane avant 17h.

Arrêt à Las Terrazas, un site éco-solidaire sans intérêt. Si le cadre est agréable : hôtel de luxe, petit lac, site d'accro-branche, une communauté dite écolo/développement durable/ etc... aux objectifs assez flous. Un endroit qui ne vaut pas le détour. Juste bien pour une sortie familiale dominicale. Un attrape-touriste supplémentaire ? Entrée payante bien sûr 1 CUC /pax.

  1. Puce Dîner de survie (rations déshydratées). Il n'y a pas de restaurant à prix correct à proximité.

  2. Puce Nuit à la Havane

la Casa de Concordia   Calle Concordia 421, e/ Escobar y Gervasio | Centro Habana, La Havane 10200, Cuba Accueil Alejandro (owner) Geiler le soir,  Marcos le lendemain

Une casa très excentrée, assez éloignée du centre et des restaurants bons marchés. celui qui est en face a reçu Obama, il n'y a pas très longtemps.


Day 06 La Havane - Matenzas

Départ à 09h00 par une autopista.

Arrêt au Mirador de Bacunayagua. Vue sur toute la vallée et sur le pont (1956/1959) qui enjambe la vallée de Yumuri.

Un groupe de musiciens - Sonora Jibacoa - joue de belles balades traditionnelles. Une musique chaloupée qui donne envie d'esquisser quelques pas. Cela change des groupes assourdissants des restaurants de la Havane qui déversent la salsa comme une diarrhée.

Arrivés à Matenzas, nous visitons l'Ermita de Montserra (1875) construit en hommage à un monastère portant le même nom en Catalogne. De cet endroit nous avons une vue sur toute la ville et la baie de Matanzas.

  1. Puce Adrian propose de déjeuner chez un paysan des environs.

Nous nous attendions à déjeuner avec une famille. En réalité il s'agit d'un paysan qui fait restaurant et zoo pour profiter du tourisme (12 CUC par personne, 24 CUC pour deux, le repas le plus cher que nous avons fait à Cuba). On y trouve un aigle, des ratons laveurs, des biches, dans des cages exigues.

Le repas traditionnel est varié, complet et savoureux, mais il est servi sous une tonnelle, pendant que le chauffeur et la famille du paysan déjeunent à l'intérieur de la maison. Cela aurait été plus authentique et plus instructif si nous avions pu assister ou participer à la préparation du repas et si la famille avait pris le repas avec nous. Cela nous aurait permis d'échanger et de découvrir leur mode de vie, leur histoire, leurs préoccupations.

Après le repas, visite improvisée du centre de Matanzas:

La plaza de la Vigia, non loin du Puente Calixto Garcia, énorme pont d'acier qui enjambe le Rio San Juan.

La place dispose de beaux bâtiments comme le Teatro Sauto, le Palacio de Justicia, le Palacio del Junco (musée) sans oublier la caserne des Bomberos (pompiers) qui abrite quelques antiquités de la lutte contre le feu.

Nous poursuivons sur la rive du Rio calle 97 où se trouve de nombreuses galeries d'artistes, une école de musique réputée. Les Matanzais aiment venir se promener sur cette rivet et prendre une v collation ou un verre.

Matanzas est connue comme étant le berceau de poètes, d'écrivains, de musiciens.

Le parque de la Libertad avec l'omniprésente statue de Jose Marti, avec à ses pieds une statue grandeur nature d'une femme à moitié nue portant un bonnet phrygien, symbole de la liberté utilisé par les Français lors de leur révolution.

Il est 16h00 nous avons temps libre. Le parque est entouré d'hôtels, de restaurants (Velasco, Louvre, San Severino, Libertad ), de café théâtre (El Portazo), de musée(famarcia Triolet - entrée payante), de palais gouvernemental.

Nous prenons plaisir à découvrir les ambiances de rue:  la boulangerie Cadena Cubana del Pan qui embaume tout le quartier de l'odeur de pain chaud, ou encore, comme dans tous les parcs cubains, cette foule de tout âge en addiction au smartphone, en train d'envoyer et recevoir des SMS ou de converser avec un ami ou parent éloigné via Skype ou Whatsapp. Une procession traverse en musique la place de la Vigia, peut être en lien avec la santeria vu les vêtements et les tambours.

  1. Puce Nous dînons chez Alejandro. Agréable soirée passé en famille autour d'un délicieux repas préparé par sa belle mère.

Le soir, Adrian nous a réservé une surprise: un spectacle de Café Théâtre donné par un groupe de comédiens qu'il connait: CCPC. Mélange de comédiens, de comédiennes, de drag queen et de transformistes pour une oeuvre contestataire sans équivoque. Un spectacle de haut niveau, plein d'émotions, sur des thèmes qui préoccupent la jeunesse cubaine. Surprenant dans un pays où la parole ne semble pas encore réellement libérée.

  1. Puce Nuit à Matanzas

Hostal Sueños  Calle Rio (91) # 29007 e / Santa Teresa (290) y Zaragoza(292) - 40100 Matanzas (Cuba) owner Noël y Marie  noelfajardo77@gmail.com


Day 07  Matenzas - Cárdenas - San Miguel de los Baños - Santa Clara

Départ 09h00. Visite de la ville de Cárdenas (San Juan de Díos de Cárdenas).

Une petite ville bien paisible oubliée des touristes, à une enjambée de Varadero. Comme à Matanzas un partie de sa population serait des employés des hôtels de Varadero.

ll y a plus de calèches que de voitures. C'est le mode de transport habituel.

C'est ici qu'a été levé pour la première fois le drapeau cubain créé par Naciso Lopez, un Venezuélien. Elle a été le siège de combats pour tenter de libérer l'île du joug espagnol.

Au début du 20ème elle était un des principaux ports d'exportation de sucre.

Ici est né Jose Antonio Echeverria, leader révolutionnaire assassiné le 13 mars 1957 par les hommes de Batista.

C'est aussi d'ici qu'est originaire Elian Gonzalez un enfant de 6 ans dont la mère a perdu la vie en tentant de fuir vers les Etats Unis en 1999. Il a survécu en flottant sur une chambre à air. Récupéré par la flotte américaine, sa famille émigrée aux Etats Unis a voulu le garder alors que son père resté à Cuba le réclamait. Elian est devenu l'enjeu d'un bras de fer entre les USA et Cuba. Il a finalement été rendu à son père en 2000.

Visite improvisée en temps libre du charmant parque Colón avec ses calèches, la cathédrale de l'immaculée conception devant laquelle trône la première statue de Christoph Colomb de l'île.

Les rues avoisinantes sont colorées, comme en témoigne la caserne des pompiers.

Route pour San Miguel de los Baños. Une ville fantôme qui a connu son heure de gloire au début du 20ème siècle lorsque des curistes fortunés venaient s'y faire soigner.

Ses eaux médicinales (bicarbonate, sulfide, magnesium, silicate) étaient de véritables panacées contre les maladies du foie, des voies digestives et urinaires, le diabète, l'arthrite. Les traitements de boue pouvaient alléger les douleurs ostéo-musculaires, ostéo-arthritique, les maladies dégénératives et l'arthrite post-traumatique .

On y trouvait : Hôtels et villas de luxe, Farmacia, Cinema, piscine, promenades à cheval, une piste d'atterrissage, un bureau de poste, un central téléphonique, des arrêts d'autocars menant à Matanzas et La Habana ... jusqu'au jour où, un peu avant la révolution, la centrale sucrière se mit à polluer le cours d'eau qui alimentait toute cette richesse.

Le Gran Hotel y Baleario flanqué de ses tours à coupoles est en ruine et interdit à la visite.

Le seul charme de la ville sont les maisons en bois dans le style colonial que l'on trouve en Louisiane, en Martinique, en Guadeloupe, mais aussi sur l'île de la Réunion. Nous ne sommes pas convaincu que cela soit une étape intéressante.

Route de campagne pour Santa Clara. Un peu avant Jagüey Grande, nous quittons les champs de canne à sucre pour découvrir un immense décor d'arbres fruitiers. La région est spécialisée dans les agrumes, oranges, citrons, pamplemousses, 40 000 hectares sous la supervision d'Israéliens !

Arrêt dans une échoppe pour goûter des biscuits faits maison à la pâte de goyave, acheter des fruits et assister à une course poursuite entre la police et une voiture américaine.

Nous quittons les agréables petites routes de campagne pour retrouver l'autopista...  Ah ces autoroutes ! Rapides, mais oh combien ennuyeux.

  1. Puce Déjeuner au Km143 au restaurant d'autoroute Los Martinez. Des plats de viandes et de légumes copieux pour 3,00 CUC.

Arrivée tardive à Santa Clara.

N'ayant pas d'affinité pour Ernesto Guevara, médecin argentin de famille bourgeoise qui a développé un idéal révolutionnaire marxiste extrémiste en tentant de le disséminer dans plusieurs pays d'Amérique latine et d'Afrique, nous avons décliné toutes les visites le concernant.

S'il s'avère qu'il est parfois nécessaire de passer par une révolution, sa personnalité provocatrice, extrémiste, parfois totalitaire et sanguinaire ne nous intéresse pas. Directeur de prison, de camps de rééducation, procureur de tribunal révolutionnaire, chef d'unités spéciales, il est a l'origine de nombreuses exécutions, pas toujours justifiées.

Etape obligée sur la route de l'Est, nous n'avons pas été séduit par Santa Clara.

Même le parque Leoncio Vidal n'est pas intéressant comparé à des nombreuses autres places que nous avons visitées à Cuba. La partie ombragée est investie comme partout par les adeptes du smartphone. Des charrettes tirées par des chèvres géantes promènent les enfants.

L'horrible hôtel Santa Clara Libre avec sa façade verte criblée d'éclats de roquettes ou de balles(1958), le théâtre, le palais provincial avec ses colonnes doriques, la station de radio Emisora Radial, les différents bars et restaurants où jouent quelques orchestres pendant que des passants esquissent un pas de rumba ne suffisent pas à donner du charme au centre ville.

Les seuls charmes que nous lui avons trouvé sont des espaces d'art et de paix, où l'on parle d'autre chose que de guerre et de révolution ou sous une autre forme:

  1. -l'histoire de la philanthrope Marta Abreu (1845-1909) qui a fait beaucoup pour le peuple de la région et pour l'indépendance: lavoirs, centrale électrique, rénovation du théâtre, bibliothèques, dispensaires etc..,

  2. -Les murs peints de la rue Cespedes et rue Placido, à 50 m de la place Vidal et ceux de la calle Marta Abreu.

  3. -Le centre culturel "El Mejunje" structure qui accueille un large public depuis les années 1990. Tout le monde y est bienvenu, hétéros, gay et lesbiennes, locaux ou étrangers. On peut y entendre aussi bien de la "trova " que des reprises de chansons connues, interprétées par des vedettes du transformisme, ou des concerts reprenant les succès des Beatles

  4. Puce Dîner dans une gargote très bon marché juste à côté de El Mejunje. 2,50 CUC le plat de pâtes con queso

  5. Puce Nuit à Santa Clara

Hostal Casa de Pino  Calle San Miguel No. 14  e/ Cuba y Colon, Santa Clara 50100, qui ne respecte pas la réservation et nous reloge sans prévenir à l'Hostal la Casona Jover  Calle San Miguel No. 14  e/ Cuba y Colon, Santa Clara 50100, Cuba


Day 08   Santa Clara - Remedios - Caibarién - Camajouani - Santa Clara

Départ à 09h00. Etant arrivés tard la veille, le guide dit que nous terminerons les visites de Santa Clara cette après midi, parce qu'à Remedios "il n'y a pas grand chose à voir". C'est devenu sujet à plaisanter lorsque nous allions dans des endroits qu'il ne connaissait pas.

Avant de prendre une petite route de campagne, arrêt pour photographier le stade de base ball de Santa Clara. Nous découvrons que le base ball est un sport national comme aux Etats Unis.

Pour un pays qui prétend détester les Américains il y a beaucoup de paradoxes: le base ball, le CUC indexé sur le dollar, les prix suivis d'un $ au lieu de CUC, les millions de touristes américains qui viennent chercher un peu d'exotisme.

La route que nous prenons traverse une région agricole où les légumes sont rois. Nous nous arrêtons un peu avant Camajouani pour rencontrer des paysans au travail.

Ils cultivent du tabac, des haricots noirs, rouges, blancs, des patates douces, des ignames, des tomates vertes, des aubergines, des poivrons, des goyaves, des ananas, des bananes, des papayes. Magdiel est fier de montrer ce qu'il produit et ce qu'il vend dans sa boutique de bord de route.

Dans les champs nous rencontrons Juan Miguel que ses voisins surnomment "el macho". Pas de machine, pas de tracteur. Tout ce fait soit avec une charrue tirée par des boeufs, soit à la main. Il est en train de couper les feuilles de patates douces. Un peu plus loin un autre paysan plante les tiges de patates douces coupées. A notre grande surprise, la reproduction se fait par bouturage.

Lorsque nous arrivons à Remedios, notre première impression est la sérénité. Les gens sont paisibles et accueillants. Adrian qui ne connaissait pas découvre en même temps que nous. Comment pouvait-il dire qu'il n'y avait pas grand chose à voir !

Remedios est une petite ville peu visitée par les touristes. Incendiée, puis reconstruite en 1692, elle a été désertée par une partie de ses habitants qui fuyaient des démons et sont allés fonder Santa Clara.

Sa réputation tient au carnaval et à la fête qui se tiennent à Noël chaque année : las Parrandas. La ville se divise en deux clans et chaque partie entre en compétition pour se faire élire meilleur char, meilleur défilé. Fête qui se termine par un gigantesque feu d'artifice.

Papito nous dépose un peu avant d'arriver sur la place, pour parcourir les ruelles.

C'est l'occasion de découvrir comment vivent les gens: comme les cordonniers Neander y Marcello. Leur atelier nous rappelle ceux que nous avions en Europe dans les années 50/70 et que nous  rencontrons encore en Asie où des artisans habiles transformaient des vieilles chaussures en chaussures pratiquement neuves. La farmacia est bondée de clients, et le marchand de glace n'arrête pas de servir ses cornets. De très belles voitures de collection sillonnent les rues, au milieu des charrettes attelées et des bici taxi.

Arrivés sur la plaza Marti, nous apprécions la beauté de la place. Un Kiosque à musique, quelques arbres et comme toutes les places cubaines, elle est entourée de beaux bâtiments avec des façades coloniales dans les tons pastels. 

Un habitant nous presse d'aller visiter l'église parce qu'elle va fermer. Remedios est la seule ville à avoir deux églises sur sa place.

Nous visitons l'iglésia Parroquial Mayor de San Juan Bautista de Remedios. Construite en 1692, elle a été endommagée par un tremblement de terre en 1939. Un riche fidèle a financé le chantier de restauration. Marta qui parle un peu le français nous sert de guide.

L'autel et le choeur de l'église sont sculptés dans le style mudéjar (nom donné aux musulmans d’Espagne devenus sujets des royaumes chrétiens après le XIᵉ siècle).

Tout le choeur de l'église est recouvert de feuilles d'or de 24 carats. Le plafond est en acajou et comporte des sculptures qui représentent des fleurs lorsqu'on regarde dans un sens et la tête du Christ lorsqu'on regarde dans un autre sens.

Nous découvrons des statues inédites: une vierge habillée de noir et pleurant : la vierge de la solitude, une vierge enceinte qui danse le flamenco, et la Virgen de la Caridad del Cobre, Patronne de Cuba et de tous les Cubains, que l'on retrouve un peu partout avec sa légende. Elle aurait été trouvée flottant sur les eaux par trois hommes, pêcheurs ou esclaves selon les versions.

Sur certains meubles, on observe des signes distinctifs de la franc-maçonnerie.

Sur la place se trouve l'église de la Virgen del Buen Viaje, fermée pour travaux. Le museo de la Música Alejandro Garcia Caturla, ancien homme de loi passionné de musique qui devint un célèbre compositeur. Un des rares aristocrate marié à une femme noire, ce qui était très mal vu à l'époque, Il a été assassiné en 1940 pour avoir voulu faire condamner un policier qui avait tué une prostituée.

Le museo de las Parrandas où l'on peut voir les restes de certains chars du défilé.

La statue de la Liberté, de nouveau une femme avec un bonnet phrygien.

Il y a aussi de très beaux hôtels avec mobilier d'époque comme El Real, hotel E Bausa, hotel Mascotte, hotel Buen Viaje avec son joli patio et des restaurants un peu chers comme El Louvre.

  1. Puce Déjeuner au Driver's Bar calle José Peña, derrière l'église. Un très bon restaurant local à prix doux pour des plats copieux et frais. (Viande + congri + salade de légumes + eau = 2,50/3,00 CUC)

La calle José Peña est une rue où pratiquement toutes les maisons sont des casa particular.

Avant de quitter Remedios, nous tentons de visiter une fabrique de cigares. Comme partout ailleurs, il est interdit d'approcher les travailleurs et de prendre des photos. Par contre on nous indique que l'on peut regarder par les fenêtres qui donnent dans la rue et prendre des photos à condition de ne pas dépasser les barreaux des fenêtres.

Une cinquantaine d'employés roulent des cigares à longueur de journée. Pour éviter l'ennui et la routine, une lectrice assise à un pupitre devant un micro lit un roman. Chaque employé fait environ 100 cigares par jour du Lundi au Vendredi et gagne environ 300 pesos par quinzaine (12 CUC) soit 1,13 € par jour.  1,13 € pour cent cigares qui sont vendus pour certains entre 15 et 20 € pièce, il y aurait de quoi faire la revolución ! 

Nous souhaitons voir une ville côtière non touristique et son petit port de pêche.

Nous faisons route pour Caibarién.

Même impression qu'à San Miguel de los Baños, une ville fantôme, déserte.

Ni le guide ni le chauffeur ne connaissent cette vile. Soit nous ne sommes pas allés au bon endroit soit il s'est passé quelque chose, mais rien ne correspond à ce qui est écrit sur "la ville blanche " réputée pour son carnaval, son port de commerce, ses plages de rêve dans les différents guides.

Des immeubles délabrés, en ruines, des rues sans vie. Adrian passe une heure à parler avec Christobal et Marien : beaucoup pensent que la ville est dans cet état à cause de l'ouragan Irma qui la touchée en septembre 2017. Mais les habitants ne sont pas d'accords.

La ville n'a jamais reçu d'aide de l'état pour entretenir et restaurer les habitations, comme elle le fait dans d'autres districts. Les gens se sentent abandonnés par le système, ils pensent qu'Irma a bon dos.

Pendant ce temps, Nadia discute avec Camila Gonzales, une vielle dame qui prend beaucoup de plaisir à ce que l'on s'intéresse à elle.

Plus surprenant encore, lorsque nous demandons à voir le port, Adrian et Papito semblent incapables de le trouver, les habitants semblent ne pas savoir expliquer par où aller pour voir le port. Hallucinant, il y a un port mais personne ne sait où il est !

Retour à Santa Clara, avec un arrêt à Camajouani. Jolie petite ville. En parcourant les rues, nous rencontrons une famille qui fait des beignets dans la rue. Elle nous en offre un pour goûter: Buñuelos de Yuca, délicieux beignets de manioc. Nous en achetons pour nous, Adrian et Papito. Ils trouvent cela tellement bon que nous nous arrêtons pour en acheter d'autres. Nous ne devons pas être les seuls à aimer, il y a une file d'attente devant le stand.

Arrivée en fin d'après midi à Santa Clara, pour aller voir les mûrs peints (murales) près du mausolée de Guevara. Ici encore, personne ne connait, ni Adrian, ni Papito, ni les gens du coin.

Nous avons pas mal cherché avant de trouver ces fresques de la rue Marta Abreu, entre Vidaureta et Carlos Pichardo, où des artistes expriment leur façon de voir la guerre, la paix, les rapports avec les USA.

  1. Puce Dîner au El Alba angle Masceo et Pardo, à 50 mètres de parque Vidal. Bonne cuisine cubaine (2,50 à 6 cuc).

  2. Puce Nuit à Santa Clara


Day 09   Santa Clara - Sancti Spiritus

Départ 09h Nous prenons l'autopista. L'inconvénient de ce genre de voyage est que dès qu'il y a une autoroute, les chauffeurs en raffolent. C'est plus rapide, plus confortable pour eux. Cela nous prive du contact avec les villages et les gens qui y vivent.

Lorsqu'il y a des autoroutes, on finit par ne se déplacer que d'étape en étape, de ville en ville, en occultant toute la vie rurale d'un pays. On passe d'une place Marti à une autre place Marti, d'une église Notre Dame Ceci à une église Notre Dame Cela. Voyage qui finit par ressembler à ceux que font les groupes de touristes dans les gros bus ou les "backpackers" dans les camions transformés en transport public.

Arrivée tôt à Sancti Spiritus. Une ville qui transpire l'authenticité, bien agréable après Santa Clara. Tout le centre ville a été réhabilité pour fêter son 500ème anniversaire en 2014.

Cette fois le parque central s'appelle Serafin Sanchez. Il est entouré d'immeubles colorés: le Cine Conrado Benitez, le museo Provincial, l'hôtel Plaza, la Biblioteca Provincial Ruben Martinez Villena avec son dôme et une coupole remarquable. De son balcon on a une vue sur la place, sur la ville et sur l'arrière pays.

Sous les arcades bleues de la Casa Cultura Osvaldo Mursulí je rencontre Nelson Wencelao Garcias Perez, un artiste spécialiste des miniatures. Il peint des paysages et des scènes champêtres sur des petits cailloux, d'une grande finesse avec des détails inimaginables(20 à 30 CUC).

A cet endroit se trouve le départ des bus qui sillonnent la région. Lorsqu'on voit qu'ils sont déjà pleins et le nombre de passagers qui veulent monter à bord et ceux qui ne peuvent pas parce qu'il n'y a plus de place, on se dit que c'est bien d'avoir une voiture.

Nous visitons le bulvar (calle independencia Sur), rue piétonne et commerçante très fréquentée qui se termine devant le grand bâtiment de la colonia Espagnol. Pharmacies, supermarchés, magasins de vêtements bons marchés, de meubles, d'électro-ménager, boutiques de souvenirs, restaurants galeries d'art, se succèdent tout au long du bulvar.

Deux statues de bronze, celle d'un homme qui donne l'heure et celle d'un artiste peintre animent la rue. Nous faisons la connaissance de Laurenzo Gonzales, un vieux cubain très accueillant.

Nouvelle file d'attente devant un supermarché. Il y avait une pénurie de poulet. Le magasin vient d'être livré. Les gens se précipitent pour en acheter. Ils ne peuvent qu'entrer un par un, les rations étant comptées de façon à ce que les gens n'achètent pas plus que ce à quoi ils ont droit afin d'éviter le commerce illégal. La pénurie a toujours été le moteur des opportunismes, des illégalités tant dans le capitalisme que dans le socialisme.

Pour moi la pénurie créée et entretenue(spéculation) est le fer de lance des inégalités sociales, le carburant des guerres civiles.

Vient la rue Honorato et son marchand de churos, puis la place Honorato, qui était la place où avait lieu les exécutions par pendaison, avant d'être un marché alimentaire puis une place publique.

L'iglesia Parroquial Mayor del Espiritu Santo: bâtie en bois, puis reconstruite en pierre en 1680, elle serait une des plus anciennes églises du pays. On y trouve une vierge enceinte qui danse, mieux encore une chapelle avec un Christ assis apparemment très fatigué. Sa chevelure est faite de vrais cheveux humains.

On peut monter dans son clocher (1 CUC) pour avoir une vue sur la ville et les environs. Le mécanisme de l'horloge a été fabriqué par un Français.

On s'aperçoit que la majorités des rues anciennes sont coudées. C'était une stratégie pour se protéger des pirates. Cela permettait de créer des get-apens, l'ennemi ne sachant jamais ce qui l'attend  après un virage.

Déjeuner au Café Real, calle Honorato. Des plats copieux, frais, et peu chers. Fajita de  polo ( 2,80 CUC) .

Nous rencontrons Joel un guide cubain parlant français qui travaille sur la partie Est du pays. Il est accompagné d'amies: Zeydi, Leydi y Kenia

Après le repas, nous visitons une épicerie traditionnelle cubaine, devant laquelle une foule fait la queue. Il n'y a que des boites de tomates sur chaque rayon, de la même marque , une bouteille d'huile sur chaque rayon de la même marque. Par contre la partie du magasin où se trouve l'alcool semble mieux achalandée.

Nous descendons la calle Maximo Gomez, passons devant le Museo de Arte Colonial, avec sa façade typique, passons devant le Teatro Principal(1876) avec sa façade bleue.

Dans ce quartier se trouvent les plus vielles rues pavées de la ville, avec leurs jarres en terre, et des maisons basses: calle Guairo, calle San Miguel, calle LLiano, Calle Padre  Quintero, impression de faire un voyage dans le temps.

C'est aussi la quartier du Puente Yayabo (1815) joli pont de 5 arches qui enjambe le rio Yayabo.

A quelque mètres, la casa de la Guyabera (1 CUC /pax), chemise typique à 4 poches fabriquée dans la région pour les paysans.

Le musée prétend exposer des chemises ayant appartenu à Fidel Castro, Raoul Castro et un certains nombre de révolutionnaires, mais aussi à Hugo Chavez, à Danny Glover. Les chemises exposées semblent n'avoir jamais été portées, il est difficile de croire aux légendes. Lonely Planet parle d'un atelier où l'on pourrait assister à la fabrication des chemises, personne ne connait cet atelier !

Les chemises vendues ici sont 2 fois plus chères que dans les boutiques de la ville. (45 CUC VS 25 CUC)

Nous visitons l'entrée d'une école primaire, nous sommes surpris par son dépouillement.

En revenant à la casa particular nous avons la surprise d'assister à une cérémonie de Santeria dans la maison d'en face. Des hommes battent le tambour (omo bata), pendant qu'un autre chante des incantations que reprennent les fidèles habillés de blancs(novices) ou de tissu doré (initiés)qui dansent.

Une statue de la déesse Oshun couverte accompagnée d'un symbole phallique ressemblant au lingam hindou sont entourés d'offrandes.

Le maître de cérémonie nous invite à entrer, nous n'avons pas osé.

  1. Puce Dîner: Adrian improvise un repas chez l'habitant ! Nous faisons comme si nous préparions un repas dans la casa particular, à partir d'une énorme racine d'Igname et des poivrons verts qu'il a achetés à Camajouani. La famille restant en dehors de la préparation.  L'igname est difficile à éplucher, dès que sa chaire est à l'air elle devient gluante comme un poisson. Nous en débitons une partie en tranches que l'on fait frire, et une autre partie est bouillie et réduite en purée. C'était un peu léger. L'expérience pourrait être développée : une casa particular pourrait organiser un cours de cuisine cubaine où les clients participeraient à la préparation d'un plat typiquement cubain avec la maîtresse de maison. On pourrait même aller faire les couses avec la famille afin de découvrir la réalité domestique cubaine.

  2. Puce Nuit à Sancti Spiritus

Hostal Calle Real  Independencia 76 norte e/ Frank Paiz y Comandante Fajardo, Sancti Spiritus 60100, Cuba - Camila apporte un peu de sourire et chaleur dans cette casa un peu terne


Day 10  Sancti Spiritus - Trinidad

Départ à 09h00 avant de quitter Sancti Spiritus, visite de l'Iglesia de Nuestra Señora de la Caridad, Parque Maceo.

Il était prévu de visiter la ville de Trinidad aujourd'hui et de faire le parc El Cubano le lendemain. J'avais tenté de supprimer cette visite de notre programme, mais Alejandro semblait beaucoup y tenir.

A moins qu'elles ne soient spectaculaires ou qu'elles débouchent sur quelque chose d'autre nous ne sommes pas fan de cascades et de randonnées en forêt.

Puisque c'est sur notre route, nous proposons de visiter la Valle de Los ingenios pour découvrir, à cette endroit, ce qui a participé à l'histoire de Cuba: les plantations de canne à sucre, les raffineries sucrières et les riches propriétaires qui vivaient dans des haciendas et se faisaient construire de fabuleux palais en ville, la traite des esclaves, les révoltes, les luttes pour l'indépendance, la révolution et la redistribution des terres: plus éloquent qu'une cascade...

Trinidad doit sa richesse à cette vallée, qui à l'époque comptait des dizaines de sucreries, à la fin du 19ème siècle. La vallée a beaucoup souffert des guerres d'indépendances. L'industrie sucrière s'est déplacée vers Matanzas.

Les premières fabriques de sucre étaient des trapiches: elles fonctionnaient avec la force humaine(esclaves) et animale.

Celles qui ont suivi, los ingenios, étaient celles qui utilisaient la vapeur. Les ouvriers étaient souvent des esclaves.

Enfin les dernières, cenral azucarero, utilisent l'énergie fossile (pétrole) et l'électricité. Difficile de dire si les ouvriers étaient des esclaves ...ou si des esclaves étaient des ouvriers.

Bien que la plupart des blogs et des guides évoquent la diversité des sites à visiter de cette région, Adrian semble mal les connaitre. Il y aurait 16 sites à voir, dont certains quartiers d'esclaves.

Nous visitons un musée de la canne à sucre (INTA): les ruines d'une usine, gérée par des américains avec cuves, presses, locaux, locomotive. Tout est dispersé.  Sans grand intérêt.

Un site plutôt intéressant : Manaca Iznaga. Domaine acheté en 1795 per Pedro Iznaga, qui fit fortune dans la traite des esclaves. La tour de 44 m servait à surveiller les esclaves.

Lorsque je suis en haut de la tour, j'imagine facilement l'étendue des plantations de canne et les gens qui y travaillent. J'imagine l'activité qui régnait dans cette vallée, avec ses colonnes d'esclaves qui vont et viennent, qui plient sous les coups de fouets quand ils ralentissent ou prennent le risque de s'arrêter, j'imagine les chariots puis les trains débordant du précieux végétal.

L'hacienda donne une idée du luxe dans lequel vivaient les propriétaires.

La montée vers l'hacienda est bordée de stands et de brodeuses qui vendent des cotonnades aux touristes.

Nous avons visité le site de San Isidro de los Destiladeros, inconnu du guide et du chauffeur.

Ce site a fait l'objet de fouilles archéologiques qui ont mis au jour les fondations d'une sucrerie très ancienne. Elle date d'avant l'ère industrielle. La restauration du site est en cours. On a pu voir les fondations du quartier des esclaves, les fours qui chauffaient les cuves de mélasse. Les différentes canalisations souterraines qui permettaient l'acheminement de l'eau mais aussi du jus de canne. L'hacienda moins luxueuse que celle de Iznaga, avec un clocher beaucoup plus petit.

Je ressens toujours une certaine émotion lorsque je me trouve sur une terre où des hommes ont été exploités par l'homme. Après un capture barbare, souvent perpétrée par leurs congénères, un transport dans des conditions animales, des milliers d'hommes et de femmes ont travaillé gratuitement pour enrichir quelques familles prétentieuses. Si on évoque essentiellement la traite d'esclaves menée par des nations occidentales, je n'oublie jamais que les Arabes ont pratiqué la traite des esclaves bien avant les Européens, bien plus longtemps, mais on en parle beaucoup moins ! Ils n'ont pas pu avoir de descendance pour témoigner car les hommes étaient castrés.

Quand on parle de richesse, de fortune, je ne peux m'empêcher de penser: que seraient ces familles riches s'il n'y avait pas eu les esclaves et les ouvriers sous payés ? Que seraient les riches s'il n'y avait pas les pauvres ?

Comme en Inde, où je me demande ce que seraient devenus les maharadjas s'il n'y avait pas eu les esclaves et la main d'oeuvre sans autre salaire qu'un bol de riz et de lentilles pour construire leurs palais, entretenir leurs fermes, faire leurs guerres ?

Qui s'en souvient ? Lorsque les touristes admirent ces palais, ces châteaux, ces haciendas, ont ils une pensée pour ceux grâce à qui tout cela existe ? Je l'espère, c'est un devoir de mémoire aussi important que celui de la shoah.

Nous aurions souhaité visiter d'autres sites, comme la Casa Guachinago, hacienda qui date du 18ème, le Sitio Guaimaro, hacienda qui date du 19ème, le mirador de la Loma del Puerto qui permet d'avoir une belle vue sur la vallée, cela n'a pas été possible parce que cela n'a pas fait l'objet d'une planification préalable bien qu'ils soient tous dans la vallée, à quelques kilomètres les uns des autres. C'est vrai que ces visites n'étaient pas prévues au départ, puisque nous étions censés visiter El Cubano. Il semble également que le guide et le chauffeur ne connaissaient pas très bien cette région.

Nous souhaitions voir un petit port de pêche et ses activités. Cuba est une île, nous ne sommes pas arrivés à voir un port authentique jusque maintenant.

Avant de rejoindre Trinidad, Adrian propose d'aller au port de Casilda, où nous pourrions déjeuner des meilleures crevettes de l'île chez un ami. Le restaurant est fermé. Improvisation.

Nous allons voir le port de Casilda: interdiction d'entrer et de faire des photos, parce qu'il y a un arsenal militaire de l'autre côté de la baie.

  1. Puce Arrivée et déjeuner tardifs à Trinidad au restaurant Doña Gallo, calle Rosario (Francisco J Zerquera) au n° 181. Un sympathique restaurant qui pratique des tarifs pour Cubains et des tarifs pour touristes. Un plat de viande avec congri coute 80 pesos pour les Cubains et 8 cuc(192 pesos) pour les touristes. Cela reste correct comparé aux restaurants pour touristes de Trinidad, bien que cela me dérange, ce ne sont pas des cubains pauvres qui viennent manger dans ces restaurants.

Après le déjeuner, nous sommes conduits à notre casa et ferons la visite de la Plaza Mayor seuls.

Première impression: Trinidad a beaucoup de charme, mais il y a tellement de touristes que l'on se croirait dans la calle Obispo de la Havane.

La place est entourée du Palacio Brunet, du museo de Arquitectura Trinitaria, de l'Iglesia Parroquial de la Santisima Trinidad, du Museo Romantico, tous fermés, de bars et de restaurants aux terrasses bondées de touristes amateurs de mojitos ou de bières, assis face au soleil afin de parfaire leur bronzage. S'arrêter pour prendre une photo du décor leur faisant de l'ombre nous a valu quelques réprimandes.

Nous avons fini l'après midi sur la Plazuela del Cristo à écouter le Trio Alarcón égrener ses balades langoureuses, impression qu'ils ne jouaient que pour nous, les touristes ne s'arrêtant pas, ou juste le temps d'une photo.

  1. Puce Dîner au Doña Gallo. Les tortillas sont copieuses, avec légumes et riz.

  2. Puce Nuit à Trinidad

Hostal Maricel y Gaby   Calle Simon Bolivar n. 263 e/Frank Pais y Jose Marti, Trinidad 62600, Cuba   hostalmarygaby@gmail.com


Day 11  Trinidad

Départ à 09h00. Visite de la ville un peu "décousue" au gré des ruelles pavées typiques de Trinidad. Improvisation, simple balade au gré des ruelles ! Nous aurions pu faire la même chose sans guide.

La Calle Real del Jigüe, la Casa en Real del Jigüe, la calle Cristo, de nouveau la Plazuela del Cristo avec un nouveau groupe: Sorpresa Trinitaria qui entame les chansons traditionelles (Guantanaméra, Hasta Siempre etc...) sans touriste parce qu'il est trop tôt.

Nous prenons le temps d'échanger avec les musiciens, pour parler de leurs instruments de musique qui sont intéressants: en dehors de la guitare traditionnelle et des percussions, qui assurent la rythmique, nous découvrons une basse originale faite d'une caisse de résonance équipée de 4 lames métalliques que le musicien active en fonction des accords joués souvent en Ré, Fa, La, Sol. Ça ressemble à la mbiro ou sanza africaine en plus gros et beaucoup plus grave.

Autre instrument la guitare Tres, à 3 cordes doubles accordées à l'octave, en Ré, Fa, La ou Sol, Do, Mi. Elle est jouée en base rythmique ou en solos (improvisations mélodiques). Elle est typique de la majorité des groupes cubains qui jouent de la trova.

Nous reprenons la balade improvisée : calle Cristo et la casa de la Trova qu'il est plus intéressant de voir le soir, sachant qu'à Trinidad il y a plus de touristes que de cubains.

Calle Alameda Calle Media Luna, à la recherche d'un atelier de fabrication de guitares ( taller instrumentos musicales, angle Calle Jesus Menéndez et Valdes Muñoz) A moins que Adrian n'aie pas eu les bonnes informations. Pas de chance il est fermé. Il faut dire que Cuba ne facilite pas l'orientation, la plupart des villes ont changé le nom des rues. Certains habitants les appellent par leur ancien nom, d'autres par leur nouveau nom.

En prévision de l'arrivée des bus de touristes, les jolies rues pavées commencent à se remplir de stands de commerces opportunistes: chemises, nappes de coton, tee shirt à l'effigie du Che, casquettes et bérets cubains de très mauvaise fabrication, bracelets, colliers de graines, bibelots en bois, cigares, à des prix déconcertants.

Encore une épicerie de quartier où il n'y a qu'un ou deux produits par étagère.

Nous prenons la  voiture pour rendre visite au céramiste Azariel Sandanter Alcantara qui officie depuis 50 ans,calle Andrès Berro, n° 9.

En dehors des suspensions en terre cuite que l'on trouve partout dans le monde, il fait de jolies cruches à eau, de jolis plats, de beaux vases. On peut le voir travailler ainsi que ses employés. Nous avons testé le Canchanchara (boisson typique de la région à base de rhum, de miel, de citron vert) ce qui permet d'emporter le godet en terre après la consommation (5 CUC).

Les quartiers les plus authentiques sont le barrio Los Tres Cruces, la Calle Juan Manuel Márquez, le quartier de l'église Santa Ana.

Nous visitons seuls (temps libre) les ruelles authentiques autour de Santa Ana(église en ruine): calle Procopio un homme passe à cheval, un autre avec sa guitare. Calle Santa Anna, avec de jolies maisons colorées à un étage. Les fenêtres ouvertes permettent de voir les intérieurs, simples, meublés de façon rustique. De nombreuses maisons sont des casa particulars. Avec le tourisme de nombreux cubains doivent maintenant gagner plus d'argent qu'on veut bien le dire.

Calle Paz nous rencontrons Hortansia qui coud à la machine sur son pas de porte, puis Carla sa petite voisine de 8 ans qui pose déjà comme un modèle.

  1. Puce Déjeuner avec Adrian et Papito dans une prison Cárcel Real (1842/1915) des photos très explicites en ornent les murs, transformée en restaurant brasserie Factoria Santa Ana, café Doña Martines , calle Santo Domingo (Camilo Cienfugos) à quelques pas de l'église Santa Ana.

Après le repas, nous sommes emmenés à la Plaza Carillo, où le guide nous laisse quartier libre improvisé. Il n'y a pas grand chose à voir. Une petite église San Francisco de Paula, un des plus grands hôtels pour groupes de Trinidad, Iberostar, le cinema Romelo Cornelio, avec un bar en terrasse où le guide se repose en sirotant un verre, et les locaux de l'Asemblea Municipale.

  1. Puce Dîner au Doña Gallo. Merci à Magdeline pour son accueil, et sa gentillesse.

Si Trinidad nous a séduit par son charme et ses vielles rues nous la quittons avec l'impression de visite "inachevée", finalement c'est une ville qui aurait pu être visitée sans guide. Le circuit photo proposé par Lonely Planet peut être très utile.

  1. Puce Nuit à Trinidad.

Day 12  Trinidad - Cienfuegos

Départ 09h00. Route pour Cienfuegos en longeant la côte et en traversant des villages plein de charme. Nombreuses plantations de cannes, de bananiers, et des élevages de bovins.

Par endroit la côte est très belle, il n'y a pas vraiment de plages, mais de la roche volcanique rongée par le ressac. La mer est calme, bleu azur parfois très foncée.

Certaines maisons sont des bungalows en ciment, d'autres des cabanes en bois rudimentaires.

Nous sommes conduits dans une lagune: la Laguna de Guanaroca pour une visite improvisée en barque de la mangrove. Il s'agirait  d'une réserve ornithologique. 10 CUC par personne pour un tour de 45 minutes dans une barque avec un pêcheur.

Nous verrons un héron blanc, deux hérons gris et de loin une cinquantaine de flamands roses. En espagnol on dit: es una estafa turística. Sans intérêt.

Sans avoir besoin d'aller en Afrique ou en Asie, Il y a des dizaines de réserves ornithologiques bien plus intéressantes en France. Comme la baie de Somme ou la Camargue où il y a des centaines de flamands roses, des chevaux et des taureaux sauvages.

Arrivés à Cienfuegos, balade improvisée dans le quartier de Puenta Gorda. Au large un bateau à voiles digne des caravelles des pirates, au milieu de supertankers qui traversent la baie.

Des villas de luxe, maisons à bardeaux, palais à tourelles, confirment notre sentiment que si tous les cubains sont égaux, beaucoup sont plus égaux que les autres.

Nous rencontrons Leonardo, un pêcheur qui a de l'humour (pero no leonardo de caprio).

Il ne doit pas habiter l'une de ces villas. Il cherche des crabes qu'il utilise ensuite pour appâter les poissons. L'eau est claire, nous pouvons suivre sa chasse aux crabes.

Quelques diodons, poissons à épines qui se gonflent quand ils se sentent en danger et des poissons trompettes nagent tranquillement.

Sur le parking du Palacio del Valle, luxueux palais de style mauresque, vénitien, roman et gothique du 20ème, nous rencontrons une jeune fille habillée comme une mariée qui vient faire les photos pour son 15ème anniversaire avec le photographe Alfredo Daimy.

C'est une tradition à Cuba, comme en Amérique Latine de faire une Fiesta de los 15 lorsqu'une jeune fille a 15 ans (quinceañera). C'est pour célébrer le passage de l'enfance à l'âge adulte. Selon les moyens de la famille cette fête peut devenir fastueuse : messe, musiciens, garçons d'honneur, repas, nombreux invités, cadeaux, bal etc...

Parfois, des familles entières se privent afin de pouvoir célébrer cet événement. Il a pris une telle ampleur que l'on dit que les deux dates les plus importantes dans la vie d'une femme sont ses quinze ans et son mariage.

Nous faisons le tour du palais construit en 1917 par un milliardaire marchand de sucre espagnol Oclico del Valle Blanco.

  1. Puce Déjeuner tardif au Bahia, avenue 40, 3713 e/ 37 y 39, petit restaurant local bon marché à la cuisine créole raffinée.

Ensuite Adrian nous emmène sur le Paseo del Prado, avec ses supermarchés, ses pizzerias, ses boutiques de glaces et son cabaret tropical, qui n'a aucun charme contrairement à ce qu'en disent les guides papiers. La statue de Bronze de Benny Moré met juste un peu d'animation.

Nous arpentons le bulvar, calle San Fernando avec ses boutiques de vêtements, d'électro ménagers, ses pharmacies, ses supermarchés et ses restaurants. Dans les supermarchés, il y a des rayons entiers où il n'y a qu'un produit d'une seule marque: par exemple 10 mètres de boites de sauce tomate identiques, 10 mètres de céréales de petit déjeuner d'une seule marque...J'imagine la réactions de Cubains qui visiteraient nos supermarchés...Ensuite Adrian nous laisse quartier libre, il est 16h00...

La Place Jose Marti est comme la plupart des places José Marti, une place ombragée avec un joli kiosque à coupole, une statue de José Marti, des cubains en addiction au smartphone, entouré par le palais du gouverneur, devenu hôtel de ville, un musée provincial, un Teatro Tomas Terry en travaux, la Catedral de la Purísima Conceptión, et la casa del Fundador (1841), l'immeuble le plus original de la place avec sa tour, ses arcades bleu pastel. Construit par le fondateur de la ville, Louis Laurent de Clouet de Piettre, franc-maçon originaire de Louisiane, qui voulant "blanchir" la population des Caraibes, fit venir des familles françaises de Louisiane et de Bordeaux. L'immeuble est occupé aujourd'hui par la chaine de magasins de souvenirs d'état Artex.

Notre casa paricular est sur la place, à quelques mètres de la casa du Fundador.

Nous continuerons la visite Calle Isabel où se concentrent les stands pour touristes, qui mène jusqu'au Parque La Mar et la jetée royale (muelle real) qui donne sur le port de pêche et le ferry.

  1. Puce Dîner au restaurant El Español dans la rue San Fernando, sur le balcon qui surplombe la rue. Repas cubain correct à prix doux.

De retour à la casa particular, nous sommes attendus par les propriétaires qui semblent souhaiter sympathiser. La propriétaire m'invite à danser ! Son mari semble beaucoup moins avenant. Lorsqu'il nous demande si nous aimons Cuba, nous disons que oui, mais que nous sommes surpris par les inégalités sociales. Il répond assez violemment que les cubains qui ne s'en sortent pas sont des paresseux. "On peut très bien vivre à Cuba si on n'est pas un looser". Nous citons les pêcheurs qui ne gagnent pas grand chose entre 12 et 20 CUC par mois, on pourrait aussi citer les ouvriers des manufactures de tabac etc..

Pour lui tout cela est faux, les gens qui travaillent gagnent bien leur vie, les autres sont des fainéants. Il semble assez fier de sa réussite disant qu'il voyage comme il veut à l'étranger, qu'il est allé au USA, en Espagne, à Panama, qu'il n'y a jamais eu de contrainte de l'état pour les Cubains qui veulent voyager !

Nous découvrons que leurs deux filles vivent en Espagne. Les parents étaient employés d'hôtels avant de tenir une casa particular. Peut être font ils partie de ces cubains qui ont émergé grâce à l'aide financière de la famille qui vit à l'étranger. Tous les cubains n'ont pas la chance d'avoir une famille qui leur envoie de l'argent pour se construire une petite vie tranquille.

  1. Puce Nuit à Cienfuegos

Hostal Poty y Nieves  Calle 25 Nro.5427 e/ 54 y 56  Cienfuegos Cuba.

En attendant leur chambre est la moins confortable de toutes celles que nous avons eues durant notre voyage.

Day 13  Cienfuegos - La Havane

Départ 09h00. Après plusieurs échanges de mail, Alejandro avait prévu que nous irions visiter la Cienaga de Zapata, estimant que nous avions le temps sur notre route de retour vers la Havane. Selon le guide ce n'est pas possible, il faudrait partir tôt, c'est compliqué à organiser etc...Ne connaissant pas la région, nous ne pouvons rien dire ! Exit Cienaga de Zapata.

Route de campagne, rizières, potagers. Ici les cultures sont arrosées d'engrais chimiques et de pesticides. Un paysan fait sécher le riz sur la route. Nous remarquons des déjections de cheval au milieu du riz. Il dit que ce n'est pas important, puisque le riz sera trié et nettoyé. Cela ne dit pas comment il sera débarrassé des bactéries fécales qui pénètres les grains !

Nous longeons la Baie des Cochons, connue pour l'échec de la tentative de débarquement des mercenaires cubains qui voulaient renverser le système castriste. Aujourd'hui la Baie des Cochons est très fréquentée par les amateurs de plongée en apnée et en bouteille, et les amateurs de plage. C'est vrai que la mer est particulièrement belle ici. Elle se décline du transparent au bleu outremer en passant par le bleu turquoise, le bleu jade. Il y a toujours de la roche volcanique avec de large espace de sable blanc.

Deux arrêts improvisés suggérés par le guide : la cueva de los peces, absolument sans intérêt. Une résurgence d'eau de mer à 50 mètres le la plage, due à un réseau souterrain naturel, avec des poissons. Il y a un bar restaurant. Nous apercevons trois tocororos, oiseaux emblématiques de Cuba, parce que portant les mêmes couleurs que le drapeau national.

Un peu plus tard un autre arrêt improvisé est proposé: la casa de zunzun où un paysan (Bernabé Hernadez Ulloa - bernabe.hernandez@nauta.cu) attire grâce à des arbres et des mangeoires plusieurs variétés de colibris: les colibris d'Elena ou bee hummingbirds (Mellisuga helenae), les plus petits colibris du monde, gros comme des mouches, les colibris à gorge rubis avec des reflets rouge-orangés sur le cou(Archilochus colubris), les colibris d'Anaïs (Colibri coruscans), les colibris à ventre blanc(Colibri serrirostris).

Il faut être patient pour les surprendre en vol devant une fleur. La cellule des appareils photos supporte assez mal les mouvements rapides de ces oiseaux qui faussent la mise au point.

Intéressant, mais nous aurions préféré observer les oiseaux dans la nature, le peu de fois où cela était prévu.

  1. Puce Déjeuner sur l'autoroute au restaurant Los Martinez km 143, puis Autopista pour la Havane où nous arrivons en début d'après midi. Adrian et Papito semblant souhaiter repartir assez tôt pour Matanzas.

Lors de notre séjour à Trinidad, nous avions rencontré Maricel et Gaby qui avait dans leur maison une statue de San Lazaro, de même que dans le restaurant Doña Gallo. Selon les dire, ce saint serait un bon protecteur pour les familles qui l'hébergent. Comme il semble inconnu en France, et que nous pensons avoir besoin de protection, nous voulons acheter une petite statue à la Havane.

En cherchant un bici taxi pour nous emmener dans une boutique d'articles religieux, nous rencontrions Tony. Un homme gentil honnête et serviable. Le magasin où nous voulions aller étant fermé, il nous propose de nous emmener en voir d'autres, également fermés.

Il suggère de venir nous chercher le lendemain à la casa pour nous y emmener à nouveau.

Nous rentrons à la casa à pieds, parcourant une dernière fois ces rues de la Havane qui nous avaient envoutées. C'est samedi soir, les cubains sont de sortie, les orchestres se déchainent. Le rhum et la bière coulent à flot.

La place de la cathédrale fourmille de touristes, un groupe de femmes joue une salsa sensuelle.

Le marchand de pain fait ses dernière livraisons à domicile par panier suspendu.

Calle Aguacate, nous rencontrons Evelio Leal, un vieux black de 82 ans plein de charme.  Quel mec, je suis sur que je l'ai rencontré dans une autre vie, tellement le courant est passé vite entre nous. Il fume le cigare en écoutant de la musique dans la rue, avec un sourire à décrocher la lune. Il est grand-père d'une jolie mulâtre qui vient le rejoindre. Nous sympathisons.

La calle Habana prend des airs des 50's avec ses vielles lanternes.

  1. Puce Dîner au Van Van

  2. Puce Nuit à La Havane dans la meilleure casa paricular que nous ayons eue.

Casa Azul Habana  Calle Habana # 54, e/ Peña Pobre y Cuarteles  La Havane 10100, Cuba  azulhabanahostal@gmail.com    contactos@azulhabana.com

Accueil par Luis, extraordinaire, au  Bar Julian hyper gentil. The owner is Adela Guevara López

Day 14  La Havane

A 09h00, Tony est là comme prévu. Il nous emmène dans la rue Brasil, où se trouve les boutiques pour la Santeria: statues, objets rituels, instruments de magie noire, potions et autres articles de cérémonies. Ils ont une statue de San Lazaro : 2 CUC.

Ne souhaitant pas quitter Tony aussi vite, nous lui demandons de nous faire visiter la ville comme il a envie. 

Il traverse le paseo J Mari, où se trouve le Capitol. Nous franchissons la frontière du Havane touristique, pour atteindre les quartiers qui ne font pas encore partie de la restauration. Nous passons de la ville musée (Habana Vieja) à la ville ordinaire (Habana Centro). 

Nous prenons la direction du barrio Chino, la quartier Chinois. Les gens circulent dans les rues où s'entassent les poubelles, les immondices. Ils font leurs courses, la lessive, réparent leur voiture.

Nous passons devant une communauté adepte de Confucius, puis devant un énorme commissariat de police bleu pastel, pour arriver à la callejon de Hamel, le quartier de la rumba et de la santeria. Murs peints, boutiques, autels de santeria. Les habitants ont pris en main la décoration de leur quartier, avec leurs moyens: peintures murales, tags, objets de récupération divers transforment l'endroit en musée moderne à ciel ouvert.

Nous somme surpris par le contraste de certaines rues. Comme dans Habana Vieja de nombreux immeubles sont en très mauvais état et ne semblent bénéficier d'aucun confort. A se demander si les familles ont l'électricité et l'eau courante, voire des toilettes.

Comme dans certaines rues de Habana Vieja nous avons vu des balcons qui ne tiennent que par un fil de fer, des personnes âgées qui habitent le dernier étage d'immeubles qui n'ont ni toit ni plafond, des familles habiter des cabanes en bois ou en tôles posées sur les terrasses, des façades qui ne demandent qu'à s'écrouler,  des ruines en friches, de la végétation qui ne pousse pas dans des pots mais sur la crasse des balcons ou sur le ciment en décomposition de certains murs. Les ordures ménagères et les poubelles publiques semblent ne pas  avoir été ramassées ou nettoyées depuis longtemps. Les épiceries ont l'air encore plus démunies qu'ailleurs, les vendeurs de fruits et légumes n'ont pas grand chose sur leur charrette, les bouchers n'ont qu'un triste morceau de viande à offrir. Ici pas de supermarchés.

Nous sommes loin des cartes postales des agences de voyage....

Nous revenons vers le malecón, calle San Lazaro, jusqu'au monumento Maximo Gomez et une statue de la liberté, femme torse nue au bonnet phrygien assise(parque Martires del 71) .

Nous remontons la Plaza 13 de Marzo, le museo de la Rovolucion, la Rampa de Lanzamiento et le Fragmento de la Muralla de la Habana, jusqu'au Capitol, et son parking de voitures americaines. Nous quittons Tony en prenant ses coordonnées pour un prochain voyage et pour partager cette belle personne avec d'autres voyageurs.

Nous continuons à pieds, dans un quartier que nous affectionnons, le barrio du Cristo del Buen Viaje. Peu de touristes et des scènes de vie authentiques.

  1. Puce Déjeuner au Art Pub, calle Brasil

Dans la calle Brasil, nous  rencontrons à nouveau Evelio. Nous nous saluons comme si nous étions les meilleurs amis du monde. Il est assis en face de la farmacia La Reunion, il est en train de lire. Il va à la bibliothèque presque chaque jour pour emprunter des petits romans. Il en lit un par jour. Il m'offre un cigare. Nous prenons quelques photos. Il nous parle de lui.

Nous le retrouverons plus tard dans un bar où il sirote un petit rhum. Il nous invite, mais il est l'heure de regagner la casa pour rendre la clef et attendre le chauffeur pour l'aéroport. Nous quitterons Cuba avec le sourire, la gentillesse, le visage lumineux d'Evelio en tête.

Hasta luego amigo.

Un chauffeur est envoyé par l'agence pour nous emmener à l'aéroport. C'est le même chauffeur un peu bourru qui nous avait accueilli à l'arrivée.

Il n'est toujours pas informé que c'est l'agence qui le paie. Quand il est contrarié il n'a pas l'air cool.

A l'aéroport, l'employée cubaine du comptoir Air France n°7 refuse de nous enregistrer parce que Nadia a un plâtre au bras, sans expliquer pourquoi, ni ce que nous devons faire. Elle nous demande agressivement de quitter son comptoir pour laisser passer les autres clients.

La personne qui tient le guichet voisin n° 6 se solidarise avec la première. Un surveillant est appelé, la situation le fait rire. Je lui demande des explications, il ne répond pas et s'en va.

Au bout de 01h30 la situation n'évoluant pas et ayant vu défiler la majorité des passagers, j'interpelle un commandant de bord de la KLM qui passait avec son équipage pour embarquer. Je lui explique la situation et demande son aide. Scandalisé, il fait appeler le chef d'escale Air France/ KLM qui arrive aussitôt et nous fait enregistrer à un autre guichet.

Lorsque nous nous dirigeons vers le comptoir de l'immigration les deux femmes qui nous avaient refusé l'enregistrement nous suivent en riant et disent que maintenant nous pouvons aller nous faire enregistrer. Provocantes en plus !

Dès notre retour nous déposons une plainte contre elles au service client Air France.

En résumé : La Havane n'est pas qu'un musée à ciel ouvert limité à Habana Vieja, Cuba n'a pas que des plages, des églises et des places José Marti, des plantations et des cigares, des mojitos et de la salsa, des caballeros et des vieilles rues pavées, son histoire ne se limite pas aux frères Castro et à Guevara.
Il y a tant à voir et à découvrir...il y a plein de personnes qui ne demandent qu'à s'ouvrir et partager, à la campagne, dans les villages, même dans les quartiers non touristiques. C'est une île qui demande à ce qu'on y revienne, à ce qu'on s'y enfonce plus profondément.

Cuba Ouest et Centre

du 28/01/2019 au 11/02/2019


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