40 ans plus tard


La Turquie

La Turquie est un pays paradoxal. Sa partie asiatique est intéressante sur le plan archéologique, architectural, culturel.

Mais la Turquie est surtout une terre de conflits et d'intolérance. Il suffit de relire l'histoire de l'empire Ottoman pour se faire une idée du rôle qu'a tenu ce pays dans l'histoire de l'Asie Mineure, de l'Europe, et de l'Afrique du Nord. Cascades de génocides, de massacres, de colonisations. La lecture des atrocités commises contre les Grecs, les Crétois, les Arméniens ou les Kurdes n’en est qu’un exemple.

Lorsqu'on s'intéresse à l'histoire de la Grèce et de ses îles, dont la Crète, on découvre à quel point les Turcs étaient barbares à l'égard des populations des régions qu'ils envahissaient. Ils ne se contentaient pas de tuer, ils violaient, torturaient, faisaient subir les pires sévices à leurs victimes, comme les broyer vivantes dans les moulins à olives.

La passivité récente de la Turquie à l'égard du massacre des kurdes de Kobané n'a rien de surprenant, jusqu'à ce que l'Etat Islamique la touche elle même. Pas étonnant non plus que la Turquie s'en prenne à nouveau aux Kurdes, ni qu'elle ferme les yeux sur les "aller retour" djihadistes entre la Syrie et l'Europe.

La révolte de la jeunesse turque laisse entrevoir par moment une évolution possible, bien que très réprimée. Les responsables politiques et religieux rêvant toujours d'un hypothétique sultanat. L'histoire ne serait-elle qu'une triste succession de répétitions ?

Alan Parker a réalisé le film "Midnight Express" qui retrace l'histoire vraie de William Hayes un de ces jeunes de la route emprisonné en Turquie en 1970 pour détention de drogue. Cela donne une idée de la façon dont ces jeunes étaient traités et dont la justice était rendue, sur un fond de règlement de comptes avec les Etats Unis. A l'époque la Turquie faisait partie des plus grands producteurs de pavot à opium !

Yilmaz Güney a dirigé en 1970 le film "Yol" alors qu'il était incarcéré en Turquie, sur la permission de sortie de 5 prisonniers Kurdes.

Il a monté le film en France et en Suisse après s'être évadé. Le film est sorti en 1982 et a reçu la Palme d'Or.

En 2014, la Turquie est classée 154ème sur 180 par Reporters Sans Frontières, au niveau de la liberté de la presse et de l'information.

En 2016, la Turquie est classée par Reporters Sans Frontières comme étant le pays où il y a le plus de journalistes en prison, devant la Chine, L'Egypte, l'Ethiopie, l'Iran.

Mathuas Depardon, journaliste Français, a été détenu et mis à l'isolement de façon arbitraire en 2017. Il effectuait un reportage sur l'eau pour le compte de National Geographic. Il a été soupçonné à tort de promouvoir le terrorisme kurde du PKK.


L'Iran

Appartenant à la Perse (qui comprenait de nombreux pays du moyen-orient comme l'Afghanistan, la Syrie, l'Irak, une partie de l'Arabie Saoudite et du Golf Persique etc...), l'Iran faisait partie d'un empire qui voulait coloniser et gouverner le monde, bien avant et plus longtemps que les nations occidentales. Ce que nous semblons avoir oublié ! L'histoire ne serait-elle qu'une triste succession de répétitions ?

En 1971, les cérémonies fastueuses de la célébration des 2500 ans de Persepolis choquent la population pauvre et les paysans. Les opposants en profitent pour les pousser à se révolter.

Le peuple ne supporte plus le Shah qui durcit sa répression lors des émeutes. Il est contraint d'abdiquer et de quitter le pays.

L'ayatollah Khomeini, exilé, en France, revient en Iran, triomphant. Il instaure une gouvernance provisoire.

Comme en Afghanistan, les "théologiens"(talibans) s'occupent de remettre de "l'ordre" dans le pays. Les gardiens de la révolution et les tribunaux révolutionnaires règlent leur compte à tous les partisans de l'ancien régime ainsi qu'à tous les mouvements d'opposition.

Les arrestations arbitraires, les assassinats, les emprisonnements, les exécutions n'ont fait que changer de camps en s'amplifiant et ne semblent pas apporter la paix à ce pays, qui en aurait bien besoin pour développer une véritable richesse culturelle, artistique, spirituelle dont il est héritier.

Ce qui a suivi ne semble pas différent de ce qui précédait, ce qui me permet de penser que les révolutions ne font souvent qu'instaurer quelque chose de pire que ce qu'elles combattent, en prétendant faire le contraire ou le faire pour le bien des peuples.

Après une guerre interminable avec l'Irak, l'Iran semble vouloir en découdre avec l'humanité en laissant planer le doute d'une menace nucléaire. L'ivresse du pouvoir ou le pouvoir de l'ivresse théologique ou stupéfiante. Un nouveau chef d'état semble disposé à assouplir sa politique étrangère, bien qu'on ne soit jamais à l'abri des pressions que peuvent exercer les mollahs fondamentalistes.

Le film "Jamais sans ma fille" de Brian Gilbert, d'après l'histoire vraie de Betty Mahmoody, sorti en 1991, donne une idée de l'après Shah à travers des choses "banales" telles que la vie de famille.

Marjane Satrapi a réalisé un film d'animation captivant : "Persepolis", elle y retrace l'histoire d'une famille sous le régime du Shah et sous la révolution islamique. Exilée Iranienne, elle sait de quoi elle parle.

Kheiron raconte l'histoire de sa propre famille et de son père Hibat Tabib (dont il joue le rôle) et de sa mère Fereshteh sous le Shah et l'ayatollah Khomeini et de leur intégration en France dans le film : "Nous 3 ou Rien".

Le film d'animation particulièrement réussi "Téhéran Tabou" de Ali Soozandeh relate assez bien l'hypocrisie du système Iranien.

L'Afghanistan

Soumise depuis des siècles à des luttes fratricides et barbares, entre chefs, entre clans, entre familles, entre villages, entre régions, l'Afghanistan est le pays des instabilités par excellence. Son histoire est un enchaînement d'assassinats, d'abdications, d'exécutions, d'attentats, de renversements, de coups d'Etat, sur un fond de culture du pavot.

Envahie en 1978 par la Russie qui veut étendre sa domination et son contrôle sur cette partie de l'Asie, l'Afghanistan résiste malgré le chaos qui la caractérise et parvient à obtenir le retrait des troupes Russes.

A partir de 1994, les Talibans(étudiants en théologie !) commencent à vouloir prendre le pouvoir avec le soutien du Pakistan. Des tensions s'installent entre différentes factions rivales, Talibans, Moudjahiddins, et partisans de Massoud.

Arrivent en scène des gens comme le mollah Omar, Oussama Ben Laden qui vont donner une dimension internationale à cette effervescence incontrôlable. Assassinat de Massoud, agression des USA le 11 septembre 2001.

Les armées de l'OTAN et l'Amérique déclarent la guerre aux talibans et autres terroristes. Ils tentent en même temps de favoriser l'émergence d'une démocratie Afghane. Illusion.

C'est le pays où l'on tue le plus de volontaires d'ONG. http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/six-employes-de-la-croix-rouge-tues-en-afghanistan-deux-disparus_1877288.html 

En 2001 la destruction des grands Bouddhas de Bâmiyân par les talibans du mollah Omar, va marquer le début d'une volonté d'éliminer tout ce qui est antérieur ou différent de la culture islamique par les "chercheurs en théologie" fondamentalistes.

C'est un pays ingérable. Il l'était, il l'est et le restera. Je ne suis pas persuadé que cela justifie la mort de soldats Français, Américains ou de volontaires humanitaires.

En 2016 grâce à de nouvelles graines et un nouveau mode de cultures, l'Afghanistan fait trois récolte de pavots à opium par an et devient l'état narco-trafiquant le plus important du monde. Les talibans prélevant une part importante des revenus de la drogue pour leurs "salaires" et l'achat de matériel de guerre. (ce qui ne semble pas les mettre en contradiction avec l'islam !)

Le bacha bari se pratique toujours, les Talibans s'en servent même pour infiltrer la police, transformant des esclaves sexuels en bombes humaines.

De très beaux films comme "Les petits musiciens de Kharabat" de Waheed Nazir,  "Il était une fois Noor Jehan" d’Ali Hazara, "Les enfants de Kabul" de Sediqa Rezaei, "Les cerfs volants de Kabul" de Khaled Hosseini, racontent à travers des histoires d'enfants ce qu'est l'Afghanistan d'aujourd'hui. Il y a aussi le magnifique film d'animation "les Hirondelles de Kabul "de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec.

Après avoir traversé l'Afghanistan en long et en large et avoir vu de quoi ils sont capables, je suis irrité de voir les migrants Afghans envahir l'Europe: des mâles en grande majorité, alors que ce sont les jeunes femmes Afghanes que nous devrions accueillir pour les soustraire à une domination machiste et féodale. La maltraitance des femmes et des enfants est un "art" endémique dans ce pays et la lapidation à mort un sport collectif très prisé. Il y a plus de femmes en prison que d'hommes.

Je découvre avec stupeur que les fils des violeurs de Kandahar reproduisent en Allemagne lors des fêtes de fin d'année, en Suède lors des festivals populaires comme We are Sthlm en 2014 et en 2015, en France en 2016,en 2018 ou simplement quand ça leur prend, ce que leurs pères (paires) faisaient aux jeunes du Flower Power.

http://www.france24.com/fr/12-01-2016-suede-police-dissumulation-viol-agressions-sexuelles-stockholm-festival 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/etudiante-violee-assassinee-fribourg-suspect-arrete-1146783.html

http://www.faitsdivers.org/24221-Le-meurtrier-et-violeur-de-Maria-avait-deja-jete-une-etudiante-du-haut-d-une-falaise.html

http://www.leparisien.fr/faits-divers/viol-d-une-interprete-de-france-5-trois-migrants-afghans-en-garde-a-vue-03-11-2016-6284352.php 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/dijon-une-femme-agressee-dans-un-ter-pour-une-tenue-trop-decolletee-28-05-2018-7740615.php

https://www.lejdd.fr/Societe/agression-au-couteau-a-villeurbanne-qui-est-le-mysterieux-suspect-afghan-3917072                                                               

https://actu17.fr/perigueux-lhomme-qui-a-attaque-4-personnes-en-pleine-rue-avec-un-couteau-est-un-demandeur-dasile-afghan                                              Maria L.

Chassez le naturel.... !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  


Le Pakistan

Nation créée à la suite d'une partition tragique lors de l'indépendance de l'Inde du fait de l'incapacité des Musulmans et des Hindous à vivre ensemble après le départ des Anglais, elle est en tension permanente à l'égard de sa voisine Indienne, et à l'égard d'une partie du monde. Le Pakistan a abrité et abrite un certain nombre de leaders (dont Ben Laden) et de camps d'entrainements liés au terrorisme international, bien qu'il s'en défende.

Comme sa voisine Afghane, son histoire est marquée par des coups d'états, des dictatures militaires. Démocratie balbutiante, le Pakistan est aujourd'hui en proie à des tentatives de subversion de la part de talibans, qui veulent instaurer la terreur de la charia dans toute cette zone, et sur tout un peuple. Incapable de vivre avec les autres, le Pakistan semble incapable de vivre avec lui même...

C'est un pays où l'on tente d'assassiner une fille de 12 ans, Malala Yousafzai, parce qu'elle revendique le droit d'aller à l'école, c'est un pays où l'on tue des enfants par centaines, où près de 1000 femmes et adolescentes sont assassinées chaque année pour des raisons "d'honneur familial" sur fond de morale religieuse féodale, c'est un pays où l'on abat les bénévoles locaux qui vaccinent les enfants contre la poliomyélite au prétexte ethno-religieux que les vaccins d'origine occidentale viseraient à rendre les hommes impuissants et les femmes infertiles. C'est un pays où l'on assassine des femmes qui refusent les avances de leur chef, de leur patron, parce qu'elles refusent des mariages arrangés, parce qu'elles vont voter ou parce qu'elles sont chrétiennes.

http://www.lamaghrebine.com/pakistan-maria-sadaqat-brulee-vive-pour-avoir-refuse-une-proposition-de-mariage/

http://www.20minutes.fr/monde/1862479-20160609-pakistan-adolescente-tuee-mere-avoir-choisi-mari-puis-enterree-discretion

Le Pakistan ne semble réellement pas vivre en paix ni chercher la paix, il fait épisodiquement parler de lui dans son soutient à des terroristes et dans des tentatives de provocation à l'égard de l'Inde : attentats, violation de frontière, attaques sporadiques.


L'Inde

Envahie et asservie par des conquérants Musulmans (Moghols/Perses) pendant près d'un millénaire, colonisée par les Portugais, les Hollandais, les Français et les Britanniques pendant 4 siècles, elle a vécu sur un mode féodal durant toute son histoire; la jeune démocratie Indienne "émerge". Changera-t-elle la donne ? A savoir: qu'est-ce qui émerge ? Y aura-t-il davantage de justice sociale ?

Elle affiche avec fierté la multiplication exponentielle de milliardaires et l'avènement d'une classe moyenne, mondialiste et consommatrice, de 200 millions de "nouveaux riches", sur un milliard d'individus. Restent quand même 800 millions d'Indiens en quête de statut ou de quoi manger. Néo-féodalité ?

Les maharadjahs ont disparu, les "nouveaux riches" ont pris le relai: leurs enfants vont faire leurs courses à Londres, Singapore ou Dubai, leurs études au USA ou en Suisse, les palais sont remplacés par des résidences secondaires luxueuses à Londres, Dubai, Miami, les jets privés ont remplacé les éléphants.

Le cinéaste Satyajit Ray, originaire de Calcutta a réalisé des films qui pourraient être encore d'actualité, entre autres: "Pather Pancali" (la complainte du sentier) 1955 , "Le monde d'Apu" 1959, "Charulata" 1964 "Tonnerres Lointains" 1973.

Le film "Gandhi" de Richard Attenborough sorti en 1982 retrace l'histoire récente de cette démocratie. Incontournable si l'on veut comprendre, en sachant que Gandhi est plus admiré et étudié par les étrangers que par les Indiens eux-mêmes.

Le film "La cité de la joie" de Rolland Joffé, sorti en 1992, d'après le livre de Dominique Lapierre, dépeint assez bien l'ambiance d'un bidonville de Calcutta que je connais un peu (Pilkana). Le film et le livre ont été interdits longtemps en Inde. Difficile d'admettre la réalité !

"Salaam Bombay" de Mira Nair, sorti en 1988, décrit bien le sort des enfants de la rue, beaucoup plus réaliste que Slumdog Millionnaire.

"Matrubhoomi", un monde sans femme, de Manish Jah, sorti en 2005, pose la question de la rareté des filles et des problèmes de la construction familiale suite à une "politique" d'avortement, et d'infanticide de sexe féminin sans précédent.

http://www.genreenaction.net/spip.php?article5445

La pénurie de femmes qui résulte de cette discrimination et une mentalité profondément misogyne dans certains milieux semblent être à l'origine d'une violence exacerbée à l'égard des femmes indiennes qui n'ont jamais subi autant de viols, de harcèlements, de persécutions. Aujourd'hui 65% des femmes font l'objet de violences domestiques et une femme est violée toutes les 20 minutes. De quoi affoler le Mahatma Gandhi.... Voir le documentaire  le pays qui n'aimait pas les femmes. Cela semble s'étendre aux touristes.

http://www.acidsurvivors.org et http://www.lepoint.fr/societe/inde-la-victime-du-viol-collectif-transferee-a-singapour-dans-un-etat-tres-critique-27-12-2012-1606288_23.php


Avec l'infanticide des filles pratiqué à grande échelle depuis des décennies, le manque de femmes devenant important, le viol risque de détrôner le cricket au niveau du sport d'équipe national, les "émergents fortunés" allant chercher des épouses "clean" chez les expatriées du nouveau monde !

Les productions bollywodiennes de ces dernières années semblent être passées rapidement d'histoires d'amour à l'eau de rose à une violence extrême servie par de nouveaux héros "machistes bodybuildés". http://www.cinemafantastique.net/Ghost-film-indien-le-plus-violent.html

Le Tibetan Refugee Self Help Center existe toujours et accueille encore de nouveaux réfugiés. Rien n'a changé, ni les métiers à tisser,

ni les baraquements, quelques constructions en dur sont venues s'ajouter. Les persécutions chinoises se poursuivent, malgré cela ils ont  l'espoir qu'un jour tout cela va s'arrêter et qu'ils pourront revenir sur leur terre d'origine ! Ce n'est pas Xi Jinping qui m'en convaincra.

Je suis toujours épaté de voir le courage, la motivation, l'intelligence et la solidarité de ces réfugiés qui contrairement à ceux que nous accueillons en Europe, n'attendent pas qu'on les entretienne (assiste est un euphémisme), et encore moins que l'on s'apitoie.

Le toy train de Darjeeling existe toujours, ses vielles locomotives sont entretenues pour promener les touristes sur quelques kilomètres, bien qu'elles soient devenues très poussives dans les côtes. Cela m'a beaucoup ému de l'emprunter à nouveau.


Refaire ce voyage aujourd'hui semble utopique, voire dangereux.

Plusieurs pays, plusieurs peuples ont adoptés des régimes et des comportements tels qu'il n'est pas envisageable de les traverser sans risquer sa vie. Certains ayant retrouvé les comportements barbares de leurs origines.

Et puis l'ambiance n'y est plus. Qui croit encore à la paix et à l'amour au point d'en faire un évènement existentiel, un voyage initiatique ?

Un écrivain l'a fait, afin d'étudier, quelques décennies plus tard, les effets qu'à eu cette migration gigantesque sur les populations locales et les traces laissées dans les mémoires. Il a aussi rencontré des Trailers/Hippies qui se sont arrêtés et fixés sur la Route.  "Magic Bus" de Rory Mac Lean - Hoëbeke éditions- Paris- 2008

Un livre passionnant qui retrace assez fidèlement, et très chaleureusement cette impressionnante mouvance. Nous nous y retrouvons tous un peu.

N'ayant pas fait Katmandou à l'époque, j'y suis allé récemment: tout ce qui semblait faire son charme est réduit à néant par le tremblement de terre d'avril 2015. Les Durbar square et autres stupas n'ont pas dépassé cette décennie.

La pauvreté, la misère gangrènent le pays géré par un front communiste aussi corrompu que l'était la monarchie qui le précédait.

Les importants fonds avancés par les communautés internationales pour aider à la reconstruction du patrimoine sont toujours dans les caisses de l'Etat ou d'un haut responsable dans l'attente d'une utilisation "appropriée" !

http://www.lepoint.fr/monde/nepal-un-an-apres-le-seisme-la-reconstruction-n-a-pas-commence-25-04-2016-2034728_24.php

J'ai beaucoup de difficultés à imaginer ce qui attirait les hippies dans cette zone, si ce n'est un effet de mode, la circulation plus ou moins libre de produits stupéfiants, l'impression d'être proche d'une spiritualité "bon enfant" et d'un folklore pour touristes désargentés.

Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui: les chapelets de bois, les mandalas, les statues de bronzes et autres bondieuseries bouddhistes sont plus chers à Katmandou que dans les magasins spécialisés en Europe ou sur internet, les droits d'entrée dans les ruines et les espaces publics sont exorbitants. La nuit, des "bars à filles" teintent les rues du quartier de Thamel de leurs néons fluos.

Le patrimoine historique et architectural étant réduit à néant, en dehors des treks en haute montagne et des randonnées dans les vallées isolées avec des paysages himalayens et des villages ethniques qu'il faut aller chercher bien loin, le Népal n'a rien d'attrayant.

J'a
i fait partie de ceux qui croyaient que "tout le monde est beau, tout le monde est gentil et intelligent" jusqu'à ce que la vie me démontre qu'il y a aussi beaucoup de méchants, de stupides, de pervers, de prédateurs. La découverte de cette réalité m'a conduit à apprécier davantage les belles choses et les bonnes personnes, et à pointer ou dénoncer les autres chaque fois que je le peux, parfois au risque de déranger ou de choquer.

Mais cela en vaut la peine, ne fut-ce que pour contrer la pensée unique, éviter la banalisation de la barbarie, fuir la culpabilité et la repentance, dépasser la peur, faire évoluer la prise de conscience et la liberté d'expression.


Pour mémoire et à la mémoire ...


  1. Puce Tous le monde n'est pas rentré professeur de yoga, joueur de sitar ou de tabla, ou encore enseignant de bharatanatyam, de ce voyage.

Si beaucoup d'entre nous sommes revenus sains et saufs, avec simplement la tête à l'envers, le coeur grand ouvert, nous ne devons pas oublier ceux qui y ont perdu une âme qu'ils avaient confiées à des gurus peu scrupuleux.

Certains très connus comme Bhagwan Rajneesh (Osho), Maharishi Mahesh Yogi, grands amateurs de freaks, de fric, de femmes et de Rolls Royce, un peu plus tard Sathya Said Baba, grand mystificateur.

Un certain nombre d'ambassades doivent se souvenir du rapatriement de centaines de jeunes hommes et femmes qui ont été abusés par des pseudo guides spirituels, qui leur ont pris sexualité, santé, argent, dignité, espoir, pour finir par les laisser tomber pour s'enfuir en Occident faire fructifier leurs capitaux, vendre des livres et se trouver de nouveaux adeptes.

Revenus désespérés, largués, encore plus fragilisés, ces trailers ont erré longtemps et errent encore pour certains, à la recherche d'un sens ou d'un modèle qu'ils n'ont pas trouvé. Cela irrite ou fait sourire, mais ne laisse pas indifférent. Puissent ils(elles) trouver la paix.

Se moquer d'eux serait méconnaitre cet espoir qui a animé toute une génération à l'époque. Espoir que l'on ne retrouve plus dans la jeunesse actuelle.

On rencontre toujours la même faune humaine à Rishikesh. Les nouveaux gurus n'ont pas changé: barbus, chevelus, enturbannés, arborant les mêmes déguisements, ils sont pour la plupart domiciliés aux Etats Unis ou en Angleterre, avec de grassouillets comptes en banque, ils ont toujours les mêmes discours, les mêmes mantras, les mêmes dévôts qui boivent leurs paroles et entrent en transe mystique dès qu'ils(elles) les aperçoivent.

D'autres gurus ont fait leur apparition : la génération intermédiaire vénère Miguel Ruiz, Eckhart Tolle, Louise Bourdeau, Deepack Chopra, Gurumayi Chidvilasananda etc... qui, à l'instar des anciens "maîtres", ont habilement récupéré les bases de différentes sagesses pour en faire des cocktails alléchants et très lucratifs. Certains "lamas" bouddhistes sont même devenus de vrais best-sellers...inondant les librairies de "sagesse bouddhiste" à toutes les sauces, alors que le fondement du bouddhisme tient en quelques lignes.

Quand à la nouvelle génération Play Station-Wifi-Blackberry-Ipad-Ectasy-Yabba-Rave, elle ne semble pas faire mieux dans ses "voyages virtuels et chimiques" que les hippies "accros" à leurs produits, ayant autant de mal à en "revenir" ou "à en sortir". C'est toujours une question d'addiction et de défonce !

A la différence des hippies qui rêvaient, les raveurs et les hipsters ne rêvent plus. Les hippies faisaient l'amour librement, passant parfois pour des partouzeurs, les nouvelles générations font l'amour comme des prédateurs allant jusqu'à faire absorber du GHB aux filles qu'ils "prennent" contre leur gré. Ibiza, Van Vieng, Goa, Arugam Bay, Kuta ressemblent davantage à un bordel ou un plateau de film porno qu'à une destination initiatique.  http://www.terrafemina.com/article/en-2016-la-drogue-du-violeur-empoisonne-toujours-les-universites-americaines_a312378/1


  1. Puce Nous ne devons pas oublier ceux qui n'en sont pas revenus du tout et qui sont morts de faim, de dysenterie, d'overdose, d'agression, de meurtre, de viol après avoir vécu parfois dans un dénuement total.

Ils étaient partis comme les autres, persuadés que tout allait changer, persuadés que tout le monde est beau et gentil et que l'Inde est un paradis.

L'image caricaturale du hippy rebelle, défoncé, irresponsable, et paresseux semble avoir occulté le fait que bon nombre d'entre eux étaient d'abord des jeunes candides, naïfs, qui ont cru à un monde meilleur, en quête d'un modèle ou d'une façon de vivre différents de ce que nous proposons à nos enfants aujourd'hui.

De nombreux escrocs, truands, talibans, flics véreux et autres énergumènes en ont profité. De nombreux "sots-ciologues" ont également contribué à les discréditer en les redéfinissant par méconnaissance.

L'image des Anglaises (sont-elles sont encore vivantes?) et de la soirée de Kandahar me hantent encore, avec cette culpabilité de n'avoir rien pu faire. Il m'arrive encore de faire des cauchemars lorsque je pense à ce que certains jeunes ont subi.


  1. Puce Je suis retourné en Inde 9 fois depuis. Je retrouve la campagne et ses valeurs comme je les ai laissées, si ce n'est la montée en puissance de la violence et de l'arrogance des  jeunes "mâles". Je n'ai jamais trouvé que l'Inde était un pays non-violent, bien que tous les clichés semblent vouloir dire le contraire.

Mon contact en Inde a survécu à plusieurs tentatives d'assassinats parce qu'il oeuvrait à l'entrée à l'université d'étudiants de basses castes et parce qu'il mettait en place des coopératives dans les villages afin d'affranchir les paysans des crédits et dettes contractés auprès d'usuriers. (en majorité afghans!)

Dans les villages, les huttes sont coiffées de paraboles qui reçoivent des invitations permanentes au lissage, au conformisme et à la consommation, par toutes les chaînes du monde. Les femmes ont remplacé les pots de terre ou de laiton qui épousaient leurs hanches, par des pots en plastique multicolores made in China. Monsanto, Bayer et Cie font des ravages dans l'agriculture et l'appropriation des semences, au point d'entraîner le suicide de milliers de petits paysans, mais heureusement aussi des mouvements de révolte comme celui de Vandana Shiva.

Les villes sont devenues, grâce à la mondialisation, des copies de toutes les mégapoles du monde.

Beaucoup de femmes ont troqué leurs saris colorés pour les jean's ou les burqa, les enfants deviennent obèses et arrogants, les jeunes "s'envoient en l'air" dans des soirées alcoolisées et enfumées en sautillant sur les battements de boites à rythmes de DJ internationaux.

Les hommes se prennent pour les rois du monde parce qu'ils sont dans l'informatique ou le" business".

Pendant que les jeunes indiennes se prennent en selfies à moitié nues pour leurs réseaux sociaux, le ministre du tourisme invite les touristes étrangères à porter des pantalons, afin de minimiser les viols sur les étrangères.

Les vieilles Ambassador ont été remplacées par des TaTa Indigo, des Swift Dezir, des Toyota Etios; les hôpitaux indiens et leurs services de pointe se tournent vers les patients étrangers, laissant aux ONG le soin de s'occuper du petit peuple !

Les laboratoires "pharmaceutiques" fabriquent nos médicaments génériques à grand renfort d'économies sur les matières premières !

Dommage que la mondialisation se résume à Coca Cola, Nestlé, Malboro, Nike, Reebok, Lewis, Monsanto, Bayer, Hewlett-Packard, Apple Microsoft, Toyota, Dacia Duster ou Samsung...Comme la  culture hippy, la culture orientale semble faire long feu.


  1. Puce Je cesserai d'aller en Inde le jour où j'aurai l'impression d'y traverser un quartier de ma ville. Je pense que cela ne devrait pas tarder : le comportement arrogant et provocateur de nombreux jeunes "mâles" (17-35 ans) et la violence latente qui s'exacerbe au contact de l'émergence commencent à m'excéder sérieusement. Je suis heureux d'avoir connu l'Inde du 20ème siècle et l'Inde des hippies.


  1. Puce Longue vie au petit peuple Indien qui, lui, passe à côté de l'émergence. Qu'il continue d'aller au temple et à fumer des biddies.

J'aime son sourire, j'aime ses épices, j'aime ses chants sacrés, j'aime sa musique et ses films à l'eau de rose (de plus en plus rares), j'aime sa chaleur et son accueil, j'aime sa pauvreté qui à défaut de lui donner le pouvoir de consommer, lui conserve une dignité, une sagesse, des valeurs que nous avons troquées pas forcément pour le meilleur.


  1. Puce Il n'est pas surprenant que "Savoir Revivre" de Jacques Massacrier ait été réédité en 2011: une brise de conscience semble se lever sur le consumérisme et le libéralisme débridé. Bien que je me méfie des "bobos" et des néo-ruraux qui affichent ces idéaux !

Certains semblent vouloir réinventer ce que nous pensions, disions, faisions il y a 40 ans, qui avait tant fait sourire...

Seraient-ce de vieilles graines qui ont germé, ou un simple plagiat par opportunisme (start up) ou parce qu'ils n'ont pas de solution face à une crise provoquée et entretenue dont ils ont perdu le contrôle ?

Passer de la contestation révolutionnaire à l'écologie, ne semble pas poser de problème aux Cohn Bendit et consorts: prise de conscience ou opportunisme ? En attendant ils sont toujours davantage dans le baratin que dans l'action.

Je n'ai pas encore entendu un de ces ténors (de Cohn Bendit à Hulot, en passant pour tout ce qui se dit-vert) revendiquer le droit à une qualité de vie pour tous, ni proposer une grève de la faim nationale jusqu'à ce que ce droit soit voté et appliqué.

Quelle jeunesse, aujourd'hui, est susceptible d'inventer un nouveau voyage et de le mener plus loin que ce que nous avons pu faire ?

Ce ne sont ni les springbreakers, ni les adeptes des Burning Man (que l'on tente de faire passer pour les nouveaux hippies) ni les  "extasiés" des Raves d'Ibiza, de Goa, de Van Vieng, de Ko Samui ni les surfeurs beurrés d'Arugam Bay ou de Bali qui m'en convaincront.

Je ne désespère pas qu'un jour certains de nos descendants fatigués des guerres, des radicalisations, des sophismes, des erreurs que certains leur ont léguées, débranchent leurs gadgets numériques pour se mettre à nouveau en Route...ce fameux sursaut de la vie quand elle se rigidifie...


  1. Puce Si c'était à refaire :                             Freedom

Depuis les années 60/70 qui ont été le berceau du mouvement Hippy nous n'avons jamais connu de gouvernements et des sociétés aussi liberticides que celles que nous rencontrons aujourd'hui, de Trump et son clône Britanique Boris Johson à Macron en passant par Poutine, Erdogan, Kim Jong, Xi Jinping, Netanyahou, Narendra Modi, Jair Bolsonaro et autres fanatiques du pouvoir oligarchique qui prétendent pratiquer la démocratie.

Roosevelt, de Gaulle, étaient des "enfants de choeurs" à côté des oligarques et autres aristocrates qui dirigent le monde depuis plusieurs décennies. L'arrogance, l'autoritarisme, le mépris de classe semblent de mise pour gérer une nation et traiter un peuple: les hyper-riches ont pris le pouvoir en faisant élire leurs marionnettes, s'installant dans les gouvernements. Observez ces aller retour de ministres entre la fonction publique et les entreprises privées. Dans les années 60, le secteur public et le secteur privé étaient séparés.

Alors que les progrès techniques se flattent de favoriser la communication, les associations "bien pensantes", les médias, les mouvements de lutte "anti-tout ce qu'on veut", les anonymes flameurs-trolls-et autres snipers des réseaux sociaux font régner un état de censure jamais vu depuis des siècles. L'inquisition et ses bûchers ne sont pas loin.

Avec la nouvelle barbarie, la féodalité politique (présidents qui se comportent comme des rois), et l'inquisition médiatique, il semble que le moyen-âge soit de retour ! Ils appellent cela le progrès.


Après l'ère des chansonniers qui amusaient nos grands parents et nos parents en se moquant de la politique et des évènements, Coluche, Desproges, Le Luron et autres saltimbanques avaient le droit de s'exprimer sur tous les thèmes et de déranger, histoire d'allumer nos lanternes.  Pierre Péchin pouvait raconter la fable de la cigale et la fourmi avec l'accent arabe, Michel Lebb pouvait faire le sketch de l'épicier africain, Pierre Desproges pouvait plaisanter sur les juifs, Sardou pouvait chanter "le bon temps des colonies" sans déclencher de polémiques visqueuses et gluantes ou se faire condamner pour discrimination ou incitation à la la haine raciale.

Nous pouvions boire du Banania sans avoir peur de passer pour racistes, nous pouvions raconter des blagues sur les juifs, les noirs, les arabes,les belges, les suisses et même les homosexuels sans passer pour racistes, antisémites ou homophobes. Sachant que Africains, Arabes, Juifs, Belges racontent des blagues sur les Goyes et les Français, mais cela ne gêne personne !

Nous pouvions mettre une crèche de Noël sur la place du village sans porter atteinte à la laïcité, érigée depuis en culte d'Etat.

Nous pouvions faite tout cela sans risquer de déclencher une diarrhée juridique et médiatique d'associations laïcardes, de SoS "tout-ce-qu'on-veut", de la LICRA, et autres pseudo-bienpensants. Sachant que ce n'étaient généralement pas les communautés visées qui s'en plaignaient. J'ai connu à l'usine de nombreux Algériens qui riaient et reprenaient à leur compte la fable de Péchin.

Aujourd'hui, le concept même de racisme à changé sous la pression de la pensée binaire, on peut toujours plaisanter sur les Belges, les Suisses, mais les autres catégories sont interdites à grand renfort d'arguments psycho-socio-politico-binaires.

Aujourd'hui nous pouvons nous faire démonter par les Debouze du rire ou nous faire pendre, baiser ou brûler par les Nick Conrad sans que cela n'entraine de crise d'hystérie.

On pouvait être libre-penseur et s'exprimer ouvertement sans risquer un lynchage anonyme sur des réseaux dits "sociaux" ou dans les médias. Ce qui, depuis une décennie, est devenu le signe que la pensée actuelle est bien muselée, assujettie à un système politique, judiciaire et social sectaires, proches du totalitarisme. L'inquisition semble inscrite dans les gènes de nombre d'entre vous.

L'état qui se veut laïc se comporte comme un dogme, voire une secte en nous imposant ce qu'il pense être bien pour nous: vaccinations, déremboursement de l'homéopathie, interdiction des portables dans les écoles (pourquoi pas dans les entreprises!), mariage pour tous et PMA, sur-taxation des sodas, du tabac, de l'alcool, des carburants et bientôt des véhicules, libéralisation du cannabis, réductions des retraites, etc...pour notre bien être, bien évidemment !

  1. Puce Pourquoi ne pas donner aux gens l'opportunité et les moyens de réfléchir, de s'autodéterminer, de se construire, d'apprendre la liberté et la tolérance, en dehors de tout lavage de cerveau, de toute idéologie ? Que fait-on du libre arbitre ? Que fait-on du référendum ?

Cet "état" qui légifère tellement pour notre bien, semble bien incapable de nous protéger des lobbies financiers (dette, délocalisations et autres embrouilles politiques et économiques), des lobbies industriels (Monsanto, Bayer et autres multinationales), des lobbies pharmaceutiques (médicaments inefficaces, dangereux, prix exorbitants), des lobbies agro-alimentaires (malbouffe à tous les étages, législation volontairement floue), des industries polluantes et des spéculations qui ruinent la planète, de la dilapidation du patrimoine.

On déplore le chômage et le manque d'emplois pour les jeunes, on pénalise les retraités au profit des actifs pendant que l'on soutient les délocalisations et qu'on se gargarise de bons rapports économiques avec la Chine qui après avoir colonisé tous nos marchés, colonise nos terres, nos entreprises, notre patrimoine !

Plus grave, des cabinets spécialisés analysent vos données, vos échanges, vos achats, sur les réseaux sociaux afin d'élaborer un concept uniforme du bonheur que l'on vous imposera via différents algorithmes manipulateurs afin de vous transformer en moutons de panurge et en consommateurs dociles. Lire Happycratie de Edgar Cabanas et Eva Illouz - Premier Parallèle - 2018

  1. Puce Je pense aujourd'hui, encore plus qu'hier, que le mouvement hippie se justifiait et se justifie.       

La course à la croissance, à la consommation et leur cohorte d'injustices sociales, d'inégalités, atteint des niveaux que nous n'avons jamais connus. Depuis les années 70 la caste des très riches a fortement augmenté en même temps que ses revenus qui deviennent indécents. La restriction de libertés individuelles, la tendance à l'uniformisation semblent encore plus évidentes que dans les années 60/70 (vous avez tous les mêmes S.U.V ou Cross Over, les mêmes smartphones, les mêmes fringues slim, des mêmes marques, vous êtes  tous sur facebook, vous parlez tous avec le même accent du bronx, vous vous sentez tous obligés de faire des selfies etc...).

Les 3/4 de la planète est en addiction à des écrans tactiles et à leurs applications, à des consoles distillant de la violence gratuite et vous parlez de liberté ? Laquelle ?

L'Avoir(paraitre) semble avoir définitivement terrassé l'Être. Ce que nous prenions pour de la science-fiction devient réalité lorsque le monde industriel et économique imposent des stéréotypes et remplace les humains par des robots soit en les lobotomisant virtuellement, soit en créant des machines qui pensent et travaillent à leur place. La guerre, le terrorisme, les restrictions sont devenus omniprésents, comme si c'était naturel !

De nombreux professionnels de la politique, des animateurs de télévisons, le Dalai Lama ne cessent de faire l'apologie de la jeunesse, mettant en exergue sa créativité, sa confiance dans l'avenir, sa maturité. En général ils se basent sur une jeunesse qui fait de hautes études, qui rêve de partir travailler à l'étranger. Les millions de jeunes qui n'ont pas de hautes qualifications, qui ne sont pas issus de la middle class, qui ne sont pas coachs en management ou consultants en marketing, qui ne sont pas auto entrepreneurs (start up), ont ils la même confiance dans l'avenir, la même liberté de choix ?

http://www.leparisien.fr/societe/78-des-jeunes-se-disent-optimistes-concernant-leur-avenir-21-11-2017-7405086.php

S'ils sont si optimistes et si confiants que cela, comment explique-t-on qu'une enquête récente (2018) alerte les pouvoirs publics et les familles sur le nombre exponentiel de jeunes qui sont en addiction au tabac, aux drogues, à l'alcool, au sexe voire au porno trash .

Il est peut être temps que l'on arrête de tout mettre sur le dos du mal-être de l'adolescence. Admettons que cette période soit une période de perméabilité et de fragilité, ces addictions sont bien induites par un système et rapportent à des gens qui surfent sur le système. A quelle vitesse Mark Zuckerberg et les autres ont construits leur fortune et sur quelles bases ?

"Il semble bien qu'aujourd'hui la technologie affadisse l'altérité. Elle construit une nouvelle écologie où les machines réalisent de stupéfiantes performances mais ne permettent plus aux enfants d'apprendre les rituels d'interaction, les mimiques, les silences, les scénarios gestuels qui permettent de s'ajuster à un autre, sécurisant et pourtant différent. Médusés par la télévision, ils se saturent de sucreries et de graisses délicieuses. L'immobilité devant l'écran, à la maison et à l'école, en fait des obèses explosifs qui n'ont jamais connu le plaisir de se fabriquer musculairement, de triompher d'une épreuve relationnelle et d'apprendre à s'étonner de la découverte de mondes différents. Dans un tel contexte d'amélioration technique et d'engourdissement affectif, l'empathie se développe mal et favorise la narcissisation :  Cette solitude grandissante est la plaie la plus pernicieuse de l'homme occidental contemporain. 

Depuis que l'Asie adopte la techno-culture, les mêmes phénomènes d'auto-centrage narcissique apparaissent. Quand les Africains s'occidentalisent, ils connaissent à leur tour la même évolution". Boris Cyrulnik - Autobiographie d'un épouvantail - Odile Jacob - 2008


A qui rapporte l'addiction planétaire aux smartphones, aux iPhone, aux iPad, à Facebook, Twitter, Periscope, Google ? Qui incite les jeunes à faire et partager des selfies intimes ? Quel est l'objectif réel des réseaux dit sociaux ? Pourquoi sont ils régulièrement suspectés/ accusés de s'introduire dans la vie privée des gens ? Ne vient-on pas de découvrir que certaines applications permettent de déclencher votre camera, votre micro, de consulter toutes vos données, sans que vous vous en aperceviez...C'est ce que vous appelez liberté ?

Qui incite les utilisateurs à publier leurs photos et leurs vidéos sur internet et à qui rapporte le nombre d'abonnements sur les différents réseaux sociaux ? Pourquoi vos vedettes préférées ont elles besoin de dévoiler leur intimité sur Facebook, Instagram, Twitter? Qui régule les dérives des réseaux sociaux ? A quelle liberté font ils référence ? Qui publie et qui consulte des tutoriaux sur la torture, sur la violence, sur la fabrication d'armes et d'explosif ?

S'il est important de garder et transmettre l'espoir, d'oeuvrer à une évolution positive du monde, je ne suis pas convaincu que l'optimisme et la confiance dans l'avenir invoqués par les démagogues soient si réalistes que cela.

L'appel de Stéphane Hessel à s'indigner et à se rebeller pacifiquement semble avoir fait un "flop". Je n'en suis pas surpris.

Indignez-vous - Indigène éditions- 2011   et   Engagez-vous - éditions de l'Aude- 2011

Nous avons tous à travailler au réenchantement du monde, sans lavage de cerveau, sans diktat, avec espoir, humour et détermination.

Il est plus que nécessaire de redécouvrir la poésie, l'amour, la liberté, l'humanité, la coopération et le mutualisme, la sobriété, la simplicité "small is beautiful".

Je n'évoque pas ici la "frugalité innovante" vantée par les gurus de la Silicone Valley comme Navi Rajdiu et sa jugaad.

Dans les années 50/60/70, il y avait en France un contre pouvoir puissant et efficace qui s'appelait la classe ouvrière. Depuis les années 80 et l'arrivée au pouvoir des ploutocrates de gauche et de droite, avec leurs privatisations massives et leurs délocalisations, la force de la classe ouvrière s'éteint progressivement. Même la cohérence des syndicats semble écorchée, n'en déplaise à leur leaders avec leurs salaires et frais de fonction mirobolants.

La démocratie semble être un leurre utilisé à toutes les sauces: ils revendiquent tous la démocratie ( à gauche comme à droite), à condition que ce soit eux seuls qui dirigent et disent ce qui est bien pour nous.

Il est peut être temps de passer à l'anarchie au sens propre et positif du terme, dans son approche créative, sociale, mutualiste et non-violente.

Contrairement à ce que la plupart des gens imaginent, l'anarchie n'est pas le "bordel", le chaos, le désordre social, l'anomie encore moins la violence. Elle n'est pas non plus un parti politique. 

L'anarchie n'est pas amorale, au contraire, elle revendique l'abandon de la soumission à des lois coercitives au profit d'une réflexion individuelle et collective, d'une prise de conscience et de responsabilités. Par exemple je ne respecte pas le code de la route par peur du gendarme et de la sanction, mais par respect pour ma vie et la vie des autres. Je me sens concerné et responsable de ce qui peut nous arriver. Je m'auto-régule en fonction de mes valeurs.

Ceux qui usent de la violence, comme les Black blocs et autres barbares, ne sont pas anarchistes, ils cherchent à imposer un pouvoir par la terreur. Ils revendiquent une mouvance politique afin de maquiller une haine sociale profonde, un penchant viscéral pour la violence et une dépression latente propres à certains individus, comme les pervers de Daesh.

Ils se prétendent anti-fascistes alors que leurs actions et leur "idéologie" relèvent du fascisme dans sa forme la plus virulente: en s'introduisant dans toutes les manifestations sociales qui, elles, expriment pacifiquement de réelles revendications. Par leurs agissements ils les disqualifient, les discréditent, ils détournent l'attention des médias, du public et du pouvoir politique. Tous ces casseurs invalident ce qui est en train de se passer de façon anti-démocratique. N'est ce pas du fascisme ?

Casser des vitrines, voler ce qui s'y trouve, détruire le mobilier urbain, brûler des voitures, agresser des fonctionnaires dont le rôle est de protéger la population et les biens d'autrui relève de la guérilla et n'a jamais été un mode de revendication quoiqu'en disent les médias et les "sots-ciologues". Ils sont dans la toute puissance et non dans l'anarchie.


L'anarchie fuit le pouvoir en terme d'autorité qui s'impose(diktat). An = absence de, arkhê = pouvoir, hiérarchie, commandement.

Elle est acratie(absence d'autorité, de domination, de pouvoir) et isonomie (égalité devant les lois et les droits, avec partage effectif du pouvoir). C'est l'ordre sans le pouvoir d'un chef proclamé, d'une classe élitiste, en dehors d'un système idéologique quel qu'il soit.

Beaucoup lui attribue un sens péjoratif mélangeant anarchie avec certaines idéologies extrêmes, c'est faux !

Gandhi était anarchiste dans le sens où il refusait la gouvernance des Britaniques, il refusait la taxe sur le sel, il refusait de porter des vêtements fabriqués ailleurs qu'en Inde. Il prônait l'autodétermination, la liberté de s'auto-gérer, la coopération, la solidarité, la tolérance.

Coluche était anarchiste, c'est d'ailleurs ce qui le rendait populaire et dérangeant: il disait ce que les autres pensent sans oser le dire, en remettant en cause un système établi. C'est quand même lui qui a fondé les Restos du coeur (1985) et non le patriarcat de gauche qui  dominait à l'époque (Mitterand).

L'anarchie n'est pas l'absence de valeurs, de lois ou de règles(anomie) mais une quête d'autonomie. C'est la liberté de décider, de choisir en connaissance de cause, dans l'espace de règles et de lois librement définies et consenties, en l'absence d'un chef qui s'impose.

L'anarchie n'est pas la paresse : quitter un emploi avilissant, une entreprise maltraitante pour devenir auto-entrepreneur, ou garder les moutons n'a jamais été une sinécure. Créer et faire fonctionner une coopérative, une mutuelle, sans chercher à produire des dividendes demandent compétence, honnêteté, fiabilité, patience. Transformer le chômage en autant de métiers utiles à la communauté demande de la créativité, de la persévérance, de l'engagement, de la prise de risques. Développer l'artisanat, transmettre des savoir-faire n'est pas évident même si c'est valorisant.

Le coté péjoratif est entretenu par le système des straights qui en a peur. Parce que ça le remet en cause: il perd le contrôle sur le peuple. Cela perturbe la pensée unique, la rationalisation binaire, l'économie ultra-libérale.

Il y a encore des gens qui croient à la sélection naturelle, qui pensent que la vie est un combat et que ceux qui s'en sortent sont ceux qui le méritent ! "Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien", déclare Macron le 29 juin 2017, qui pense que "le meilleur moyen de se payer un costard est de travailler" et que "pour travailler il suffit de traverser la rue". 

C'est peut être pour cela qu'avoir une grosse voiture (Cross over, Suv etc...) une Rolex (J.Séguéla - 2009) ou un faux sac Vuitton donne autant le sentiment d'exister, de puissance et de sécurité !

L’anarchie désigne l'état d'un milieu social sans gouvernement, la situation d’une société où il n’existe pas de chef, pas d’autorité unique, autrement dit où chaque sujet ne peut prétendre à un pouvoir sur l’autre. Il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif. L’anarchie revendique la multiplicité face à l’unicité, le mutualisme face à l'individualisme. Elle est pour la représentativité absolue,  la coopération, la délibération, la démocratie.

C'est actuellement la meilleure façon non-violente de contrer l'oligarchie et la ploutocratie qui se mettent en place depuis plusieurs décennies (de la gauche à la droite). http://www.regards.fr/acces-payant/archives-web/l-oligarchie-menace-ce-qui-reste,4656

L'oligarchie "est un système d'organisation politique dans le quel un petit nombre de personnes concentrent et se partagent les pouvoirs économique, politique et médiatique, et discutent entre eux des décisions à prendre pour la collectivité.  Actuellement il semble que nous oscillons entre autocratie et oligarchie...La racine du pouvoir des oligarques est leur prétention à être plus compétents que le peuple". Hervé Kempf -  L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie - Seuil -2013

La ploutocratie est un système dans lequel le pouvoir politique est dévolu aux détenteurs de la richesse.(de gauche et de droite)

L'anarchie est s'affranchir de la peur de résister, faire le choix d'être libre, s'engager et se donner les moyens de l'être.

Concrètement l'anarchie consiste à se libérer des diktats : diktat politique lorsque les valeurs démocratiques sont bafouées, même au nom de la "démocratie", diktat économique lorsque ce sont les banques, les lobbies industriels, leurs PDG et leurs actionnaires qui font la pluie et le beau temps, diktat de l'industrie et des médias lorsqu'on impose une façon de s'habiller, de se soigner, de prendre soin de soi, de se nourrir, d'acquérir des objets, voire de se comporter (par la persuasion et la manipulation de masse), diktat de la croissance lorsque les grands trusts imposent une consommation de masse et une obsolescence programmée, au détriment des clients, des petits commerçants, des petits producteurs, diktat de la malbouffe lorsque l'alimentation est gérée par des groupes industriels et financiers qui n'ont rien à faire du bien être et de la santé des humains, des animaux et de la planète, diktat de la chimie et des laboratoires pharmaceutiques lorsqu'ils influent sur la liberté de se soigner et la qualité des soins, lorsqu'ils font de la santé un facteur d'injustice sociale, diktat des médias lorsqu'ils jugent, discriminent, imposent des façon de penser, manipulent l'information au lieu de se contenter d'informer, diktat de la religion lorsqu'elle s'impose comme "guide" en retirant aux êtres humains la liberté de penser et de vivre par eux mêmes.

L'anarchie c'est adhérer à l'idée de progrès et de croissance à condition qu'elle soit au service de l'humanité et non de l'argent, d'un individu ou d'une élite.


C'est défendre la démocratie et l'isonomie sans concession. C'est promouvoir l'auto-gestion, la fédération, l'économie coopérative, la valorisation des compétences.

Si cela s'apparente à une forme de socialisme libertaire, ce n'est ni du socialisme, ni du communisme, rien qui se termine en...isme.

L'anarchie ne devrait être qu'un moyen et non une fin, elle ne devrait être qu'une transition, elle est une chemin qui mène à la démocratie, quitte à la réinventer, l'ancienne démocratie ayant été "dévoyée" par le néolibéralisme et l'oligarchie. C'est un moment de déconnexion de l'autorité en place (politique, religieuse, économique, familiale) pour investir le libre arbitre, développer la pleine conscience, afin d'appréhender la réalité autrement qu'en pilote automatique ou en téléguidage.

Dans notre contexte, l'anarchie non-violente pourrait consister à:

  1. Boycotter les élections qui ne respectent pas la parité (hommes-femmes, mais aussi jeunes-vieux), l'égalité (entre tous les citoyens), la proportionnelle intégrale (non discrimination à l'égard des petits partis, des députés non-inscrits), la transparence (il y a trop de politiques et de sociétés qui fraudent, ne respectent pas les lois, ou sont en conflit d'intérêt), l'indépendance (il y a trop de politiques qui slaloment entre fonction publique et entreprises privées).

Il n'est pas normal que moins de la moitié des Français décident pour tous les autres, par alternance. Boycotter les gouvernements qui ne pratiquent pas la démocratie et le référendum.

  1. Boycotter les systèmes, les organismes, les entreprises qui prennent les gens en otages, d'une façon ou d'une autre et créent de l'injustice sociale. Boycotter les marques qui pratiquent l'obsolescence programmée afin de nous obliger à renouveler régulièrement notre matériel. Electro-ménager, informatique, numérique, connectique sont friands de ces procédés de marketing.

  2. Boycotter tous les produits de la firme Bayer qui après avoir fourni le Zyklon B aux Allemands pour gazer les prisonnier dans les camps de concentration, après avoir utilisé des prisonniers et des prisonnières de ces camps dans ses laboratoires expérimentaux, achète la firme Monsanto, fournisseur de l'agent Orange aux Américains pour détruire des villages Vietnamiens, qui pollue la planète avec ses pesticides toxiques, ses graines OGM provoquant le suicide et le cancer de milliers d'agriculteurs, et qui aujourd'hui fiche les hommes politiques et les personnages influents afin de les manipuler dans son intérêt.

  3. Boycotter tout ce qui vise à établir un diktat économique, intellectuel, culturel: boycotter les supermarchés au profit des petits commerces, boycotter les produits industriels au profit des produits artisanaux chaque fois que cela est possible,

  4. Boycotter les plates formes numériques dont les stratégies visent la captation du temps, la mise en addiction du plus grand nombre à des fins mercantiles, voire de super pouvoir. Boycotter toutes les plates formes numériques qui ne respectent pas la vie privée, qui exploitent ou diffusent les données personnelles, qui utilisent des algorithmes pour contrôler leurs clients. Ce qui ne remet pas en cause l'utilité d'Internet et de ses différentes applications. Boycotter les StartUp qui créent et exploitent des désirs en les faisant passer pour des besoins, boycotter la télévision et les médias qui imposent une vison du monde tronquée(fragmentée) ou manipulée.

  5. Boycotter les produits manufacturés à l'autre bout du monde, notamment en Chine, en Europe de l'Est, au détriment de nos ouvriers, de nos artisans et de leur savoir faire. Boycotter les produits issus de terres françaises vendues par des étrangers. Boyocotter la néo-colonisation Chinoise, notamment en s'opposant à la vente et la dilapidation de notre patrimoine, et à la production et l'importation systématiques de tout ce que nous savions faire avant les délocalisations.

  6. Boycotter les religions et systèmes de pensée (politiques, experts, religieux, médias) qui se substituent au libre arbitre, qui utilisent des idéologies, des techniques de persuasion, des principes obsolètes, des savoirs non avérés, manipulés, hors contexte, sans jamais avoir été révisés à la lumière de l'évolution du monde.

  7. Boycotter les systèmes éducatifs qui préfèrent la compétition à la coopération, où il n'est question que de régurgiter des savoirs à peine assimilés pour obtenir des titres et le droit d'exister. Si un peu de compétition est parfois nécessaire pour pimenter un chalenge, la base de l'éducation devrait être la coopération et la méta-éducation: apprendre su la manière d'apprendre.

  8. Boycotter les artistes, les comédiens, les sportifs qui sont exilés fiscaux, qui ne participent pas à la redistribution des richesses, et aux prélèvements de solidarité, en n'achetant pas leurs disques, leurs films, en allant pas à leurs concerts, à leurs matchs.

  9. Boycotter les banques qui spéculent sur l'armement, les produits alimentaires, les médicaments de base, et les banques qui se font renflouer alors qu'elles font des bénéfices faramineux, au profit des petites banques coopératives. Boycotter les assurances qui font de la spéculation et qui jouent aux banques. Boycotter tout ce qui se dit mutualiste et qui ne l'est pas.

  10. Boycotter les médicaments et les produits chimiques qui ne servent à rien ou qui sont dangereux pour la santé ou la planète.

  11. Boycotter tout ce qui ne respecte pas l'être humain, la planète: les pays, les systèmes, les entreprises et les marques qui créent de l'injustice sociale, qui exploitent les êtres humains, qui vendent des produits toxiques, des produits contaminés, tout ce qui peut nuire à l'humanité...Boycotter tout ce qui relève des Trump, Xi Jinping  et de leurs sbires.

  12. Puce Par boycotter j'entends faire le choix éclairé de ne plus utiliser, de ne pas cautionner, ce qui ne veut pas dire supprimer par respect pour ceux qui souhaitent continuer à en bénéficier, sous réserve qu'ils ne nous imposent pas leur idéologie ou leur façon de vivre. Vous commencez à comprendre la différence ?

Pour que vive la démocratie, sans violence :

  1. Ce pourrait être utiliser le référendum populaire pour tous les grands thèmes qui nous concernent en partageant les informations sans manipulation, en organisant des débats publics destinés à alimenter la liberté de choix et de décision de chacun. Un peu comme en Suisse. C'est consulter les gens de terrains avant de promulguer des lois, et au mieux les associer.

Il est complètement anti-démocratique de décider le déremboursement de l'Homéopathie, parce que 140 médecins signent une pétition, sans avoir consulté les 3 millions de Français qui l'utilisent. Un bureaucrate ou un banquier n'a pas à décider pour un apiculteur, pour un agriculteur, pour un marin-pêcheur, pour un patient, pour un consommateur etc...Les professionnels et les utiiisateurs savent mieux que quiconque ce qui est bien pour eux contrairement à ce que pensent les Enarques.

  1. Ce pourrait être organiser de véritables débats politiques avec toutes les tendances qui s'expriment dans la population, en veillant à éviter le show politique, ou à l'inverse la discrimination arbitraire médiatisée.

Comme le suggère Michel Onfray: refuser le cumul des mandats, imposer un mandat non renouvelable afin d'éviter que les professionnels de la politique utilisent le temps et les moyens mis à leur disposition pour préparer leur réélection.

C'est aussi redonner la priorité aux instances locales, les communes, les départements, les régions afin de les libérer de l'omnipotence de Paris et de l'Europe, et leur redonner leur souveraineté, en mettant en valeur leurs particularités.

C'est remplacer tous les technocrates, les Enarques et autres Experts en politique par des gens de terrains dans tous les secteurs qui les concernent. Par exemple: que la politique agricole soit définie par des agriculteurs de différentes obédiences (conventionnelle, bio etc...) et représentants chaque région avec ses particularités plutôt que par des bureaucrates. M. Onfray - Décoloniser les Provinces - J'ai Lu - 2017

  1. S'il faut désigner des  "leaders" c'est dans le cadre d'un mandat impératif et non représentatif.

Le mandat impératif est le pouvoir délégué à une organisation ou un individu élu en vue de mener une action définie dans la durée et dans la tâche, selon des modalités précises auxquelles il ne peut déroger. L'élu peut être révoqué s'il ne tient pas ses engagements.

Il s’oppose au mandat représentatif.

C'est un principe politique, lié à un mode de fonctionnement au niveau organisationnel (une autre méthode élective), qui part de besoins définis par un organisme ou un groupe exerçant ce principe, pour ensuite déléguer, si nécessaire à un ou plusieurs individus (extérieurs ou internes au groupe) une action définie dans la durée et dans la tâche. Il peut y avoir un contrôle, selon le mandat, ou un rapport demandé au mandataire afin que les mandants soient en lien direct avec le mandat posé, et suivent ainsi la réalité et l'efficacité du mandat.

Le mandat représentatif est une forme de mandat politique qui possède la caractéristique d'être général, libre et non révocable. C'est-à dire que le représentant peut agir en tous domaines à sa guise car il n'est pas tenu de respecter les engagements qu'il aurait éventuellement pris devant ses mandants. Il s'oppose au mandat impératif.

La démocratie représentative à la Française, repose sur le principe du mandat représentatif. Les élus au pouvoir doivent pouvoir disposer d'une liberté d'action telle qu'ils ne doivent pas être les obligés de leurs électeurs. D'où une tendance à l'oligarchie.

  1. Ce pourrait être redonner aux communes, aux départements, aux régions et aux gouvernements nationaux la liberté d'exprimer leur différence, la responsabilité de légiférer, de maitriser leur situation économique, en replaçant les banques dans leur fonction originelle, et l'Europe dans son rôle fédérateur.

  2. Ce pourrait être favoriser équitablement le développement des petites entreprises (commerce, artisanat et services, agriculture) en veillant à ce qu'elles soient génératrices d'emplois. Ce qui n'empêche pas d'utiliser des robots tant qu'ils restent au service de l'homme. Ce devrait être l'interdiction de délocaliser et à défaut instaurer une taxation spécifique sur les produits délocalisés, taxation visant à aider tous ceux qui perdent leurs emplois du fait des délocalisations: aide financière, aide à la formation, aide à la création d'entreprises.

  3. Ce pourrait être poser comme interdit non-négociable le fait de porter atteinte à la vie ou l'intégrité d'une personne. Il est inconcevable en démocratie que l'on négocie ou que l'on applique une peine différente pour un meurtre, un viol, un accident par négligence ou insousciance en fonction de l'agresseur, des moyens utilisés: arme ou voiture, en fonction de sa défense ou du tribunal où a lieu le jugement. En dehors de cas de légitime défense ou d'accident imprévisible soumis à l'appréciation de juges et de jurés, nous n'avons pas à marchander le droit à la sécurité, à la dignité et encore moins le droit à la vie.

  4. Ce pourrait être remettre à leur place les plates formes numériques et les réseaux sociaux.

  5. Comme l'écrit Bruno Patino "il nous faut simplement comprendre que la liberté s'exerce dans la maîtrise. Et que cette maîtrise nécessite moins une ascèse qu'une simple modération."

  6. J'aime beaucoup ses propositions de lutte contre le capitalisme numérique et les dérapages qu'il engendre: Sanctuariser des lieux où le numérique n'entre pas, créer des zones sans connexion comme les zones non-fumeur: les lieux d'apprentissage (écoles, centres de formation etc...), les lieux de prière, les lieux de réunions et de débats, les lieux de réception, de célébration (comme les repas de famille ou entre amis), j'ajouterai les lieux et le temps de travail, pour réserver l'attention à ce que l'on fait ou avec qui on est, à ce que l'on vit. Préserver du temps en se déconnectant, pour retrouver le contact avec la réalité, avec soi-même et avec les autres. S'accorder des vacances numériques régulièrement. Expliquer : faire sortir les réseaux sociaux de l'école et les remplacer par un apprentissage de bonne utilisation de façon à se protéger de leurs effets néfastes, des mécanismes d'addiction. "Exposer le continuum entre ce qui se passe en ligne et ce qui se passe dans ce qu'on appelle la vie réelle permet de faire comprendre que ce qui semble virtuel (plaisanterie, harcèlement etc...) ne le reste pas longtemps". Ralentir: récupérer du temps volé par les plates formes numériques pour faire autre chose, voire même ne rien faire : lire, communiquer, se détendre, se cultiver etc... sachant que "toute tentative de ralentissement dans quelques domaine que ce soit, informations, médias, consommation en réseau ou non est une mesure de résistance". Mais c'est aussi une mesure de libération"... Nous ne pouvons laisser à ces plates formes le soin d'organiser seules la vie en société, si nous ne souhaitons qu'elle soit peuplée d'humains au regard hypnotique qui, enchaînés à leurs écrans, ne savent plus regarder vers le haut."

  7. Bruno Patino - la civilisation du poisson rouge - Grasset - 2019

  8. Ce pourrait être donner une place plus importante aux lanceurs d'alerte, aux organismes indépendants de défense des consommateurs, créer des commissions d'enquêtes indépendantes capables de vérifier les alertes et les conflits d'intérêts et de proposer des solutions à tous les niveaux. Pourquoi la France a-t-elle toujours 5 à 10 ans de retard pour le retrait de substances nocives ? Quels avis doit-on privilégier lorsqu'on impose des vaccinations obligatoires: les avis des laboratoires producteurs, l'avis de ministres englués dans des conflits d'intérêts, les recherches scientifiques indépendantes ? Lire Dr Michel de Lorgeril- Introduction à la médecine des vaccins et Analyse scientifique de la toxicité des vaccins- Edt Chariots d'or - 2018 et 2019.

  9. Ce pourrait être comme le préconise Proudhon organiser l'ensemble de la société selon les principes de réciprocité, d'équilibre, d'équité, d'avantages mutuels, de fédération, de coopération. Ce qui est loin de la solidarité à sens unique pour laquelle on nous sollicite(oblige) perpétuellement dont les bénéficiaires sont plus souvent des opportunistes. C'est aussi très différent du commerce équitable et solidaire, dont on nous leurre depuis des années. Les bénéficiaires étant généralement les propriétaires, les producteurs, les intermédiaires mais jamais ceux qui cueillent, qui cultivent, qui ramassent, qui nettoient, qui trient, qui conditionnent.

  10. Ce pourrait être favoriser la création de coopératives d'achats pour permettre aux petits commerces de rivaliser avec les supermarchés, coopératives de ventes, coopératives de services. Retrouver la liberté et l'indépendance de nos choix: faire des achats éclairés, en étant informés en détails sur les produits, conscients que la publicité n'est qu'un processus d'influence et que l'industrie chimique et agro-alimentaire n'ont pas notre santé ni notre bien-être pour objectif.

Notre carte de crédit est plus puissante que notre carte d'électeur: elle touche là où nous le décidons. Plutôt que d'attendre que l'Europe ou la France aient le courage de s'opposer à Monsanto et Bayer, si vous n'achetez plus de Roundup ou d'aliments arrosés de glyphosates, il ne se vendront plus. Idem pour de très nombreux autres produits tels que les médicaments jugés inefficaces, voire dangereux, et ceux dont le prix est exorbitant (notamment les traitements pour les cancers).

  1. Ce pourrait être créer des banques mutualistes ou coopératives non spéculatives, des mutuelles d'assurances et des complémentaires santé qui n'auraient pas de dividendes à verser à des actionnaires ou à des PDG, qui ne spéculeraient pas sur les marchés mondiaux de la bouffe, des armes.

  2. Cela permettrait d'avoir des tarifs, des taux de prêt plus bas, plus justes, accessibles à tous. Cela ne veut pas dire que les salariés seraient des bénévoles ou gagnes-petits, cela veut dire que les prix n'incluraient pas de rentes versées à des actionnaires ou à des groupes de monopoles, que les revenus ne serviraient pas à la spéculation pour gagner plus et toujours plus. Cela impliquerait aussi des moyens de contrôles pertinents afin d'éviter les abus, les dérives opportunistes, notamment au niveau des prises en charges médicales et des aides sociales.

  3. Ce pourrait être créer de nouvelles méthodes d'enseignements,  adapter ou réactualiser des méthodes d'enseignements (Freinet, Montessori, Steiner) dont les objectifs sont autant d'apprendre sur les manières d'apprendre que d'acquérir des connaissances, d'expérimenter ces connaissances, en veillant à les rendre accessibles au plus grand nombre, en faisant appel à des enseignants qui ne sont pas fonctionnaires, afin d'éviter l'effet corporatiste, voire uniformiste ou idéologique. Ce n'est pas un hasard si en France la majorité des enseignants votent à "gauche"et se "reproduisent entre eux".

  4. Ce pourrait être méditer, apprendre à penser par soi même, valoriser l'apprentissage et toutes les formations aidant à développer des capacités personnelles et collectives, s'informer et exiger l'accès à une information fiable, transparente, dépolluée de toute manipulation ou tentative de persuasion.

  5. Ce pourrait être coopérer: créer toutes formes de coopérations susceptibles de palier à l'hégémonie d'un système, au niveau transports, au niveau formation, au niveau alimentaire, au niveau des loisirs. "La politique de la démocratie donne aux citoyens une chance d'apprendre les uns des autres". Amartya Sen - Prix Nobel d'économie.

  6. Ce pourrait être acheter local, manger local (AMAP), valoriser et développer l'artisanat et la paysannerie, favoriser l'agro-écologie. Développer une indépendance énergétique autre que nucléaire, une indépendance sanitaire, alimentaire.

  7. Ce pourrait être créer et développer des médiathèques achalandées pour l'emprunt gratuit de films, de musique, de livres. Cela permettrait également d'éviter l'achat d'oeuvres d'artistes qui pratiquent l'exode fiscal, en étant vigilants à ce que les espaces culturels soient représentatifs de l'architecture spécifique du terroir. Ce pourrait être une généralisation de musées vivants chargés de faire connaitre et partager des traditions et des savoirs faire locaux.

  8. Ce pourrait être diminuer, supprimer si on le peut, la consommation de tabac, d'alcool, de sodas, pratiquer davantage le co-voiturage, les transports en commun, pour se libérer des taxes et enlever à l'état cette rente viagère.

  9. Ce pourrait être remettre la télévision, les consoles de jeux, les réseaux sociaux à leur place d'accessoires de divertissement, en choisissant et limitant leur temps d'utilisation, pour se consacrer à des activités culturelles, sportives,  jouer à des jeux de société, lire, faire du bricolage, se cultiver, faire la fête en famille, entre amis, entre voisins. Lire Se distraire à en mourir de Neil Postman - Fayard Pluriel -2010

Si vous ne regardez plus les émissions qui ne vous concernent pas, qui ne vous apportent rien de constructif, qui ne sont pas indispensables à votre épanouissement, ils ne les produiront plus.

Que ce soit la télévision ou Facebook et autres, réduire le pouvoir que vous leur accordez vous rendra liberté et pouvoir.

  1. Ce pourrait être prendre du plaisir à faire son pain, ses yaourts, ses confitures, sa bière, cuisiner ses repas, faire ses meubles. Prendre du plaisir à faire pousser des fleurs, des fruits et des légumes sur son balcon, dans un jardin personnel ou collectif. Ce pourrait être partager des savoir-faire en apprenant à coudre, à tisser, à broder, à bricoler, à jardiner, à chanter, à peindre, à cuisiner, à faire de la musique, à écrire, ou encore participer à des conférences, à des formations complémentaires (apprendre à mieux utiliser un ordinateur et internet), voyager et rencontrer d'autres cultures grâce à une organisation différente des transports et des voyages, etc...tout ce qui peut être un véritable antidote aux influences et aux manipulations d'un système qui engendre dépression, affaiblit l'estime de soi, engendre le communautarisme, ruine l'humanité. Observez comment Nouvelles Frontières qui avait cet objectif au départ est passée au main du neo-libéralisme !

  2. Ce pourrait être développer et entretenir tout ce qui nous protège de l'emprise d'une classe ou d'un système, tout ce qui nous protège d'une crise créée et entretenue par un système qui, lui, profite de la crise.(voir les études de Camille Landais, économiste)

  3. Puce Il appartient à chacun de développer la conscience de son anarchie, parce que l'anarchie aveugle est aussi destructrice que l'obéissance et la soumission compulsives à une autorité  ou une idéologie(politique, religieuse, médicale, managériale, familiale).

  4. Puce Georges Bernanos écrit en 1944 : "le danger n'est pas dans la multiplication des machines, mais dans le nombre sans cesse croissant d'hommes habitués, dès leur enfance, à ne désirer que ce que les machines peuvent donner...

Nous voyons aujourd'hui la spéculation exploiter avec une espèce de rage croissante les habitudes de l'homme. Elle en crée sans cesse de nouvelles en même temps que les joujoux mécaniques (on pourrait ajouter numériques) que ses ingénieurs lui fournissent, et qu'elle jette inlassablement sur le marché.

La plupart de ces besoins, constamment provoqués, entretenus, excités par cette forme abjecte de la Propagande qui s'appelle la Publicité, tournent à la manie, au vice(addiction). La satisfaction quotidienne de ces vices (addictions) portera toujours le nom modeste de confort, mais le confort ne sera plus ce qu'il était jadis, un embellissement de la vie par le superflu, le superflu devenant peu à peu l'indispensable, grâce à la contagion de l'exemple sur les jeunes cerveaux de chaque génération". la France contre les robots- Le Castor Astral-

  1. Puce Jacques Ellul écrivait en 1988: "L'organisation industrielle comme la post industrielle, la société technicienne ou informatisée, ne sont pas des systèmes destinés à produire ni des biens de consommation, ni du bien-être, ni une amélioration de la vie des gens, mais uniquement à produire du profit. Exclusivement. Tout le reste est prétexte, moyen et justification". Le bluff technologique - Fayard/Pluriel -2017

ou encore : "Le troisième paradigme de la déraison, c'est la croissance à tout prix. Nous connaissons tous et dans tous les domaines cette obsession de la croissance. La croissance est bonne en soi. On ne se demande ni croissance en quoi ? Ni si cette croissance est utile ? Ni à qui servira cette  croissance ? Ni même que fera-t-on de tous ces excédents ?"  Le bluff technologique - Fayard/Pluriel -2017

"Les technocrates ont un aveuglement exceptionnel sur la réalité complexe du monde et tout autant sur les réflexions de simple bon sens comme le fait qu'un système ne peut pas croitre indéfiniment dans un univers clos et limité.

D'où l'idée de plonger dans l'électronique et l'informatique, sans penser que demain peut être, savoir cultiver un bout de terrain, allumer un feu de bois, ou faire des pansements corrects seront plis utiles que tapoter sur un clavier..." Le bluff technologique - Fayard/Pluriel -2017

  1. Puce Thibault Isabel: " En France, nous sommes habitués à vivre dans une société pyramidale. Le souvenir de la monarchie d'ancien régime et de Louis XIV marque encore nos esprits. Les décisions relèvent d'une logique descendante, voire paternaliste : l'Etat bureaucratique encadre les transactions commerciales, impose les bonne moeurs et les bonnes pratiques vestimentaires, sélectionne les médicaments reconnus comme efficaces et ceux qui ne le sont pas, détermine le nombre de fruits et de légumes qu'on doit manger chaque jour, choisit le programme unique autorisé dans les collèges et stipule même l'école à laquelle on est tenu de confier ses enfants...(on pourrait ajouter un tas d'autres décisions comme les vaccinations, le mariage pour tous, l'utilisation des portables, la gestion de l'immigration etc...)

L'anarchiste demande au contraire que les décisions soient assumées  par la bas. Il veut accorder une plus grande marge d'initiative à la sphère locale, afin d'encourager la participation directe du citoyen dans les affaires collectives. Au lieu de tout élaborer d'en haut, il laisse la population s'organiser d'en bas, en respectant sa diversité".

" Le monde moderne nous place sur une mauvaise pente : il entretient ce qu'il y a de plus déplorable en nous, à travers la rapacité marchande et le dirigisme d'État. Tandis que le commerce nous rend cupides, l'administration nous infantilise.

L'anarchiste envisage une option inverse : il veut nous faire vivre dans un environnement moins confortable, moins conciliant à l'égard de nos inclinations spontanées. L'anarchiste veut empêcher le commerce de flatter notre cupidité, de la même façon qu'il veut empêcher l'État de nous placer sous tutelle. Il assume son idéalisme moral, afin de mettre les hommes devant leurs propres responsabilités et les obliger à se prendre en main, à se discipliner" .

"Ce ne sont pas les politiciens de carrière qui changeront le monde, parce qu'ils vivent au crochet du monde tel qu'il va. Ce ne sont pas les activistes qui nous rendront notre liberté, parce qu'ils se croient les gardiens d'une vérité universelle. Nous ne croyons à aucun dogme ; nous n'appartenons à aucun temple. Mais nous avons le souci de nous-mêmes et le souci des autres. La révolution est dans nos âmes, plus que dans les urnes ou sur les barricades".  Pierre Joseph Proudhon - L'Anarchie sans le désordre- Editions Autrement- 2017

  1. Puce Hervé Kempf: "Les élections se déroulent, les responsables politiques se disputent, des manifestations se produisent. Les gouvernements prennent des décisions. La démocratie ? Non. Un théâtre de marionnettes dont nombre de fils sont tirés en dehors de la vue du public. Les médias s'acharnant à nous faire croire qu'il s'agit de la réalité et non d'un théâtre. Ce n'est pas la démocratie - pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple. Ce n'est pas (pas encore) la dictature pouvoir d'un seul aux fins qui lui sont propres. C'est l'oligarchie - le pouvoir de quelques uns qui délibèrent entre eux des solutions qu'ils vont imposer à tous." L'oligarchie ça suffit - vive la démocratie- Seuil - 2011

Hervé Kempf: "Avoir le courage de résister est un sport collectif. S'il est bien d'être courageux seul, on est plus fort si l'on est courageux ensemble- entreprise plus difficile dans une culture individualiste qui sépare les uns des autres". L'oligarchie ça suffit -vive la démocratie-Seuil -

  1. Puce Bertand Russel : "La démocratie telle que les politiciens la conçoivent est une forme de gouvernement: c'est à dire une façon de faire faire aux gens ce que les chefs désirent tout en leur faisant croire qu'ils font ce qu'ils veulent eux mêmes". Essais sceptiques - 1928

  2. PucePierre-Joseph Proudhon "La liberté est anarchie, parce qu'elle n'admet pas le gouvernement de la volonté, mais seulement l'autorité de la loi, c'est-à-dire de la nécessité"

  3. Puce Ivan Illich écrivait à propos de l'éducation: " L'école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes, autant de faux progrès. Dévotion rituelles où la société de consommation se rend à elle-même son propre culte, où elle produit des élèves dociles, prêts à obéir aux institutions, à consommer des programmes tout faits préparés par des autorités supposées compétentes. A tout cela, il faut substituer une véritable éducation qui prépare à la vie dans la vie, qui donne le goût d'inventer et d'expérimenter. Il faut libérer la jeunesse de cette longue gestation scolaire qui la conforme au modèle officiel. Alors, les nations pauvres cesseront d'imiter cette coûteuse erreur.

Plus de crédits démesurés aux institutions (scolaires ou autres). Que les moyens d'acquérir ou de transmettre un savoir soient mis en commun et librement accessibles à tous. Plus de maîtres à la fois gardiens de l'ordre établi, prédicateurs et thérapeutes. Mais des échanges entre "égaux", des éducateurs indépendants..." Une société sans  école - Point - 2015

  1. Puce Jean Ziegler après avoir démontré comment opèrent les stratégies d'aliénation des oligarchies et de la cosmocratie affirme : "La fonction de l'aliénation est de détruire l'identité singulière de l'individu, de le priver de son libre arbitre, de sa capacité à penser librement et à résister. Il s'agit de le réduire à sa fonction marchande". Jean Ziegler - le capitalisme expliqué à ma petite fille seuil - 2018

  2. Puce Tom Hodgkinson: "Que chaque homme et chaque femme sache maîtriser deux ou trois savoir faire. J'espère voir renaître l'artisanat. L'artisanat est basé sur le peuple, sur le plaisir: il est l'expression d'une société égalitaire, de la qualité et de la joie dans l'élaboration des objets. Il signifie le triomphe de la qualité sur la quantité, de l'auto-gouvernement sur l'exploitation...Tout ce que vous faites, quelle que soit l'esthétique, sera toujours plus beau que la production de masse, parce que cela respirera le soin, même si le résultat est bancal, irrégulier et bizarre." - L'Art d'Être Libre dans un monde absurde - LLL- 2017

  3. Puce Aldous Huxley: "le secret du bonheur et de la vertu : aimer ce qu'on est obligé de faire.Tel est le but de tout conditionnement: faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper". le Meilleur des Mondes - Plon - 1932-2017

  4. Puce Pierre Desproges disait : "J'adhérerai à SOS Racisme quand ils mettront un "S" à racisme. Il y a des racistes Noirs, Arabes, Juifs, Chinois. Mais à SOS Machin, ils ne fustigent que le Berrichon de base et le Parisien-baguette. C'est sectaire." Fonds de Tiroirs Seuils - 1990

  5. Puce Vandana Chiva :"Nos vies sont dominées par la peur, l'insécurité et la méfiance parce que nous avons perdu notre sentiment d'appartenance à un lieu et à une communauté, et que nous ne savons plus comment nouer de vraies relations avec autrui. Les luttes d'argent et de pouvoir ne sont pas nouvelles: elles existent depuis la nuit des temps. Mais autrefois les valeurs tribales, communautaires, familiales et religieuses favorisaient le développement de la réciprocité et du mutualisme plutôt que le goût de certains pour le contrôle et la domination".

et d'ajouter "Le vrai chalenge c'est de croire que, nous citoyens ordinaires, pouvons amener le changement. Nous ne sommes pas des atomes dans la société, nous sommes une communauté. Il faut se percevoir comme des êtres en relation, et non comme des individus isolés. Dès que l'on sort de notre isolement, nous faisons l'expérience de la puissance de la communauté.

L'isolement que nous ressentons est une construction du système, pour qui il n'y a pas de société, il n'y aurait que des individus. C'est vital pour les multinationales de nous réduire à une identité de simple consommateur."  Vandana Shiva - Interview En Quête de sens -2015

  1. Puce Satish Kumar :  En faisant triompher le matérialisme, l'époque moderne a valorisé l'agressivité et balayé les valeurs relationnelles".

Satish Kumar - Tu es donc je suis - Belfond éditions- 2010/2015

Peut être faut il attendre que les traces de Bill Gates et de Steve Jobs s'atténuent, que les Sillicon Valley et leurs starts up disparaissent. Peut être faut-il attende qu'une ou deux générations aient été sacrifiées pour qu'à nouveau souffle le vent de la liberté et de l'amour.

  1. Puce John Lennon "Quand je suis allé à l'école, ils m'ont demandé ce que je voulais être quand je serai grand. J'ai répondu : "Heureux"

Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question, j’ai répondu qu’ils n’avaient pas compris la vie."

"Si tout le monde demandait la paix au lieu d'un autre poste de télévision (ou smartphone), alors il y aurait la paix."

Je suis persuadé qu'un jour une génération renaîtra de nos cendres, probablement avec plus de clairvoyance et de sagesse.

Je leur souhaite un bon et beau voyage en faisant le voeu qu'ils aient le courage et l'intelligence d'aller plus loin que nous avant qu'il ne soit trop tard, avec au moins autant d'amour. Peace & Love, sans modération.  Forever Young.......

        

May God bless and keep you always,

May your wishes all come true,

May you always do for others

And let others do for you.

May you build a ladder to the stars

And climb on every rung,

May you stay forever young,

Forever young, forever young,

May you stay forever young.


May you grow up to be righteous,

May you grow up to be true,

May you always know the truth

And see the lights surrounding you.

May you always be courageous,

Stand upright and be strong,

May you stay forever young,

Forever young, forever young,

May you stay forever young.


May your hands always be busy,

May your feet always be swift,

May you have a strong foundation

When the winds of changes shift.

May your heart always be joyful,

May your song always be sung,

May you stay forever young,

Forever young, forever young,

May you stay forever young.

Bob Dylan

   

Puisse Dieu te bénir et te garder toujours,

Puissent tous tes désirs devenir réalité,

Puisses-tu toujours agir pour les autres

Et laisser les autres agir pour toi.

Puisses-tu élever une échelle aux étoiles

Et en gravir chaque échelon,

Puisses-tu rester jeune pour toujours,

Jeune toujours, jeune toujours,

Puisses-tu rester jeune pour toujours.


Puisse-tu grandir et être droit,

Puisse-tu grandir et être sincère,

Puisse-tu toujours savoir où est la vérité

Et voir les lumières autour de toi.

Puisse-tu toujours être courageux,

Rester debout et être fort,

Puisses-tu rester jeune pour toujours,

Jeune toujours, jeune toujours,

Puisses-tu rester jeune pour toujours.


Puisse tes mains être toujours occupées,

Puisse tes pieds être toujours alertes,

Puisse-tu avoir une base solide

Quand les vents du changement tourneront.

Puisse ton cœur toujours être joyeux,

Puisse ta chanson toujours être chantée,

Puisses-tu rester jeune pour toujours,

Jeune toujours, jeune toujours,

Puisses-tu rester jeune pour toujours.

Bob Dylan